Alors qu’un cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis plusieurs jours, les frappes israéliennes se poursuivent au Liban, contraignant les familles à enterrer leurs défunts sous les bombes. Selon RFI, l’armée israélienne a annoncé, dimanche 31 mai 2026, avoir pris le contrôle du château de Beaufort, un site stratégique et une citadelle historique classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette opération militaire illustre l’intensification des violences dans le sud du Liban, où les cimetières de la région, comme celui de Haret Saida, deviennent le théâtre d’inhumations précipitées.
Ce qu'il faut retenir
- L’armée israélienne a conquis le château de Beaufort, site historique classé par l’Unesco, dimanche 31 mai 2026.
- Malgré un cessez-le-feu censé être en vigueur, les frappes israéliennes se poursuivent au Liban.
- Les familles du sud du pays enterrent leurs morts dans des cimetières comme celui de Haret Saida, sous les bombardements.
Une offensive israélienne en violation du cessez-le-feu
Le château de Beaufort, situé dans le sud du Liban, est bien plus qu’un simple site touristique. Cette forteresse médiévale, qui domine la vallée de la Litani, joue depuis des décennies un rôle stratégique dans les conflits régionaux. Sa prise par l’armée israélienne, annoncée dimanche dernier, confirme une escalade militaire malgré l’existence d’un accord de cessation des hostilités. Selon des observateurs locaux, cette opération s’inscrit dans une série d’attaques ciblées visant à affaiblir les positions du Hezbollah, groupe armé soutenu par l’Iran.
Les conséquences pour la population civile sont immédiates. Les cimetières du sud du Liban, comme celui de Haret Saida, sont désormais le théâtre d’inhumations précipitées. Les familles, souvent contraintes de fuir leurs domiciles, enterrent leurs proches dans l’urgence, sous les tirs ou les bombardements. « On n’a même pas le temps de pleurer nos morts », témoigne un habitant de Nabatieh, cité par RFI. Les autorités libanaises dénoncent une violation flagrante du cessez-le-feu, qui aurait dû entrer en vigueur le 20 mai 2026 après des semaines de négociations internationales.
Un patrimoine historique sous les bombes
Le château de Beaufort, construit au XIIe siècle par les croisés avant d’être reconquis par les Mamelouks, est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984. Sa capture par l’armée israélienne soulève des questions sur la protection des sites culturels en temps de guerre. Le ministère libanais de la Culture a immédiatement condamné cette opération, rappelant que les conventions internationales interdisent les attaques contre les biens culturels en cas de conflit armé.
« Le château de Beaufort n’est pas seulement un symbole de notre histoire, c’est aussi un repère pour les populations locales », a déclaré un responsable du ministère, cité par RFI. Les dégâts causés par les combats pourraient s’avérer irréversibles pour ce monument, déjà fragilisé par des décennies de conflits. Des ONG spécialisées, comme Aliph (International alliance for the protection of heritage in conflict areas), ont appelé à une intervention internationale pour éviter une destruction totale du site.
Un bilan humain et matériel en constante augmentation
Selon des sources locales citées par RFI, les raids israéliens des dernières 48 heures ont fait au moins 12 morts parmi les civils au Liban, dont plusieurs enfants. Les infrastructures, déjà fragilisées par des années de crise économique, subissent des dégâts supplémentaires. Des ponts, des routes et des lignes électriques ont été touchés, aggravant une situation humanitaire déjà précaire.
Les hôpitaux du sud du pays, comme celui de Tyr, sont saturés et manquent de matériel. « On manque de tout : lits, médicaments, personnel soignant », confie un médecin sous couvert d’anonymat. Les Nations unies ont appelé à une trêve humanitaire immédiate pour permettre l’évacuation des blessés et la livraison d’aide d’urgence. Pour l’instant, ces appels restent sans réponse.
Bref, entre violations répétées du cessez-le-feu, destructions de sites historiques et crise humanitaire, la situation au Liban s’aggrave jour après jour. La communauté internationale, divisée sur la question, peine à imposer une solution durable. Quant aux familles des victimes, elles continuent d’enterrer leurs proches sous les bombes, dans l’attente d’un répit qui semble de plus en plus lointain.
Le château de Beaufort domine la vallée de la Litani et offre un point de vue stratégique sur une large partie du sud du Liban. Son contrôle permet de surveiller les mouvements militaires et de menacer les positions ennemies. Classé à l’Unesco depuis 1984, il symbolise aussi l’histoire millénaire de la région, ce qui en fait une cible ou un enjeu symbolique en temps de guerre.