L’établissement hospitalier a repris un rythme de croisière ce lundi 10 août, après avoir été contraint d’évacuer l’ensemble de ses patients et résidents le 26 juillet dernier. Le mégafeu parti de la commune de Saumos, situé à une dizaine de kilomètres, avait alors menacé l’hôpital, forçant les autorités à déclencher un plan d’urgence. Selon Franceinfo - Santé, « tous les services sont rouverts » et l’Ehpad a récupéré l’intégralité de ses résidents, a annoncé Philippe Cruette, le directeur de l’établissement, lors d’un entretien accordé à ICI Gironde.

Ce qu'il faut retenir

  • L’hôpital privé d’Arès, en Gironde, a retrouvé un fonctionnement normal le 10 août 2026, soit 15 jours après son évacuation.
  • Tous les services ont été rouverts, et l’Ehpad a récupéré l’ensemble de ses résidents après une semaine de nettoyage intensif.
  • Le mégafeu s’est arrêté à environ un kilomètre de l’établissement, évitant ainsi des dégâts directs.
  • Les urgences et certains services avaient déjà repris progressivement depuis le début du mois d’août.
  • Plus de 50 patients avaient été évacués vers d’autres établissements, tandis que les autres avaient pu rejoindre leur domicile.

Un retour progressif à la normale après deux semaines d’interruption

L’hôpital privé d’Arès, situé au nord du bassin d’Arcachon, a mis près d’une semaine pour retrouver une activité totalement normale après son autorisation de réouverture le 1er août. Philippe Cruette a détaillé les étapes de cette reprise lors de son intervention : « Pour reprendre une activité totalement normale, il nous a fallu une semaine ». Le nettoyage des locaux a représenté un travail colossal, notamment en raison de l’encrassement des filtres des centrales de traitement d’air, tous saturés par les fumées de l’incendie. Ces éléments ont dû être remplacés, prolongeant la durée des opérations de remise en état.

L’établissement avait également pris la décision, lors de l’évacuation, de purger ses systèmes de fluides médicaux. Cette précaution était liée à la présence d’une cuve de 5 000 litres d’oxygène liquide. La remise en service de ces installations a nécessité environ 48 heures, selon le directeur. Malgré ces contraintes, certains services avaient déjà repris partiellement leur activité dès le début du mois. Les urgences, par exemple, fonctionnaient à nouveau depuis le 3 août grâce à la mobilisation d’une équipe du Smur. Le service de médecine d’urgence a rouvert ses portes le lendemain, le 4 août en fin de journée.

Un incendie contenu à un kilomètre des locaux, mais une gestion complexe des évacuations

Le feu, parti de Saumos, a finalement été stoppé à moins d’un kilomètre de l’hôpital. Un scénario qui a permis d’éviter des dégâts matériels majeurs, mais qui n’a pas empêché une évacuation massive et une organisation logistique complexe. Au moment de l’ordre d’évacuation, l’établissement comptait 80 patients, dont plus de la moitié a dû être transférée vers d’autres structures hospitalières. Les autres ont pu regagner leur domicile, sous réserve de leur état de santé. Philippe Cruette a évoqué la tension de ces heures : « On savait que le feu arrivait et peut-être emporterait la ville. C’était ça le plus difficile à gérer. »

L’Ehpad de l’hôpital, qui hébergeait une partie des résidents évacués, a également connu une période mouvementée. Les résidents ont pu réintégrer les lieux dès que les conditions de sécurité ont été jugées satisfaisantes. La gestion de cette crise a mobilisé l’ensemble du personnel, ainsi que les services de secours et les autorités locales. Une cellule de crise avait été activée pour coordonner les opérations et assurer la sécurité des patients et du personnel.

Des travaux de nettoyage et de contrôle coûteux, soutenus par la préfecture

La remise en état de l’hôpital a nécessité des investissements importants, tant en termes de main-d’œuvre que de matériel. Selon les informations rapportées par Franceinfo - Santé, la préfecture de Gironde a débloqué une enveloppe de 300 000 euros pour lancer en urgence les premiers travaux après le passage du mégafeu. Ces fonds doivent permettre de financer les opérations de nettoyage, de désinfection et de remplacement des équipements endommagés ou contaminés par les fumées.

Les contrôles sanitaires et techniques ont été renforcés pour garantir la sécurité des patients et du personnel. Les autorités sanitaires ont veillé à ce que l’ensemble des installations respecte les normes en vigueur avant de donner leur feu vert pour la réouverture. Cette procédure a inclus des tests sur la qualité de l’air, la vérification des circuits d’oxygène et des systèmes de ventilation, ainsi que des inspections des locaux pour détecter d’éventuels résidus de suie ou de produits toxiques.

Et maintenant ?

La reprise d’activité de l’hôpital d’Arès marque une étape importante dans la gestion de cette crise, mais plusieurs questions restent en suspens. Les autorités locales devraient prochainement faire un bilan complet des dégâts et des coûts engendrés par l’incendie. Une enquête pourrait être menée pour comprendre les causes du départ de feu à Saumos et évaluer l’efficacité des mesures de prévention mises en place dans la région.

Côté sécurité, des discussions sont en cours pour renforcer les dispositifs de protection des établissements sensibles situés à proximité des zones forestières. Enfin, la préfecture de Gironde pourrait annoncer prochainement des mesures supplémentaires pour soutenir les hôpitaux et Ehpad de la région, alors que la saison estivale s’accompagne traditionnellement d’un risque accru d’incendies.

Alors que l’été 2026 s’annonce particulièrement sec dans le sud-ouest de la France, cette crise rappelle l’importance de la vigilance et de la préparation face aux risques naturels. Les autorités et les établissements de santé devront tirer les enseignements de cet épisode pour mieux anticiper les prochaines menaces.

D’après Philippe Cruette, des renforcements ont été apportés aux systèmes de détection et d’alerte, tandis que des exercices de simulation ont été organisés pour préparer le personnel à une nouvelle évacuation. Les autorités locales étudient également la possibilité de créer des zones tampons autour des établissements sensibles.