Alors que l'Inde subit depuis plusieurs jours une vague de chaleur exceptionnelle, le pays a enregistré jeudi 21 mai un record absolu de demande d'électricité. Selon RFI, cette hausse brutale s'explique principalement par l'utilisation massive des systèmes de climatisation dans un pays de plus de 1,4 milliard d'habitants. Vendredi 22 mai, le ministre indien de l'Énergie a appelé la population à modérer sa consommation électrique, afin de soulager un réseau national déjà fortement éprouvé par les températures élevées.
Ce qu'il faut retenir
- Un record de demande d'électricité a été battu en Inde jeudi 21 mai 2026, en raison des fortes chaleurs et de l'usage intensif des climatiseurs.
- Le ministre de l'Énergie a appelé à une utilisation « réfléchie » de l'électricité pour préserver le réseau.
- Le pays compte plus de 1,4 milliard d'habitants, ce qui accentue la pression sur les infrastructures énergétiques.
- La canicule touche l'ensemble du territoire depuis plusieurs jours, aggravant la situation.
Une demande record qui met le réseau sous tension
L'Inde fait face à une situation sans précédent. Jeudi 21 mai, la demande d'électricité a atteint un pic historique, dépassant les capacités habituelles du réseau national. Selon les autorités énergétiques indiennes, cette explosion de la consommation est directement liée aux températures extrêmes qui frappent le pays. Dans les grandes villes comme Delhi, Mumbai ou Bangalore, les climatiseurs fonctionnent à plein régime, poussant le système à ses limites. Les données officielles indiquent que la demande a dépassé plus de 230 gigawatts, un seuil jamais enregistré auparavant.
Cette surcharge met en lumière la vulnérabilité d'un réseau électrique déjà fragile. Les coupures localisées se multiplient dans plusieurs États, notamment dans le nord et l'ouest du pays, où les températures ont dépassé les 48°C ces derniers jours. Les experts rappellent que l'Inde, qui dépend encore largement du charbon pour sa production d'électricité, doit faire face à une double pression : répondre à la demande croissante tout en limitant ses émissions de gaz à effet de serre.
Un appel à la modération pour éviter un effondrement du système
Face à l'urgence, le ministre indien de l'Énergie, RK Singh, a appelé la population à adopter des gestes simples pour réduire la consommation. « Nous devons utiliser l'électricité de manière réfléchie », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse vendredi 22 mai. Il a notamment demandé aux citoyens d'éviter d'utiliser les appareils énergivores aux heures de pointe, comme les lave-linge ou les chauffe-eau, et de privilégier les ventilateurs plutôt que les climatiseurs lorsque cela est possible.
Les autorités ont également demandé aux industries de limiter leur consommation, tout en maintenant des services essentiels comme les hôpitaux et les transports. « La situation est sous contrôle, mais nous devons tous contribuer », a précisé le ministre. Malgré ces mesures, des craintes persistent quant à la capacité du réseau à tenir dans la durée, surtout si les températures devaient continuer à grimper.
Un contexte climatique qui aggrave les défis énergétiques
Cette crise survient alors que l'Inde, comme de nombreux pays, subit les effets du réchauffement climatique. Les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses, augmentant mécaniquement la demande en électricité. Selon les climatologues, 2026 pourrait figurer parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées dans le sous-continent indien. Cette tendance pose un défi majeur pour le gouvernement, qui doit à la fois moderniser son infrastructure énergétique et réduire sa dépendance aux énergies fossiles.
Dans ce contexte, les énergies renouvelables, comme le solaire et l'éolien, pourraient jouer un rôle clé. Le Premier ministre Narendra Modi a réaffirmé son engagement en faveur de la transition verte, avec pour objectif d'atteindre 50 % d'énergies non fossiles d'ici 2030. Pourtant, pour l'heure, le charbon reste la principale source de production électrique, représentant près de 70 % du mix énergétique.
Alors que le pays s'apprête à entrer dans la période des moussons, qui pourrait apporter un répit temporaire, les défis structurels persistent. La crise actuelle rappelle l'urgence d'investir dans des infrastructures adaptées et des solutions durables pour faire face aux bouleversements climatiques à venir.