Les chemises à manches longues de la marque D’Aigle ou les t-shirts techniques d’Uniqlo ne sont plus réservés aux seuls sportifs de haut niveau. Selon Libération, ces vêtements intégrant une protection contre les ultraviolets (UV) gagnent désormais les dressings du grand public, qu’il s’agisse d’adultes ou d’enfants. Une tendance qui reflète une sensibilité accrue aux dangers des rayons solaires, autrefois sous-estimés dans la vie quotidienne.

Ce qu'il faut retenir

  • Les vêtements anti-UV, autrefois cantonnés au milieu sportif, s’étendent désormais aux usages quotidiens, y compris pour les enfants.
  • Cette évolution illustre une prise de conscience collective des risques liés à l’exposition aux UV, notamment en matière de santé cutanée.
  • Les marques spécialisées comme D’Aigle ou des enseignes grand public comme Uniqlo proposent désormais des gammes complètes de vêtements protecteurs.

Longtemps perçue comme une préoccupation réservée aux randonneurs ou aux athlètes, la protection solaire s’invite désormais dans les habitudes vestimentaires de millions de Français. D’après Libération, le marché des textiles anti-UV a connu une croissance significative ces dernières années, portée par des études scientifiques alertant sur les effets néfastes des UV, même par temps nuageux. « Les consommateurs réalisent que l’exposition quotidienne, même modérée, peut avoir des conséquences à long terme », a souligné un expert en dermatologie cité par le quotidien. Autant dire que l’engouement pour ces vêtements n’est pas un simple effet de mode, mais le reflet d’un changement profond dans les comportements.

Des marques historiques aux enseignes grand public : l’essor des vêtements protecteurs

Si D’Aigle, spécialiste des vêtements outdoor, a été l’une des premières à commercialiser des vêtements anti-UV dès les années 1990, le phénomène a depuis gagné des acteurs bien plus larges. Uniqlo, par exemple, propose désormais des t-shirts et des robes intégrant une protection UPF 50+, tandis que des marques comme Columbia ou Patagonia misent sur des tissus innovants pour allier confort et efficacité. « Nous avons observé une demande croissante pour des vêtements qui protègent sans sacrifier le style », a indiqué un porte-parole d’Uniqlo à Libération. Cette démocratisation s’accompagne aussi d’une diversification des gammes, avec des modèles adaptés aussi bien aux bureaux qu’aux plages ou aux parcs urbains.

Les innovations technologiques ont joué un rôle clé dans cette transition. Les fibres utilisées aujourd’hui permettent non seulement de bloquer jusqu’à 98 % des rayons UV, mais aussi de conserver des propriétés respirantes et légères. « Les tissus sont désormais aussi agréables à porter que des vêtements classiques, ce qui facilite leur adoption », a précisé un ingénieur textile interrogé par Libération. Résultat : les ventes de vêtements anti-UV ont bondi de 30 % entre 2023 et 2025, selon les estimations du secteur.

Une réponse à l’augmentation des cancers cutanés

Cette tendance n’est pas anodine. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que l’exposition aux UV est responsable de plus de 90 % des cancers de la peau non mélanome, l’un des cancers les plus fréquents dans le monde. En France, les chiffres de l’Institut national du cancer (INCa) montrent une augmentation de 50 % des cas de mélanome entre 2010 et 2020. « Le soleil est une menace insidieuse, et les vêtements anti-UV constituent l’une des méthodes les plus simples pour s’en prémunir », a rappelé un dermatologue auprès de Libération. Les campagnes de sensibilisation menées par les autorités sanitaires, comme « Soleil et santé » de Santé publique France, ont contribué à cette prise de conscience, en insistant sur l’importance de cumuler protection vestimentaire et crème solaire.

Les parents, en particulier, sont de plus en plus attentifs à la protection de leurs enfants. Une étude de l’INSERM publiée en 2024 révélait que 60 % des enfants français ne portent pas de vêtements couvrants en été, malgré les recommandations. Face à ce constat, des marques comme Petit Bateau ou OshKosh B’gosh ont lancé des collections entières dédiées aux tout-petits, avec des matières certifiées UPF 50+. « Protéger les plus jeunes est devenu une priorité pour les familles », a confirmé un représentant de Petit Bateau à Libération.

Et maintenant ?

L’essor des vêtements anti-UV devrait se poursuivre dans les années à venir, porté par l’innovation et une demande croissante. Plusieurs acteurs du secteur préparent déjà des lancements pour 2027, avec des technologies encore plus performantes, comme des tissus capables de s’adapter à l’intensité des UV en temps réel. Les régulateurs pourraient aussi s’emparer du sujet : l’Union européenne étudie actuellement la possibilité d’imposer des normes strictes pour les vêtements vendus comme « anti-UV », afin d’éviter les allégations trompeuses. Une directive pourrait être adoptée d’ici fin 2026, selon les observateurs.

Pour l’heure, le marché reste encore segmenté entre le haut de gamme et les enseignes accessibles. Les prix des vêtements anti-UV varient ainsi de 20 à plus de 150 euros, selon les marques et les technologies utilisées. Reste à savoir si cette tendance s’inscrira dans la durée ou si elle restera cantonnée à une niche soucieuse de santé. Une chose est sûre : l’été 2026 s’annonce comme un tournant pour ces vêtements, avec des températures records attendues en Europe.

Un vêtement anti-UV est fabriqué avec des fibres traitées ou des tissus spécifiques qui bloquent les rayons ultraviolets, avec un indice de protection (UPF) généralement compris entre 30 et 50+. À titre de comparaison, un t-shirt blanc classique offre un UPF de seulement 5 à 10, laissant passer jusqu’à 20 % des UV. Les vêtements certifiés UPF 50+ bloquent plus de 98 % des rayons, selon les normes internationales.