Les fonds négociés en Bourse (ETF) ont connu un regain d’appétit pour le risque en mai 2026, comme le rapporte BFM Business. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de marché marqué par une volatilité modérée et des perspectives économiques encore incertaines. Les investisseurs ont privilégié des actifs plus risqués, cherchant à tirer parti d’une reprise progressive des marchés actions.

Ce qu'il faut retenir

  • 1,2 milliard d’euros d’encours supplémentaires ont été enregistrés par les ETF en mai 2026, selon les données disponibles.
  • Les investisseurs ont massivement ciblé les ETF actions, notamment ceux exposés aux marchés émergents et aux secteurs technologiques.
  • Cette dynamique contraste avec le mois d’avril, marqué par une prudence accrue et des flux nets négatifs sur certains segments.
  • Les ETF obligataires, bien que toujours populaires, ont enregistré des flux moins soutenus que les ETF actions.
  • Les analystes soulignent que cette rotation vers le risque reflète une confiance retrouvée dans la croissance économique.

Une rotation vers les actifs risqués

En mai 2026, les investisseurs ont affiché une nette préférence pour les ETF actions, selon les données compilées par BFM Business. Ces instruments, qui répliquent la performance d’un indice boursier, ont attiré 800 millions d’euros de nouveaux investissements au cours du mois. Parmi les secteurs les plus plébiscités, les technologies et les marchés émergents ont enregistré les plus fortes entrées, reflétant une recherche de rendements supérieurs dans un environnement de taux encore bas.

Cette tendance s’explique en partie par les anticipations d’une reprise économique mondiale, soutenue par des politiques monétaires accommodantes dans plusieurs grandes économies. Les ETF obligataires, bien que toujours considérés comme des valeurs refuges, n’ont pas bénéficié du même engouement. Les flux nets vers ces produits se sont élevés à seulement 300 millions d’euros, un niveau bien inférieur à celui des ETF actions.

Un contraste marqué avec avril 2026

Le mois d’avril 2026 avait été marqué par une prudence généralisée sur les marchés financiers. Les investisseurs, confrontés à des incertitudes géopolitiques et à des signes de ralentissement dans certains secteurs, avaient privilégié la liquidité et les actifs moins risqués. Les ETF actions avaient alors enregistré des flux nets négatifs, tandis que les ETF monétaires avaient attiré des capitaux importants, signe d’une recherche de sécurité accrue.

Ce revirement en mai témoigne d’un changement d’humeur des investisseurs, qui semblent désormais plus confiants dans la capacité des économies à absorber les chocs. « Les marchés actions montrent des signes de résilience, et les investisseurs sont prêts à prendre plus de risques pour capter cette dynamique », a déclaré un analyste sous couvert d’anonymat. Les données de BFM Business confirment cette analyse, avec une hausse de 15 % des volumes d’échange sur les ETF actions par rapport à avril.

Les ETF obligataires en retrait

Si les ETF actions dominent désormais le paysage, les ETF obligataires ne sont pas totalement délaissés. Cependant, leur attractivité reste limitée par des rendements historiquement bas. Les investisseurs se tournent davantage vers des obligations d’États ou d’entreprises notées investment grade, mais les flux restent modestes. En mai 2026, seuls 100 millions d’euros ont été investis dans des ETF obligataires corporate, un chiffre en baisse par rapport aux mois précédents.

Cette prudence s’explique par la crainte d’une remontée des taux d’intérêt à moyen terme, qui pourrait déprécier la valeur des obligations existantes. Les gérants d’actifs interrogés par BFM Business indiquent que leurs clients préfèrent désormais des durations plus courtes ou des stratégies flexibles, capables de s’adapter à un environnement incertain.

Et maintenant ?

Plusieurs facteurs pourraient influencer l’évolution des flux d’ETF dans les prochaines semaines. D’abord, les décisions des banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne, seront scrutées de près. Une remontée des taux plus rapide que prévu pourrait freiner l’appétit pour le risque. Ensuite, les indicateurs économiques, comme les chiffres de l’inflation ou la croissance du PIB, pourraient confirmer ou infirmer les anticipations de reprise. Enfin, la volatilité des marchés actions, souvent liée à des événements géopolitiques, restera un paramètre clé pour les investisseurs.

Les prochaines publications de résultats trimestriels par les grandes entreprises technologiques, attendues pour fin juin, pourraient également jouer un rôle dans la poursuite de cette tendance. Bref, si le mois de mai a marqué un tournant, la prudence reste de mise dans un contexte où les incertitudes économiques persistent.

En conclusion, le regain d’appétit pour le risque observé en mai 2026 reflète une confiance retrouvée des investisseurs, mais celle-ci reste fragile. Les prochaines semaines seront déterminantes pour confirmer cette dynamique ou, au contraire, la voir s’essouffler face à de nouveaux défis économiques ou géopolitiques.

Les secteurs les plus plébiscités sont les technologies et les marchés émergents, selon les données de BFM Business. Ces segments ont attiré 800 millions d’euros d’investissements nets en mai 2026, reflétant une recherche de rendements supérieurs dans un environnement de taux bas.