Selon Franceinfo – Faits divers, l'apprentissage des gestes de premiers secours au lycée devient une pratique de plus en plus répandue dans l'Hexagone. En 2026, plusieurs académies ont généralisé ou renforcé cette formation, souvent intégrée aux programmes scolaires sous forme d'ateliers pratiques ou de modules dédiés. Cette démarche s'inscrit dans une volonté nationale de sensibiliser les jeunes générations à la prise en charge d'urgences médicales, un enjeu de santé publique qui dépasse le cadre scolaire.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2026, plusieurs académies françaises ont intégré ou renforcé l'enseignement des gestes de premiers secours au lycée, parfois sous forme de modules obligatoires.
  • Ces formations, dispensées par des organismes agréés comme la Croix-Rouge ou la Protection Civile, combinent théorie et mises en situation réelles.
  • L'objectif affiché est de former au moins 80 % des élèves du secondaire d'ici 2027, contre 50 % en 2023.
  • Les lycées concernés reçoivent un soutien logistique et pédagogique des services de l'Éducation nationale et des associations partenaires.
  • Les compétences acquises permettent aux élèves d'intervenir en cas d'urgence avant l'arrivée des secours, un atout majeur pour la sécurité collective.

Une formation obligatoire dans certaines académies

Dans des régions comme l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes ou la Nouvelle-Aquitaine, l'apprentissage des premiers secours est désormais obligatoire pour les élèves de seconde, première et terminale. Selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Éducation nationale, près de 65 % des lycées publics proposent déjà ces modules en 2026, un taux en progression constante depuis trois ans. Les établissements privés ne sont pas en reste, avec une adhésion croissante à ce dispositif. Les séances, d'une durée de 4 à 8 heures, alternent apports théoriques et exercices pratiques, comme la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) ou l'utilisation d'un défibrillateur automatique externe (DAE).

Les associations agréées, telles que la Croix-Rouge française ou la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, sont chargées de déployer ces formations. Elles interviennent directement dans les lycées ou forment des enseignants relais pour assurer la pérennité du dispositif. « Nous avons adapté nos programmes pour qu'ils soient accessibles aux adolescents, avec des mises en situation réalistes mais sans dramatisation excessive », explique un responsable de la Croix-Rouge en Île-de-France.

Des partenariats renforcés entre l'Éducation nationale et les associations

Pour structurer cette initiative, l'État a signé des conventions pluriannuelles avec une dizaine d'associations de secourisme, leur allouant un budget annuel de 12 millions d'euros pour 2026. Ces fonds servent à couvrir les coûts des formateurs, du matériel pédagogique et des certifications délivrées en fin de parcours. « L'enjeu est double : former des citoyens responsables et réduire les délais d'intervention en cas d'urgence », précise un communiqué du ministère de l'Intérieur. Les lycées, quant à eux, bénéficient d'un accompagnement logistique pour organiser les sessions, avec la mise à disposition de salles et d'équipements adaptés.

Les retours des établissements sont globalement positifs. « Les élèves sont très réceptifs, surtout quand les exercices sont animés par d'anciens pompiers ou des secouristes professionnels », témoigne la proviseure d'un lycée de Lyon. « Certains d'entre eux ont déjà pu utiliser leurs compétences en dehors du cadre scolaire, lors d'accidents domestiques ou dans la rue. » Cette formation semble donc répondre à un besoin concret, bien au-delà des murs de l'école.

Un impact mesurable sur la sécurité des jeunes

Les chiffres disponibles montrent une amélioration tangible de la réactivité face aux urgences. En 2025, 32 % des interventions des secours en milieu scolaire ont été facilitées par des lycéens formés, contre 18 % en 2022. Les cas de RCP pratiquées par des élèves avant l'arrivée des secours ont également augmenté, passant de 220 en 2024 à 410 en 2025. « Ces gestes sauvent des vies, et c'est précisément l'objectif que nous nous sommes fixés », souligne le directeur général de la Santé dans une récente allocution.

Par ailleurs, cette initiative s'inscrit dans une dynamique européenne. La France, qui était en retard par rapport à des pays comme la Norvège ou l'Allemagne, a comblé une partie de son retard grâce à ce plan ambitieux. Les retours d'expérience sont d'ailleurs partagés avec d'autres États membres lors de conférences organisées par l'Union européenne.

Et maintenant ?

Pour atteindre l'objectif de 80 % de lycéens formés d'ici 2027, les académies et les associations partenaires devraient intensifier leurs efforts d'ici la rentrée prochaine. Une campagne nationale de sensibilisation est prévue pour la fin de l'été, avec des spots télévisés et des interventions dans les médias locaux. Par ailleurs, le ministère de l'Éducation nationale envisage d'étendre cette formation aux collégiens à partir de la rentrée 2027, une mesure qui pourrait concerner près de 3 millions d'élèves supplémentaires chaque année.

Cette généralisation progressive des gestes de premiers secours dans les lycées illustre une prise de conscience collective : former les jeunes, c'est aussi protéger la société dans son ensemble. Reste à voir si cette dynamique se poursuivra au-delà des prochaines échéances électorales, alors que les budgets alloués dépendent en partie des priorités politiques du moment.