Selon Courrier International, une étude récente menée par des chercheurs suédois a révélé que les chasseurs de l’ère glaciaire ciblaient principalement les mammouths femelles. Cette découverte a été faite possible grâce à l’analyse génétique de 521 mammouths laineux retrouvés à travers l’Eurasie et l’Amérique du Nord.
Les mammouths laineux constituaient une ressource importante pour les chasseurs de l’ère glaciaire, fournissant viande et graisse pour se nourrir, peaux épaisses pour les vêtements et les abris, ainsi que de l’ivoire pour l’art et les ornements, comme le rapporte le Smithsonian Magazine. L’étude a comparé le genre des mammouths isolés retrouvés dans des milieux naturels dispersés et les ossements accumulés dans des sites liés à l’activité humaine.
Ce qu'il faut retenir
- Les mammouths femelles étaient la cible privilégiée des chasseurs de l’ère glaciaire.
- L’étude a été menée sur 521 mammouths laineux retrouvés à travers l’Eurasie et l’Amérique du Nord.
- Les spécimens isolés étaient majoritairement des mâles (66%), tandis que les mammouths provenant de sites liés aux humains étaient majoritairement des femelles (70%).
Les résultats de l’étude
Les résultats, publiés dans la revue Current Biology, suggèrent que les chasseurs suivaient les migrations des troupeaux de mammouths, coordonnaient des plans d’embuscade complexes et allaient peut-être même jusqu’à guider les troupeaux vers des pièges, comme l’explique Hannah Moots, chercheuse et autrice principale de l’étude.
Les troupeaux de mammouths, menés par des femelles, empruntaient probablement des itinéraires saisonniers prévisibles, ce qui les rendait plus faciles à localiser que les mâles solitaires, selon les chercheurs. De nos jours, les troupeaux d’éléphants, composés de femelles et d’éléphanteaux, se déplacent de manière très prévisible, en suivant des itinéraires saisonniers, alors que les mâles se déplacent de façon plus aléatoire.
Une découverte inattendue
Les chercheurs ont également fait une découverte inattendue en marge de leur étude : ils ont identifié un mammouth de l’île Wrangel, en Russie, qui n’était biologiquement ni mâle ni femelle. Ce mammouth présentait une combinaison de chromosomes sexuels appelée mosaïcisme X0/XX, caractérisée par la présence d’un seul chromosome X dans certaines cellules et de deux dans d’autres, comme l’explique Julia Gresky, de l’Institut archéologique allemand de Berlin.
En conclusion, l’étude menée par les chercheurs suédois offre un nouvel éclairage sur les interactions entre les humains et les mammouths lors de l’ère glaciaire, mettant en lumière la complexité et la sophistication des stratégies de chasse utilisées par nos ancêtres.