Un quart des stations-service en France était en rupture de stock d’au moins un carburant ce week-end de Pâques, selon les chiffres de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), rapportés par Franceinfo - Politique. Face à cette situation, qui s’aggrave depuis le début du conflit au Moyen-Orient, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, a proposé mardi 7 avril 2026 une mesure radicale : la « réquisition » des stations en cas de pénurie persistante.
Ce qu'il faut retenir
- Un quart des stations-service en France était en rupture de stock d’au moins un carburant pendant le week-end de Pâques, selon l’UFIP
- La guerre au Moyen-Orient a aggravé les tensions sur l’approvisionnement et les prix des carburants
- Mathilde Panot (LFI) propose la réquisition des stations en cas de crise prolongée
- Elle défend également le blocage des prix pour soulager le pouvoir d’achat des Français
- La députée estime que « le pays ne va pas tenir » si aucune mesure n’est prise rapidement
Selon l’UFIP, la situation s’est particulièrement dégradée lors du week-end pascal, une période traditionnellement marquée par une forte demande en carburants. Les perturbations sont directement liées à la hausse des prix à la pompe, elle-même consécutive à la guerre au Moyen-Orient qui perturbe les approvisionnements mondiaux. « Si vraiment il y a un problème sur la question de l’accès aux carburants, ce que nous ferons, c’est la réquisition », a-t-elle déclaré à l’antenne de Franceinfo, sans préciser les modalités exactes de cette mesure.
Pour Mathilde Panot, cette proposition s’inscrit dans un contexte de crise sociale et économique. « Le pays ne va pas tenir si on continue comme ça », a-t-elle souligné, mettant en garde contre une aggravation des tensions si aucune solution n’est trouvée rapidement. « Le blocage des prix est la seule mesure qui permet de faire en sorte de faire respirer les gens », a-t-elle ajouté, rappelant que cette mesure avait déjà été évoquée par d’autres responsables politiques dans le passé.
Des stations-service en tension depuis plusieurs semaines
Les ruptures de stock ne concernent pas uniquement les grandes agglomérations. Selon les données de l’UFIP, les pénuries touchent désormais des zones rurales et périurbaines, où l’accès à un carburant reste essentiel pour les déplacements quotidiens. Cette situation a déjà conduit certains automobilistes à faire des kilomètres supplémentaires pour trouver une station approvisionnée, ou à se rabattre sur des alternatives comme les véhicules électriques ou les transports en commun, quand cela est possible.
La hausse des prix à la pompe, directement liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, aggrave la pression sur les ménages. Les prix des carburants ont connu une flambée depuis plusieurs mois, avec des pics à plus de 2 euros le litre pour le diesel et l’essence dans certaines régions. Les professionnels du secteur estiment que la situation pourrait encore se dégrader dans les semaines à venir, en l’absence d’une stabilisation de la production pétrolière.
LFI propose le blocage des prix comme solution immédiate
Face à cette crise, Mathilde Panot mise sur une mesure forte : le blocage des prix des carburants. « C’est la seule mesure qui permet de faire en sorte de faire respirer les gens », a-t-elle martelé, insistant sur l’urgence d’agir pour protéger le pouvoir d’achat des Français. Cette proposition s’inscrit dans une logique de lutte contre l’inflation, alors que le gouvernement peine à trouver des solutions pour limiter la hausse des prix de l’énergie.
Pour les députés LFI, le blocage des prix est une mesure nécessaire, mais temporaire. Elle permettrait de donner un répit aux ménages tout en attendant des solutions structurelles. « On ne peut pas laisser les Français se débrouiller seuls face à une crise qui les dépasse », a-t-elle ajouté, soulignant que cette mesure avait déjà été appliquée dans le passé, notamment pendant la crise du Covid-19 pour certains produits de première nécessité.
« Si vraiment il y a un problème sur la question de l’accès aux carburants, ce que nous ferons, c’est la réquisition. »
— Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, le 7 avril 2026
Cette crise illustre une fois de plus la dépendance de la France – et de l’Europe – aux importations de pétrole. Dans ce contexte, les propositions de réquisition ou de blocage des prix pourraient bien devenir des sujets centraux lors des prochaines discussions budgétaires. Pour l’instant, le gouvernement n’a pas réagi officiellement à la proposition de LFI, mais la situation reste sous haute surveillance.
Comment les pouvoirs publics entendent-ils résoudre cette crise ? Aucune réponse claire n’est encore apportée. Une chose est sûre : les prochaines semaines seront déterminantes pour éviter une aggravation de la pénurie et des tensions sociales.
La réquisition est une mesure exceptionnelle qui permet à l’État de prendre le contrôle temporaire de ressources ou d’infrastructures en cas de crise majeure. Dans ce cas, elle pourrait permettre à l’État de forcer les stations-service à rouvrir ou à réapprovisionner leurs stocks, même en l’absence de volonté des distributeurs.
