D'après BFM Business, l'Italie devient le premier pays européen à instaurer des restrictions sur l'utilisation du kérosène dans le secteur aérien. Cette mesure s'inscrit dans le cadre plus large de sa stratégie de réduction des émissions de CO₂, un an après l'adoption de son plan national de décarbonation du transport.
Ce qu'il faut retenir
- Premières restrictions en Europe sur le kérosène pour l'aviation commerciale, selon BFM Business.
- Objectif italien : réduire de 40 % ses émissions liées au transport aérien d'ici à 2030.
- Les compagnies aériennes opérant en Italie devront désormais utiliser un quota de carburant durable (SAF) représentant 2 % de leur consommation totale dès 2026.
- Cette mesure s'applique aux vols domestiques et intra-européens au départ ou à destination de l'Italie.
- Les sanctions en cas de non-respect pourraient atteindre jusqu'à 100 000 euros par vol.
- Le gouvernement italien a prévu un fonds d'aide de 200 millions d'euros pour accompagner la transition des compagnies aériennes.
Une décision inédite en Europe
Le gouvernement italien, dirigé par la Première ministre Giorgia Meloni, a officialisé cette restriction via un décret publié ce mardi 7 avril 2026. Selon BFM Business, Rome justifie cette mesure par la nécessité de respecter les engagements climatiques de l'Accord de Paris, tout en anticipant les futures réglementations européennes sur le kérosène.
« Cette décision marque une étape concrète dans notre transition écologique, a déclaré le ministre italien de la Transition écologique, Gilberto Pichetto Fratin. Nous sommes conscients des défis pour les compagnies aériennes, mais l'urgence climatique ne nous laisse pas le choix. » Les compagnies devront donc adapter leurs flottes ou investir dans des alternatives moins polluantes.
Les compagnies aériennes face à un défi logistique et financier
Les principales compagnies aériennes opérant en Italie, comme ITA Airways, Ryanair et Lufthansa, devront se conformer à cette nouvelle réglementation dès le 1er janvier 2026. Selon des sources internes citées par BFM Business, ITA Airways a déjà commencé à négocier des contrats d'approvisionnement en carburant durable (SAF) auprès de raffineries italiennes et européennes.
Cependant, le coût reste un obstacle majeur : le SAF est actuellement deux à trois fois plus cher que le kérosène traditionnel. « Les aides gouvernementales de 200 millions d'euros seront insuffisantes pour couvrir l'ensemble des surcoûts, a tempéré un porte-parole de l'Association internationale du transport aérien (IATA). Sans un soutien européen, certaines compagnies pourraient être contraintes de réduire leurs fréquences ou d'augmenter leurs tarifs. »
Un impact limité à court terme, mais symbolique
D'après les analystes, cette mesure aura un impact marginal sur les émissions globales de l'aviation européenne à court terme. L'Italie représente moins de 5 % du trafic aérien continental, et le quota de 2 % de SAF ne suffira pas à inverser la tendance. « Ce qui compte, c'est le signal politique envoyé, souligne un expert du cabinet Transport & Environment. L'Italie montre la voie et pourrait inciter d'autres pays à suivre. »
La France, l'Allemagne et les Pays-Bas ont déjà annoncé des projets similaires, mais sans calendrier précis. « Nous étudions les mesures italiennes avec attention, a indiqué une source au sein du ministère français de la Transition écologique. Une coordination européenne sera nécessaire pour éviter les distorsions de concurrence. »
Pour l'instant, les compagnies aériennes et les raffineries attendent les détails techniques du décret italien, notamment sur les critères de certification du SAF et les modalités de contrôle. Une réunion est prévue à Rome le 15 mai 2026 avec les principaux acteurs du secteur.
Toutes les compagnies aériennes opérant des vols domestiques ou intra-européens au départ ou à destination de l'Italie sont concernées. Cela inclut ITA Airways, Ryanair, Lufthansa, EasyJet et Air France, entre autres.
Les compagnies risquent des amendes pouvant aller jusqu'à 100 000 euros par vol non conforme, selon le décret italien publié le 7 avril 2026.
