À compter d’octobre 2026, les kinésithérapeutes pourront réaliser les bilans de prévention destinés aux adultes à quatre « âges clés », aux côtés des pharmaciens et des infirmières. Cette mesure, annoncée il y a près de deux ans, vise à renforcer le dépistage des maladies chroniques et des addictions, tout en allégeant la charge des médecins généralistes, particulièrement dans les zones sous-dotées en professionnels de santé. Selon Libération, cette extension du dispositif s’inscrit dans la continuité des consultations de prévention déjà mises en place pour les pharmaciens et les infirmières depuis 2024.

Ce qu'il faut retenir

  • À partir d’octobre 2026, les kinésithérapeutes pourront réaliser des bilans de prévention à quatre « âges clés » de la vie adulte.
  • Ces consultations ciblent le dépistage des maladies chroniques et des addictions, comme les programmes existants pour les pharmaciens et infirmières.
  • L’objectif est de réduire la pression sur les médecins généralistes, notamment dans les déserts médicaux.
  • Le dispositif, lancé il y a près de deux ans, s’étend désormais à une nouvelle profession paramédicale.
  • Les « âges clés » concernés n’ont pas encore été précisés par les autorités sanitaires.

Un élargissement progressif des acteurs de la prévention

Depuis 2024, les consultations de prévention menées par les pharmaciens et les infirmières permettent d’aborder des thèmes variés, allant de la détection précoce du diabète à la lutte contre le tabagisme. D’après Libération, cette initiative s’est révélée efficace pour repérer des pathologies ou des comportements à risque avant qu’ils ne nécessitent une prise en charge hospitalière. Les kinésithérapeutes, déjà impliqués dans le suivi de patients chroniques ou en rééducation, représentent un maillon supplémentaire dans cette chaîne de prévention. Bref, leur intégration dans ce dispositif répond à une logique de complémentarité entre les professions de santé.

Un enjeu majeur pour les déserts médicaux

La France compte encore de nombreuses zones où l’accès aux soins est limité, notamment pour les consultations de médecine générale. En confiant une partie des bilans préventifs aux kinésithérapeutes, les autorités sanitaires espèrent désengorger les cabinets médicaux et permettre aux généralistes de se concentrer sur les cas les plus complexes. « L’idée est de mutualiser les compétences pour une prise en charge plus globale des patients », explique un responsable du ministère de la Santé cité par Libération. Cette mesure pourrait aussi réduire les délais d’attente pour des examens ou des diagnostics précoces, particulièrement dans les territoires ruraux ou périurbains.

Des bilans centrés sur des priorités de santé publique

Les consultations proposées par les kinésithérapeutes, comme celles déjà réalisées par les autres professionnels, se concentreront sur quatre « âges clés » de la vie adulte. Bien que le détail de ces tranches d’âge n’ait pas encore été communiqué, on peut supposer qu’elles incluront des périodes charnières comme la jeune adulte, la quarantaine, la cinquantaine et la soixantaine. « Ces étapes sont souvent marquées par l’apparition de facteurs de risque évitables, comme l’hypertension ou la sédentarité », précise un expert en santé publique. L’accent sera mis sur la prévention primaire, avec des outils adaptés pour identifier précocement des troubles ou des addictions.

Et maintenant ?

Avant l’entrée en vigueur du dispositif en octobre 2026, les autorités sanitaires doivent finaliser les modalités pratiques, notamment la formation des kinésithérapeutes et les outils à leur disposition. Une circulaire ministérielle est attendue d’ici la fin de l’année 2025 pour préciser les contours exacts de ces consultations. Reste à voir si ce déploiement suffira à combler les lacunes dans l’accès aux soins, ou si d’autres professions paramédicales (comme les sage-femmes ou les podologues) pourraient être associées à l’avenir.

Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation du système de santé français, marquée par une volonté de mieux répartir les tâches entre les différents acteurs. Pour l’instant, les retours des professionnels concernés restent à recueillir, mais l’objectif affiché est clair : une prise en charge plus précoce et plus accessible pour tous les patients.

Les tranches d’âge exactes n’ont pas encore été précisées par les autorités sanitaires. Elles devraient être annoncées dans la circulaire ministérielle prévue avant la fin 2025.