Le gouvernement indien a adopté une loi visant à endiguer les fraudes massives lors des examens nationaux, une mesure rendue nécessaire après un scandale ayant impliqué plus de deux millions de candidats à un concours d’entrée en médecine en mai dernier. Selon Le Monde - Education, cette décision intervient alors que des milliers de jeunes Indiens dénoncent des irrégularités généralisées lors de ce test, l’un des plus sélectifs du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 2 millions de candidats ont participé au concours national d’entrée en médecine en mai 2026.
- Des fraudes massives ont été signalées lors de cet examen, déclenchant une vague de colère parmi les étudiants.
- Le Parlement indien a adopté une nouvelle loi anti-fraude pour renforcer les sanctions et encadrer les contrôles.
- Les autorités promettent des mesures strictes pour les prochains concours, dont celui prévu en octobre.
Un concours sous haute tension
Le National Eligibility cum Entrance Test (NEET) de mai 2026 a été marqué par des irrégularités d’une ampleur inédite. Plus de 2,4 millions de candidats, parmi lesquels des milliers de lycéens et de bacheliers, se sont présentés à cet examen organisé simultanément dans tout le pays. Selon les chiffres officiels, plus de 20 000 cas de tricherie présumée ont été recensés, un record depuis la création de ce test en 2013. Les méthodes utilisées incluaient des fuites de sujets avant l’épreuve, des complicités de surveillants et des fraudes technologiques, notamment via l’utilisation de dispositifs électroniques dissimulés.
Les images de candidats en larmes, de familles manifestant devant les centres d’examen et de vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont rapidement fait le tour des médias indiens. « On nous a volé notre futur », a déclaré Rajiv Kumar, 18 ans, candidat originaire de Delhi, cité par Le Monde - Education. Ce sentiment d’injustice a poussé des milliers d’étudiants à organiser des sit-in et des marches dans plusieurs villes, dont Mumbai, Bangalore et Chennai.
Une réponse législative d’urgence
Face à l’ampleur du scandale, le gouvernement indien a accéléré l’adoption d’une loi spécifiquement dédiée à la lutte contre les fraudes aux examens. Présentée comme une « réponse ferme à une crise sans précédent », cette mesure prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison pour les fraudeurs, ainsi que des amendes pouvant atteindre 1 million de roupies (environ 11 000 euros). Les centres d’examen seront désormais équipés de portiques de détection électronique et de systèmes de surveillance renforcés, tandis que les sujets seront tirés au sort au dernier moment pour limiter les risques de fuites.
Le ministre de l’Éducation, Arjun Ram Meghwal, a affirmé que « la nouvelle loi enverra un signal clair : tricher aux examens nationaux ne sera plus toléré ». Il a également annoncé la création d’une cellule dédiée au sein du ministère pour enquêter sur les irrégularités présumées lors du dernier NEET et punir les responsables, qu’ils soient candidats, surveillants ou organisateurs.
Des conséquences déjà visibles
Dès l’annonce des fraudes en mai, le Conseil national des examens médicaux (NMC) avait annoncé l’annulation des résultats pour les candidats impliqués dans des cas avérés de tricherie. Plus de 3 000 admissions ont ainsi été suspendues dans les facultés de médecine, où les places sont déjà notoirement insuffisantes. Certains étudiants, dont les résultats avaient été annulés en raison de fraudes présumées, ont fait appel devant les tribunaux, arguant que les preuves à leur encontre étaient insuffisantes. « Nous n’avons pas triché, mais nous sommes les victimes collatérales d’un système qui a failli », a témoigné Priya Sharma, 19 ans, une candidate du Maharashtra.
Par ailleurs, les organisateurs du prochain NEET, prévu en octobre 2026, ont déjà commencé à revoir leurs protocoles. Parmi les mesures annoncées figurent l’augmentation du nombre de surveillants, l’utilisation de scanners biométriques pour vérifier l’identité des candidats et la diffusion en direct des sujets sur des plateformes sécurisées pour éviter toute fuite.
Cette affaire soulève également des questions plus larges sur le système éducatif indien, où la compétition pour intégrer les meilleures facultés est devenue un enjeu de société. Entre l’angoisse des étudiants, les attentes des familles et les lacunes structurelles du pays, le gouvernement devra trouver un équilibre pour garantir l’équité des examens sans sacrifier la rigueur académique.