Le film « L'Étrangère », réalisé par la cinéaste franco-syrienne Gaya Jiyi, sort en salles ce 24 juin 2026, selon Franceinfo - Culture. Porté par une réflexion sur les élans amoureux dans des contextes de survie extrême, ce long-métrage s'inscrit comme une œuvre originale mêlant drame migratoire et récit intime, bien au-delà des codes habituels du genre.
Ce qu'il faut retenir
- Un film de Gaya Jiyi, réalisatrice franco-syrienne, qui explore les sacrifices et les dilemmes amoureux dans un contexte migratoire complexe.
- L'héroïne, Selma, est interprétée par Zar Amir, récompensée à Cannes en 2022 pour Les Nuits de Mashhad.
- Le récit suit le parcours d'une migrante syrienne, contrainte de quitter son pays en guerre, qui tente de rejoindre la France pour y faire venir son fils de 6 ans.
- Le triangle amoureux entre Selma, son mari emprisonné et un avocat français, Jérôme, constitue le cœur du scénario.
- Une réflexion sur les droits des migrants et la légitimité des désirs humains, portée par une photographie volontairement sombre et épurée.
Une héroïne prise entre deux feux
Comme l'explique Franceinfo - Culture, Selma, l'héroïne de L'Étrangère, incarne une figure de résilience face aux contraintes sociales et administratives. Son parcours rappelle celui des personnages du premier film de Gaya Jiyi, Mon tissu préféré, où la quête de liberté prime malgré les obstacles. Arrivée en France après un périple périlleux via la Hongrie, elle échoue à Bordeaux, où elle trouve refuge chez des amis. Son objectif : obtenir l'asile pour faire venir son fils, Rami, âgé de 6 ans, resté en Syrie avec sa grand-mère, faute de nouvelles de son époux, Iyad, emprisonné après une manifestation.
Selma travaille clandestinement dans un café du centre-ville, mais la loi Dublin, qui impose de déposer une demande d'asile dans le premier pays européen d'arrivée, complique sa situation. C'est dans ce contexte tendu qu'elle croise la route de Jérôme, un avocat d'affaires incarné par Alexis Manenti, client régulier de l'établissement. Leur relation, d'abord professionnelle, bascule vers une attirance réciproque, alors que Selma est rongée par l'angoisse de la survie, la séparation d'avec son enfant et l'incertitude sur le sort de son mari.
Un triangle amoureux au service d'une réflexion universelle
Le dispositif narratif de Gaya Jiyi se distingue par son approche déroutante, évitant les clichés du film migratoire classique. Comme le souligne Franceinfo - Culture, le récit joue sur l'inattendu, notamment avec le retour d'Iyad, interprété par Amr Waked, après des années de silence. Ce dernier réapparaît dans la vie de Selma, bouleversant une dynamique déjà fragile entre elle et Jérôme. Le film construit progressivement cette tension amoureuse à travers des scènes où les non-dits et les regards valent tous les dialogues.
Les personnages, tous taiseux, renforcent cette atmosphère de retenue émotionnelle. Si Iyad et Jérôme partagent cette réserve, leurs motivations diffèrent : le premier s'est endurci par l'expérience, tandis que le second a construit sa vie sociale dans les clous. Selma, quant à elle, tente de contenir des années d'émotions accumulées, dans un équilibre précaire entre devoir et désir.
Une œuvre qui dépasse le cadre migratoire
L'Étrangère ne se limite pas à un récit de migration, insiste Franceinfo - Culture. Il interroge la coexistence des amours et des sacrifices nécessaires pour préserver ceux qu'on aime. Gaya Jiyi aborde la question : comment aimer sans blesser, quand on est confronté à des choix impossibles ? Sa réponse, à la fois sophistiquée et plausible, repose sur une photographie volontairement sombre, reflétant les tensions intérieures de ses personnages. Seule la lumière de l'épure narrative éclaire ce suspense sentimental, où chaque décision pèse lourd.
Le film s'inscrit dans la lignée des œuvres de Gaya Jiyi, qui place l'humain au centre de récits sociaux, sans jamais tomber dans le misérabilisme. Comme l'explique la réalisatrice, les papiers, les statuts administratifs ou les drames personnels ne définissent pas une personne. Ils rappellent simplement que les désirs légitimes doivent être reconnus, même dans les situations les plus contraintes.
Une distribution talentueuse pour un enjeu universel
Porté par un casting international, L'Étrangère réunit des acteurs confirmés et primés. Zar Amir, déjà récompensée au Festival de Cannes en 2022 pour Les Nuits de Mashhad, incarne avec justesse Selma, une femme déchirée entre ses responsabilités et ses aspirations. Face à elle, Alexis Manenti, connu pour ses rôles dans Les Misérables et En thérapie, donne vie à Jérôme, un homme dont la vie bien ordonnée est bouleversée par cette rencontre.
Autour d'eux, Amr Waked, star égyptienne du cinéma, prête ses traits à Iyad, le mari disparu, dont le retour ajoute une dimension supplémentaire au drame. Megan Northam complète cette distribution dans un rôle secondaire mais marquant. Le film, produit par Tandem, est une coproduction franco-belge d'une durée de 1h41, sortie initialement le 10 juin 2026 avant sa diffusion nationale.
En attendant, les discussions autour de L'Étrangère pourraient alimenter le débat sur la représentation des migrants au cinéma, un sujet d'autant plus actuel que les crises humanitaires persistent dans le monde. Gaya Jiyi, par son travail, rappelle que derrière chaque statut administratif se cache une histoire humaine, faite de rêves, de peurs et d'amour inconditionnel.
Selma fuit la Syrie en guerre, laissant derrière elle son fils Rami, âgé de 6 ans, et son mari Iyad, emprisonné par le régime. Après un voyage périlleux via la Hongrie, elle atteint Bordeaux où elle travaille au noir dans un café. Sous le régime de la loi Dublin, elle tente de contourner les règles pour obtenir l'asile et faire venir son enfant. Sa rencontre avec Jérôme, un avocat, bouleverse son équilibre déjà fragile. Le retour inattendu d'Iyad ajoute une nouvelle dimension à son dilemme : comment aimer sans trahir, survivre sans renoncer, et protéger ceux qu'elle aime sans se détruire elle-même ?