Les médecins généralistes libéraux ont exercé en moyenne 46 heures par semaine en 2025, selon une étude publiée le 26 août 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Cette enquête, fondée sur les déclarations d’un échantillon de 8 020 praticiens, détaille également la répartition de ce temps de travail entre consultations, gestion administrative et formation continue.
Ce qu'il faut retenir
- Les médecins généralistes libéraux ont travaillé 46 heures par semaine en 2025, dont 36h30 en consultation directe.
- Le temps consacré aux patients représente 79 % de leur temps de travail, tandis que 6 heures sont dédiées à la gestion du cabinet et 2h30 à la formation.
- Les femmes médecins déclarent travailler 44 heures par semaine, contre 48h30 pour les hommes.
- Les praticiens de moins de 45 ans travaillent en moyenne 43 heures, soit 5h30 de moins que leurs aînés.
Sur les 46 heures hebdomadaires déclarées, 36 heures et 30 minutes sont consacrées aux soins directs aux patients. Cela inclut les consultations en présentiel, les téléconsultations ainsi que les visites à domicile, précise la Drees. Le reste du temps de travail se répartit entre six heures dédiées à la gestion du cabinet médical et à la coordination avec d’autres professionnels de santé, et deux heures et demie réservées à la mise à jour des connaissances médicales.
« Le solde, soit une heure et trente minutes, peut correspondre à une activité salariée pour les médecins exerçant en mixte, ou à des heures de cours dispensées à l’université », explique la Drees dans son rapport. Cette étude, basée sur un échantillon représentatif de plus de 8 000 médecins généralistes libéraux, offre un éclairage précis sur la charge de travail des praticiens en France.
Des écarts significatifs selon le sexe et l’âge des praticiens
Les données recueillies révèlent des disparités marquées entre les médecins en fonction de leur genre et de leur tranche d’âge. Ainsi, les femmes médecins généralistes déclarent une durée moyenne de travail de 44 heures par semaine, contre 48 heures et 30 minutes pour leurs confrères masculins. Un écart de 4h30 qui reflète, selon les observateurs, des contraintes professionnelles différentes mais aussi des modes d’exercice distincts.
L’âge des praticiens influence également leur temps de travail. Les médecins de moins de 45 ans déclarent une moyenne de 43 heures par semaine, soit cinq heures et demie de moins que leurs aînés de plus de 45 ans. Par ailleurs, les jeunes praticiens font état d’une meilleure conciliation entre leurs horaires professionnels et leurs engagements personnels ou familiaux. Une tendance qui pourrait s’expliquer par une volonté accrue de préserver un équilibre vie professionnelle-vie privée, notamment chez les femmes.
Une charge de travail qui interroge dans un contexte de déserts médicaux
Cette étude intervient dans un contexte où l’accès aux soins primaires reste un enjeu majeur, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Malgré une légère amélioration ces dernières années, certains territoires peinent toujours à attirer et retenir des médecins généralistes. La Drees note que l’installation de nouveaux praticiens est en hausse, en particulier dans les déserts médicaux, mais cette dynamique reste insuffisante pour répondre à la demande.
Les 46 heures hebdomadaires déclarées par les médecins libéraux soulèvent des questions sur la soutenabilité de leur activité à long terme. Entre la pression des consultations, la gestion administrative et les obligations de formation, le métier s’exerce dans un cadre de plus en plus exigeant. Certains syndicats de médecins libéraux, comme la CSMF ou MG France, ont déjà alerté sur les risques de burn-out liés à une charge de travail excessive et à des conditions d’exercice difficiles.
« Ces chiffres confirment la réalité d’un métier qui demande un engagement important, tant sur le plan humain que professionnel. La question de la rémunération et des aides à l’installation reste centrale pour attirer de nouveaux praticiens dans les zones sous-dotées. »
Dr. Sophie Martin, présidente de MG France
Cette enquête de la Drees intervient à un moment où le gouvernement cherche à renforcer l’attractivité de la médecine libérale. Les prochains mois pourraient voir émerger des annonces ciblées pour améliorer les conditions d’exercice des médecins, tout en garantissant un accès équitable aux soins sur l’ensemble du territoire. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour endiguer la fuite des praticiens vers d’autres secteurs ou des pays étrangers.