Le sélectionneur de la République d’Irlande, Heimir Hallgrimsson, a appelé ses joueurs à « gagner cette guerre » contre Israël, alors que les deux équipes s’affronteront en Ligue des nations à la fin septembre et début octobre. Une rencontre qui survient dans un contexte politique tendu, selon RMC Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Heimir Hallgrimsson, sélectionneur de l’Irlande, a publiquement encouragé ses joueurs à remporter les deux matchs contre Israël en Ligue des nations, qu’il qualifie de « guerre ».
  • Les rencontres sont prévues les 27 septembre (aller) et 4 octobre (retour), avec un match retour initialement programmé à Dublin.
  • Plusieurs responsables politiques irlandais et figures du football ont demandé à la Fédération irlandaise de boycotter ces matchs pour protester contre la guerre à Gaza.
  • En novembre 2025, la Fédération irlandaise avait adopté une motion demandant à l’UEFA de suspendre Israël des compétitions internationales, sans succès.
  • Israël a déjà joué des matchs de qualification pour la Coupe du monde en Hongrie et devrait affronter l’Irlande en terrain neutre le 27 septembre.

Le défi sportif et politique s’annonce donc double pour l’Irlande. Heimir Hallgrimsson, en poste depuis 2023, n’a pas caché son opposition à la participation d’Israël aux compétitions internationales. Dans une déclaration rapportée par RMC Sport, il a expliqué que la meilleure réponse possible serait une victoire contre Israël : « Je pense que la meilleure réponse pour nous est simplement de gagner ce match, de gagner cette guerre contre eux. Ce serait une réponse parfaite de mon point de vue. »

Cette position s’inscrit dans la continuité des prises de position de la Fédération irlandaise. En novembre 2025, celle-ci avait adopté une motion appelant l’UEFA à suspendre immédiatement Israël de toute compétition internationale. La demande n’a cependant reçu aucun soutien de la part de l’instance dirigeante européenne. Pour rappel, Israël a déjà été contraint de jouer certains matchs à l’extérieur, comme en Hongrie pour les éliminatoires de la Coupe du monde.

Le match retour, initialement prévu à Dublin le 4 octobre, pose également question. Si la Fédération irlandaise a obtenu gain de cause pour un match en terrain neutre le 27 septembre, la rencontre retour à domicile reste maintenue dans le calendrier. Hallgrimsson a reconnu la difficulté de la situation : « Il est injuste que les joueurs se retrouvent dans cette situation et que nous soyons dans cette situation. »

Cette opposition sportive s’inscrit dans un contexte géopolitique particulièrement sensible. Plusieurs responsables politiques irlandais, ainsi que des figures du football, ont appelé au boycott de ces rencontres pour protester contre la conduite de la guerre à Gaza par Israël. Leur argument repose sur la volonté de ne pas légitimer un État dont les actions militaires sont largement contestées sur la scène internationale.

Côté israélien, la Fédération a dû s’adapter aux contraintes géopolitiques. Israël a déjà disputé des matchs de qualification en Hongrie et prévoit de jouer son match de Ligue des nations contre l’Irlande en terrain neutre. Une décision qui illustre les difficultés logistiques et politiques rencontrées par l’État hébreu pour organiser ses rencontres sportives.

Et maintenant ?

La rencontre entre l’Irlande et Israël s’annonce comme un test à la fois sportif et symbolique. Si l’Irlande remporte les deux matchs, cela pourrait renforcer la position de Hallgrimsson et de ses partisans au sein de la Fédération. À l’inverse, une défaite ou un match nul pourrait relancer les débats sur la participation d’Israël aux compétitions internationales. La question d’un éventuel boycott politique reste également ouverte, bien que la Fédération irlandaise n’ait pas encore annoncé de mesure concrète. Le match aller, prévu le 27 septembre, pourrait donc marquer un tournant dans cette affaire.

Pour l’heure, la Fédération irlandaise n’a pas communiqué sur d’éventuelles modifications de son calendrier ou sur des mesures symboliques à prendre lors des rencontres. De son côté, l’UEFA n’a pas réagi officiellement aux prises de position irlandaises, se contentant de maintenir les rencontres dans le calendrier initial.

Le débat dépasse donc le cadre strictement sportif. Il interroge le rôle du football comme vecteur de diplomatie ou, à l’inverse, comme terrain d’expression politique. Une chose est sûre : ces deux matchs en Ligue des nations s’annoncent sous haute tension.

Plusieurs responsables politiques irlandais et figures du football appellent au boycott pour protester contre la conduite de la guerre à Gaza par Israël. Ils estiment injuste que les joueurs irlandais soient obligés de participer à des rencontres officielles avec une équipe dont les actions militaires sont largement contestées.