Las Vegas accueille depuis ce week-end une compétition sportive inédite, les « Enhanced Games », ou « Jeux augmentés », où le dopage n’est plus seulement toléré, mais encadré et encouragé. Selon Franceinfo - Sport, cet événement, organisé du 24 au 26 mai 2026 dans une enceinte temporaire construite spécialement sur le Strip, marque une rupture radicale avec les règles traditionnelles du sport mondial.

Ce qu'il faut retenir

  • 42 athlètes de haut niveau, dont des médaillés olympiques, participent à cette compétition où le dopage est légal et transparent.
  • Les participants s’engagent à bannir toute autre compétition internationale sous contrat avec les Enhanced Games.
  • Le sprinteur français Mouhamadou Fall, suspendu pour non-respect des obligations de localisation antidopage, en fait partie.
  • Les athlètes perçoivent un salaire fixe mensuel à cinq chiffres, assorti de primes pouvant atteindre 1 million de dollars pour un record battu.
  • Le médecin en chef des Jeux, le professeur Guido Pieles, défend un protocole médical strict, malgré l’absence d’études à long terme sur les effets des substances utilisées.

Un événement porté par une vision transhumaniste

Les Enhanced Games sont l’œuvre d’un milliardaire allemand, Christian Angermayer, connu pour ses positions transhumanistes. Selon Franceinfo - Sport, son ambition est claire : faire de cette compétition une vitrine pour des performances « augmentées », au-delà des limites physiologiques humaines. « Est-ce que c’est un business où nous utilisons des athlètes et le sport en général comme moyen de faire des affaires ? Oh oui ! Mais malheureusement, je ne suis pas le premier », a-t-il déclaré publiquement. Déjà, des produits dopants sont commercialisés librement sur le site officiel de l’événement, une première dans l’histoire du sport.

L’organisation mise sur un mélange de spectacle, de records et de transparence pour séduire un public avide de dépassement. Les épreuves, comme le 100 mètres ou l’haltérophilie, se déroulent dans une arène éphémère où les athlètes ne concourent pas les uns contre les autres, mais contre des performances absolues. Seules quatre lignes d’eau ont été installées pour les épreuves de natation, illustrant cette logique de records individuels plutôt que de compétition collective.

Des athlètes prêts à repousser leurs limites — à tout prix

Parmi les participants, Leydi Solis, haltérophile colombienne et médaillée olympique en 2008, assume pleinement son recours aux anabolisants. « Depuis huit semaines que je prends des produits, j’ai perdu beaucoup de graisse dans mes bras et à la taille. Je suis plus musclée, y compris dans les jambes. Mon objectif est de repousser mes limites au maximum, de devenir une superwoman », explique-t-elle. Elle précise n’avoir jamais été contrôlée positive lors de compétitions officielles et voit dans ces Jeux une alternative où « tout est transparent et légal ».

Un autre Français, Mouhamadou Fall, sprinteur suspendu par l’agence antidopage pour avoir omis à trois reprises de déclarer son adresse aux contrôleurs, a choisi de s’aligner sur cette compétition. « Tu récupères peut-être trois ou quatre fois plus. Donc, c’est incroyable. Et moi, le côté science, il me fascine et m’intéresse », confie-t-il. Son cas illustre la fracture entre les règles olympiques et cette nouvelle approche, où l’innovation médicale prime sur la conformité aux normes antidopage.

Des risques sanitaires minimisés par l’organisation

Les substances utilisées — stéroïdes, EPO et autres produits — sont connues pour leurs effets secondaires graves : risques cardiaques, dépendance, infertilité, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Pourtant, le professeur Guido Pieles, cardiologue et chef de la commission médicale des Enhanced Games, défend une approche « responsable ». Interrogé sur l’absence d’études à long terme, il répond : « Oui, vous avez raison. Il faut plus de connaissances là-dessus. Mais dire que c’est très risqué et irresponsable n’est pas vrai. Notre étude a été approuvée et nous utilisons des méthodes scientifiques reconnues internationalement. »

Les athlètes sont suivis de près par une équipe médicale, avec des dosages strictement encadrés. Pourtant, les incertitudes persistent. Aucun protocole détaillé n’a été rendu public, et les athlètes s’exposent à des conséquences sanitaires imprévisibles. Pour les organisateurs, l’argument économique prime : « Un salaire à cinq chiffres versé chaque mois, peu importe les résultats, et jusqu’à un million de dollars pour un record battu », précise Franceinfo - Sport.

Et maintenant ?

Les Enhanced Games doivent se poursuivre jusqu’au 26 mai, mais leur impact pourrait dépasser le cadre de l’événement. Le Comité international olympique (CIO) a déjà qualifié la compétition d’« irresponsable » et de « dangereuse ». Pour les athlètes participants, l’enjeu est double : ils renoncent à toute participation aux Jeux Olympiques et aux compétitions officielles, tout en pariant sur leur santé pour des gains financiers immédiats.

Quant à l’avenir de ce modèle, tout reste à écrire. Les organisateurs envisagent d’étendre l’événement à d’autres villes, tandis que les fédérations sportives traditionnelles pourraient durcir leurs positions. Une chose est sûre : ces Jeux augurent d’un débat de fond sur les limites du corps humain et les frontières éthiques du sport.

Pour l’heure, les Enhanced Games s’imposent comme un laboratoire à ciel ouvert, où le dopage n’est plus un tabou, mais une méthode de travail. Entre innovation médicale et prise de risques calculée, cette compétition interroge l’essence même du sport : performance, santé ou spectacle ? La réponse dépendra des choix des athlètes et des réactions des autorités sportives dans les mois à venir.

Selon Franceinfo - Sport, les organisateurs n’ont pas rendu public le protocole exact des substances utilisées. Cependant, des produits comme les stéroïdes anabolisants et l’EPO sont évoqués par les athlètes participants. Le site officiel de l’événement propose déjà des produits dopants en vente libre, sans plus de précisions sur leur composition ou leur origine.

Le Comité international olympique a qualifié les Enhanced Games d’« irresponsables » et de « dangereux ». Cependant, aucune sanction n’a encore été annoncée à l’encontre des athlètes, qui ont signé un contrat les excluant de toute autre compétition internationale sous l’égide des fédérations olympiques. Leur retour vers les Jeux Olympiques semble donc compromis, au moins à court terme.