D'après Top Santé, l'huile de soja, largement utilisée dans l'industrie alimentaire, pourrait jouer un rôle dans l'aggravation de la stéatose hépatique non alcoolique, plus communément appelée « foie gras ». Cette mise en garde émane de gastro-entérologues qui alertent sur les risques liés à une consommation excessive de cet ingrédient bon marché et omniprésent dans les produits transformés.
Ce qu'il faut retenir
- L'huile de soja est largement employée dans l'industrie agroalimentaire, notamment pour son faible coût.
- Des gastro-entérologues soulignent son potentiel rôle dans l'augmentation du risque de stéatose hépatique non alcoolique.
- La stéatose hépatique non alcoolique touche une part croissante de la population en raison de facteurs alimentaires et métaboliques.
- Les experts recommandent une vigilance accrue sur les étiquettes des produits alimentaires transformés.
Un ingrédient bon marché et controversé
L'huile de soja s'est imposée dans l'industrie alimentaire pour son coût modéré et sa polyvalence. Pourtant, selon les experts cités par Top Santé, elle pourrait contribuer à l'augmentation des cas de stéatose hépatique non alcoolique. Cette pathologie, caractérisée par une accumulation de graisse dans le foie en l'absence de consommation d'alcool, touche désormais près d'un adulte sur quatre dans certains pays occidentaux.
Les gastro-entérologues interrogés par le média insistent sur le fait que cette huile, souvent présente dans les fritures, les margarines ou les produits de boulangerie, pourrait agir comme un facteur aggravant. « Les études récentes montrent une corrélation entre une consommation élevée d'huile de soja et une augmentation des marqueurs de stéatose hépatique », explique le Dr. Martin Leroy, gastro-entérologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris.
Les mécanismes en jeu : pourquoi cette huile est-elle pointée du doigt ?
L'huile de soja est riche en acides gras oméga-6, dont un excès pourrait favoriser l'inflammation et la résistance à l'insuline, deux facteurs clés dans le développement de la stéatose hépatique. D'après les spécialistes, son usage répandu dans les produits transformés expose une grande partie de la population à un risque accru, même en l'absence d'autres facteurs de risque comme l'obésité ou le diabète.
« Le problème ne réside pas dans une consommation ponctuelle, mais dans l'exposition chronique à cette huile via une alimentation industrielle déséquilibrée », précise le Dr. Leroy. Les produits les plus concernés incluent les snacks, les plats préparés, les viennoiseries et même certains produits laitiers transformés.
Comment limiter les risques ? Les recommandations des experts
Pour réduire l'exposition à l'huile de soja, les gastro-entérologues conseillent de privilégier les aliments bruts et de cuisiner soi-même avec des huiles plus équilibrées, comme l'huile d'olive ou de colza. Une lecture attentive des étiquettes s'impose également, car l'huile de soja peut se cacher sous des dénominations variées : « huile végétale », « huile de tournesol enrichie en oméga-6 », ou simplement « huiles végétales » sans précision.
Certains pays commencent à réagir face à ce risque. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a récemment renforcé ses recommandations sur les acides gras oméga-6 dans l'alimentation. En Europe, bien que les régulations restent moins strictes, des associations de consommateurs militent pour une meilleure transparence sur les huiles utilisées dans les produits transformés.
Les gastro-entérologues appellent également à une meilleure éducation nutritionnelle, afin que les consommateurs puissent identifier les sources d'huile de soja et limiter leur exposition. « Une prise de conscience collective est nécessaire, car les effets de cette huile sur la santé ne se mesurent pas à court terme », rappelle le Dr. Leroy.
Les produits les plus concernés sont les fritures industrielles (comme les chips ou les beignets), les margarines, les viennoiseries, certains plats préparés, les biscuits et même certains produits laitiers transformés. L'huile de soja y est souvent utilisée pour son faible coût et sa stabilité à haute température.
