La guerre en Ukraine a mis en évidence l'importance de la mobilité militaire par le rail en Europe, selon BFM Business. Les défis et les obstacles sont encore nombreux, mais les pays européens cherchent à réduire les délais de transport de troupes et d'équipement lourd.

Actuellement, il faut 45 jours pour qu'un train militaire aille en Pologne depuis la France, mais l'objectif est de ramener ce délai à trois jours, comme l'a déclaré François Kalfon, député européen. Cela nécessite une meilleure coordination et des investissements dans les infrastructures de transport.

Ce qu'il faut retenir

  • 45 jours sont nécessaires pour qu'un train militaire aille en Pologne depuis la France
  • L'objectif est de réduire ce délai à trois jours
  • La mobilité militaire par le rail est essentielle en cas de conflit
  • Les pays européens doivent investir dans les infrastructures de transport et améliorer la coordination
  • Le réseau ferré stratégique de défense représente 75% du réseau national ferré

Les défis de la mobilité militaire par le rail

Les principaux défis sont l'hétérogénéité des réseaux européens, le manque de matériel et les différences de gabarits et de charges admissibles entre les pays. Alexandre Gallo, président de DB Cargo France, a souligné que « le manque d'interopérabilité est un facteur limitant » et que « les écartements de rails différents des standards dans certains pays » posent problème.

Le général Philippe Guéguen, conseiller défense du président de la SNCF, a confirmé ces difficultés opérationnelles et a souligné l'importance de « réduire les délais » pour « être plus réactif » et « avoir une meilleure dissuasion ». La capitaine de vaisseau Isabelle Nouveau, cheffe d'état-major du centre du soutien des opérations et des acheminements (CSOA) au ministère des Armées, a également mis en avant l'importance de la « masse, réactivité et résilience ».

Les initiatives de la Commission européenne

La Commission européenne a lancé des initiatives pour améliorer la mobilité militaire par le rail, notamment la création d'un espace de mobilité militaire grâce à de nouvelles règles harmonisées. L'objectif est de « supprimer les obstacles réglementaires » et de « créer un cadre d'urgence pour des procédures accélérées ».

Le député européen François Kalfon a déclaré que « il faut reprendre le contrôle de nos infrastructures critiques et de notre matériel roulant » et que « la question de la souveraineté » est essentielle. La SNCF a également investi dans la régénération du réseau stratégique de défense, avec des financements supplémentaires de 1,5 milliard d'euros par an.

Les prochaines étapes

Les prochaines étapes consistent à mettre en œuvre les nouvelles règles harmonisées et à investir dans les infrastructures de transport. Le général Philippe Guéguen a souligné que « il faut accélérer cette prise de conscience » et que « pendant 40 ans, on a un peu oublié tout ça ».

Et maintenant ?

Les pays européens doivent maintenant mettre en œuvre les décisions prises et investir dans les infrastructures de transport. La mise en place du nouveau système européen de réaction renforcée à la mobilité militaire (EMERS) doté d'une enveloppe de 17 milliards d'euros est également attendue, mais rien ne sera décidé avant 2030.

En conclusion, la mobilité militaire par le rail est essentielle en cas de conflit et les pays européens doivent investir dans les infrastructures de transport et améliorer la coordination pour réduire les délais de transport de troupes et d'équipement lourd.