Selon RFI, la flambée des prix du kérosène, alimentée par le conflit au Moyen-Orient, pourrait accentuer les difficultés financières des compagnies aériennes et accélérer leur consolidation dès cette année et en 2027. Willie Walsh, directeur général de l’Association du transport aérien international (IATA), a formulé cette mise en garde samedi 6 juin.
Ce qu'il faut retenir
- La hausse des prix du kérosène menace la viabilité financière de nombreuses compagnies aériennes.
- Le conflit au Moyen-Orient aggrave la pression sur les coûts opérationnels du secteur.
- L’IATA prévoit une accélération des fusions et des faillites dans les deux prochaines années.
- Willie Walsh a souligné les risques pour l’ensemble du transport aérien.
Un secteur sous tension depuis des mois
Depuis plusieurs mois, les compagnies aériennes subissent une hausse continue des coûts liés au carburant. Le conflit au Moyen-Orient, qui perturbe les approvisionnements et les routes commerciales, a encore amplifié cette tendance. Willie Walsh a indiqué que cette situation pourrait se traduire par des défaillances en cascade et une restructuration accélérée du secteur. « Les marges des compagnies sont déjà mises à rude épreuve, et une nouvelle hausse des prix du kérosène pourrait s’avérer fatale pour les plus fragiles », a-t-il expliqué.
L’IATA, qui représente près de 300 compagnies aériennes à travers le monde, suit de près l’évolution des coûts. Selon ses dernières estimations, le prix du kérosène pourrait atteindre des niveaux records en 2026 et 2027, rendant certaines routes non rentables. « On parle ici d’un carburant qui représente jusqu’à 30 % des coûts opérationnels d’une compagnie », a précisé le directeur général.
Consolidation accélérée et restructurations inévitables
Face à cette pression, l’IATA anticipe une vague de fusions et d’acquisitions, ainsi que des faillites parmi les acteurs les moins solides. Les compagnies low-cost, déjà fragilisées par la hausse des coûts, pourraient être les premières touchées. Certaines devraient tenter de se rapprocher de partenaires plus solides pour survivre, tandis que d’autres risquent de disparaître purement et simplement.
« L’histoire du transport aérien montre que les crises accélèrent les restructurations. Cette fois, la situation pourrait être encore plus brutale en raison de la rapidité de la hausse des prix », a analysé un expert du secteur, sous couvert d’anonymat. Les compagnies européennes et asiatiques, déjà en difficulté après la crise sanitaire, seraient particulièrement vulnérables.
Des conséquences pour les passagers et l’emploi
Cette restructuration du secteur pourrait avoir des répercussions directes sur les passagers. Les lignes les moins rentables pourraient être abandonnées, entraînant une réduction des dessertes et une hausse des tarifs sur certaines routes. Les aéroports régionaux, déjà fragilisés, seraient aussi menacés par la baisse de fréquentation.
Côté emploi, les suppressions de postes ne sont pas exclues, surtout si les fusions entraînent des doublons dans les structures. Les syndicats du secteur ont déjà exprimé leur inquiétude face à ce scénario. « On craint une vague de licenciements si les compagnies ne parviennent pas à absorber ces coûts supplémentaires », a réagi un représentant syndical.
Réactions et prises de position attendues
Les associations de consommateurs ont déjà appelé à une régulation plus stricte des tarifs aériens, craignant que les hausses ne se répercutent intégralement sur les prix des billets. « Si les compagnies profitent de la situation pour augmenter leurs marges, cela sera inacceptable », a réagi une porte-parole de l’UFC-Que Choisir.
Du côté des constructeurs aéronautiques, comme Airbus ou Boeing, la situation pourrait aussi avoir des conséquences. Une baisse de la demande pourrait ralentir les commandes et peser sur l’emploi dans le secteur industriel. « Nous surveillons de près l’évolution du marché, mais pour l’instant, nos carnets de commandes restent solides », a indiqué un porte-parole d’Airbus.
Selon l’IATA, les compagnies low-cost et celles opérant sur des routes peu rentables seraient les plus exposées. Les acteurs déjà en difficulté financière avant la crise du kérosène, comme certaines compagnies européennes ou asiatiques, pourraient être les premiers à déposer le bilan.
Oui, c’est probable. Si les coûts du kérosène continuent d’augmenter, les compagnies pourraient répercuter cette hausse sur les tarifs. Certaines lignes pourraient aussi être abandonnées, réduisant la concurrence et faisant mécaniquement monter les prix sur les routes restantes.