Une vague d’enthousiasme sans précédent a submergé le Liban à l’issue de la victoire du Brésil contre le Japon, le 29 juin 2026, qualifiant la Seleção pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Selon Courrier International, les rues de Beyrouth comme celles de Tripoli ont été le théâtre de scènes de liesse spontanée, marquées par l’explosion de pétards, de fumigènes et de feux d’artifice.
Ce qu'il faut retenir
- Au Liban, la victoire du Brésil a provoqué des scènes de célébration dans tout le pays, y compris des tirs de joie ayant blessé au moins six personnes.
- La « passion débordante » des Libanais pour le Brésil s’explique par l’absence historique de qualification de la sélection nationale libanaise en Coupe du monde.
- Les liens culturels et migratoires entre les deux pays, l’un des plus intenses au monde, renforcent cet engouement particulier.
- Le Liban est situé à 9 000 km de Rio de Janeiro, illustrant l’ampleur géographique de cet engouement.
- Un journaliste brésilien d’origine libanaise souligne l’admiration pour le « quintuple champion du monde » et les relations familiales entre les deux nations.
Le quotidien francophone L’Orient-Le Jour a décrit des « scènes de liesse » dans tout le pays après le but victorieux tardif des Auriverde. Si ces célébrations peuvent sembler habituelles à Rio ou São Paulo, elles prennent une dimension particulière à Beyrouth, où le football local peine à se faire une place sur la scène internationale. « On n’est pas à Rio de Janeiro ou à São Paulo, mais à 9 000 kilomètres de là », rappelle le journal, soulignant l’ampleur de cet engouement.
Les célébrations, bien que festives, n’ont pas été sans conséquences. Après le but décisif de la Seleção, des tirs en l’air ont été signalés dans plusieurs villes, blessant au moins six personnes. Une conséquence directe de l’euphorie qui a gagné l’ensemble du pays. Les fumigènes et les pétards, traditionnellement utilisés lors des fêtes, ont également coloré le ciel libanais, transformant les places publiques en espaces de fête improvisés.
Un attachement nourri par l’histoire et la diaspora
L’admiration des Libanais pour le Brésil ne se limite pas à ses performances sportives. Comme l’explique un journaliste brésilien d’origine libanaise du quotidien O Globo, basée à Rio, cette passion s’enracine dans une histoire migratoire intense. « Partout dans le monde, le Brésil suscite naturellement la passion des supporteurs. Dans le cas du Liban, cependant, outre l’admiration pour l’équipe nationale quintuple championne du monde, pèse le lien quasi familial entre les deux nations, unies par une immigration intense qui trouve peu d’équivalents dans l’histoire mondiale », précise-t-il.
Cette immigration, qui remonte à plus d’un siècle, a créé des liens familiaux et culturels durables. Beaucoup de Libanais entretiennent des relations étroites avec le Brésil, pays qui compte l’une des plus grandes diasporas libanaises au monde. Ces échanges ont forgé une relation unique, où le football agit comme un ciment supplémentaire. Le Liban, dont la sélection nationale n’a jamais réussi à se qualifier pour une Coupe du monde, trouve dans le Brésil une forme de compensation symbolique.
Une ferveur qui dépasse le simple cadre sportif
Cette passion pour le Brésil dépasse le cadre strict du football. Elle reflète une forme d’identification avec un pays perçu comme un modèle de réussite et de résilience. Le Brésil, quintuple champion du monde, incarne une forme d’excellence qui fascine bien au-delà des frontières du continent sud-américain. Pour les Libanais, supporters ou non, le soutien à la Seleção devient alors un moyen d’exprimer une admiration plus large pour une nation qui, malgré ses défis internes, reste un symbole de fierté et de détermination.
Les réseaux sociaux ont amplifié cette ferveur. Les vidéos des célébrations à Beyrouth, Tripoli ou Zahlé ont circulé massivement, montrant des rassemblements spontanés devant des écrans géants ou dans les rues. Les messages de soutien à l’équipe brésilienne, accompagnés de drapeaux des deux pays, ont inondé les plateformes numériques, illustrant l’ampleur de cet engouement collectif.
Alors que le Brésil poursuit sa route dans la compétition, les Libanais, fidèles à leur passion, continueront sans doute à suivre chaque match avec la même intensité. Une chose est sûre : cette « passion débordante » ne s’éteindra pas de sitôt, quels que soient les résultats futurs de la Seleção.
Cette passion s’explique par deux raisons principales : d’abord, l’absence historique de la sélection libanaise en Coupe du monde, ce qui pousse les supporters à s’identifier à une équipe plus prestigieuse. Ensuite, les liens migratoires et culturels très forts entre les deux pays, l’un des plus intenses au monde, jouent un rôle clé dans cet engouement. Comme l’a souligné un journaliste brésilien d’origine libanaise, ces relations familiales et historiques créent une forme d’identification presque naturelle avec le Brésil.