Deux recours ont été déposés devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) à Strasbourg contre l’Italie. Selon RFI, ces plaintes visent Rome pour avoir autorisé la libération d’Osama Almasri Najim, un responsable libyen recherché par la Cour pénale internationale (CPI). Arrêté au début de l’année 2025, puis relâché après seulement deux jours de détention, Najim a ensuite été rapatrié en Libye par un vol militaire italien.

Ce qu'il faut retenir

  • Osama Almasri Najim, ancien responsable de la police libyenne, est visé par un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
  • Il a été arrêté en début 2025 avant d’être libéré 48 heures plus tard.
  • Un vol militaire italien l’a ensuite reconduit en Libye après sa libération.
  • Deux plaintes ont été déposées devant la CEDH pour contester cette procédure.

Un responsable libyen sous mandat d’arrêt

Osama Almasri Najim, ancien membre des forces de sécurité libyennes, est recherché depuis plusieurs années pour son rôle présumé dans des crimes graves. Selon les chefs d’accusation de la Cour pénale internationale, il aurait commis des crimes contre l’humanité ainsi que des crimes de guerre dans le cadre du conflit en Libye. Ces faits lui valent un mandat d’arrêt international, émis il y a plusieurs années déjà.

Son arrestation en début d’année 2025, dans un pays européen, avait suscité l’attention des autorités judiciaires internationales. Pourtant, son incarcération n’aura duré que deux jours, avant qu’il ne soit remis en liberté. Un revirement de situation qui interroge sur les motivations de cette libération.

Une libération suivie d’un rapatriement controversé

Deux jours après son arrestation, Osama Almasri Najim a été relâché par les autorités italiennes. Selon RFI, il a ensuite été placé sur un vol militaire italien à destination de la Libye. Ce transfert, organisé en quelques heures seulement, a soulevé des questions sur la conformité de cette procédure avec les obligations internationales de l’Italie.

D’autant que Rome est signataire du Statut de Rome, qui fonde la compétence de la CPI. En permettant à Najim de quitter le territoire italien, les autorités ont de fait empêché son transfert vers la Cour, où il aurait dû répondre de ses actes. Une décision qui s’apparente, pour ses détracteurs, à une obstruction à la justice internationale.

Deux plaintes déposées à Strasbourg

C’est dans ce contexte que deux recours ont été introduits devant la CEDH. Ces plaintes visent directement la responsabilité de l’État italien dans cette affaire. Les plaignants estiment que Rome a violé plusieurs principes fondamentaux, notamment le droit à un procès équitable et l’obligation de coopérer avec les juridictions internationales.

La Cour européenne des droits de l’homme est désormais saisie pour trancher sur la légalité de cette procédure. Ses juges devront examiner si l’Italie a respecté ses engagements en matière de droits humains et de coopération judiciaire. Une décision qui pourrait, le cas échéant, donner lieu à des sanctions ou à des recommandations à l’encontre de Rome.

Et maintenant ?

La CEDH doit désormais examiner les deux plaintes déposées contre l’Italie. Une audience pourrait être organisée dans les prochains mois, mais aucune date n’a encore été fixée officiellement. En cas de condamnation, Rome pourrait être contrainte de revoir sa législation ou ses pratiques en matière de coopération avec la CPI.

Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur les conditions dans lesquelles les États membres de l’UE coopèrent avec les juridictions internationales, notamment lorsqu’il s’agit de transférer des suspects recherchés.

Contacté par RFI, le ministère italien des Affaires étrangères n’a pas encore réagi publiquement à ces plaintes. La question reste donc entière : comment Rome justifie-t-elle cette libération et ce rapatriement express ? Autant dire que l’instruction de ces recours pourrait réserver de nouvelles surprises.