Avec un taux ramené à 1,5 % depuis février 2026, le Livret A, longtemps considéré comme la valeur refuge des épargnants français, peine désormais à couvrir l’inflation. Selon Capital, cette baisse reflète une conjoncture économique marquée par des incertitudes, notamment liées aux répercussions de la guerre en Iran. Dans ce contexte, les livrets défiscalisés, bien que toujours attractifs par leur absence de prélèvements sociaux, voient leur attractivité varier selon les profils des épargnants.

Ce qu'il faut retenir

  • Le taux du Livret A est passé de 1,7 % à 1,5 % en février 2026, un niveau qui pourrait ne pas suffire à compenser l’inflation prévue entre 1,5 % et 2,5 % en 2026.
  • Seuls le Livret Jeune et le LEP offrent des rendements nets d’impôts supérieurs, mais sous conditions strictes.
  • Le LEP, réservé aux revenus modestes, affiche un taux de 2,5 % et un plafond de dépôt à 10 000 €.
  • Le Livret Jeune, accessible aux 12-25 ans, propose un taux souvent supérieur à celui du Livret A, avec un plafond de 1 600 €.
  • Le PEAC, destiné aux moins de 21 ans, cible les placements verts mais impose des restrictions de retrait avant 18 ans.

Une rémunération du Livret A insuffisante pour lutter contre l’inflation

Le Livret A, produit d’épargne préféré des Français avec plus de 55 millions de détenteurs, voit son attractivité s’effriter depuis plusieurs années. En février 2026, son taux a été abaissé à 1,5 % net d’impôts, une décision prise par l’État dans un contexte de tensions inflationnistes persistantes. Selon les projections économiques citées par Capital, l’inflation pourrait osciller entre 1,5 % et 2,5 % en 2026, selon l’ampleur des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale.

Cette situation place le Livret A dans une position délicate : son rendement, même net d’impôts, ne suffira probablement pas à protéger le pouvoir d’achat des épargnants. D’autant que le plafond de dépôt reste fixé à 22 950 €, un montant inchangé depuis des années. Pour Capital, il est donc temps de se tourner vers des alternatives mieux rémunérées, à condition de remplir les critères d’éligibilité.

Le LEP, le meilleur choix pour les ménages aux revenus modestes

Parmi les livrets défiscalisés, le Livret d’épargne populaire (LEP) se distingue comme l’option la plus intéressante pour les ménages aux revenus modestes. Depuis février 2026, son taux de rémunération a été fixé à 2,5 % net d’impôts, contre 2,7 % auparavant. Ce produit, plafonné à 10 000 €, est réservé aux épargnants dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 23 028 € pour une personne seule ou 35 326 € pour un couple.

Autre avantage : depuis 2021, il n’est plus nécessaire de présenter son avis d’imposition pour ouvrir un LEP. Les banques vérifient directement l’éligibilité auprès de l’administration fiscale, ce qui simplifie les démarches. Pour Capital, le LEP reste donc le livret défiscalisé le plus avantageux pour les foyers concernés, à condition de respecter les plafonds de revenus.

Le Livret Jeune, une solution pour les 12-25 ans

Destiné aux jeunes de 12 à 25 ans, le Livret Jeune offre une rémunération au moins égale à celle du Livret A, mais souvent supérieure. En pratique, certains établissements proposent des taux dépassant 3 %, bien au-delà du plafond de 1 600 € autorisé. Contrairement à d’autres livrets, celui-ci permet des retraits par carte bancaire sans frais de gestion, à condition que le titulaire n’ait pas encore 18 ans et que les opérations soient validées par les parents.

Ce produit, accessible dans la plupart des banques, représente une opportunité pour les familles souhaitant constituer une épargne pour leurs enfants. Son principal atout réside dans sa flexibilité, tout en restant totalement exonéré d’impôts. Pour Capital, il s’agit d’une alternative sérieuse au Livret A, à condition de respecter l’âge limite et le plafond de dépôt.

Le PEAC, un placement vert pour les moins de 21 ans

Introduit en 2024, le Plan d’épargne avenir climat (PEAC) cible les jeunes de moins de 21 ans et les incite à investir dans des projets liés à la transition écologique. Ce produit, encore peu distribué (seulement Caisse d’épargne, Banque populaire et Crédit coopératif le proposent à ce jour), se distingue par son objectif environnemental. Son rendement n’est pas garanti, mais sa gestion « à horizon » réduit les risques à l’approche de la majorité de l’enfant.

Les fonds placés sur un PEAC sont bloqués jusqu’aux 30 ans du titulaire, et les retraits ne sont possibles avant 18 ans que si le plan a plus de cinq ans. Malgré ces contraintes, Capital souligne que le PEAC pourrait devenir une alternative intéressante au Livret A pour les familles souhaitant allier épargne et investissement responsable. Son plafond de dépôt n’a pas été précisé dans les sources consultées.

D’autres options à considérer selon son profil

En dehors des livrets défiscalisés, d’autres placements sans risque peuvent offrir des rendements supérieurs au Livret A. Les comptes à terme, par exemple, affichent parfois des taux proches de 2,5 %, selon les banques et la durée de placement. Certains super livrets, comme ceux proposés par des néobanques, dépassent même 3 %, mais avec des plafonds de dépôt souvent limités à 20 000 € ou moins.

Pour les épargnants prêts à accepter un peu plus de risque, les SCPI ou les assurances vie en fonds euros peuvent également représenter des alternatives, avec des rendements moyens bien supérieurs à ceux des livrets réglementés. Cependant, ces options ne bénéficient pas de la défiscalisation automatique et nécessitent une étude approfondie de leur fiscalité. Selon Capital, il est donc essentiel de comparer les offres en fonction de sa situation personnelle et de ses objectifs.

Et maintenant ?

La prochaine révision du taux du Livret A est prévue pour août 2026. Si la tendance inflationniste se confirme, une nouvelle baisse du taux n’est pas à exclure, bien que les économistes s’attendent plutôt à une stabilité ou à une légère hausse de 0,1 à 0,2 point. Les épargnants devraient donc surveiller les annonces de la Banque de France et comparer régulièrement les offres des banques pour maximiser le rendement de leur épargne sans risque. Une prochaine hausse des plafonds du LEP ou du Livret Jeune n’est pas non plus impossible, dans un contexte où l’État cherche à orienter l’épargne vers des placements plus rémunérateurs.

Dans tous les cas, le choix d’un livret défiscalisé dépendra de votre situation familiale, de vos revenus et de votre horizon de placement. Les produits comme le LEP ou le Livret Jeune restent les plus attractifs pour les profils éligibles, mais il serait prudent de diversifier ses placements si votre budget le permet.

Pour savoir si vous pouvez ouvrir un LEP, consultez votre revenu fiscal de référence sur votre dernier avis d’imposition. Si celui-ci ne dépasse pas 23 028 € pour une personne seule ou 35 326 € pour un couple, vous êtes éligible. Les banques effectuent désormais cette vérification automatiquement auprès de l’administration fiscale, sans que vous ayez à fournir d’avis d’imposition.

Oui, le Livret Jeune est proposé par la plupart des établissements bancaires en France. Son taux est au moins égal à celui du Livret A, mais peut varier selon les banques. Les parents ou tuteurs légaux doivent ouvrir ce livret pour un mineur, et le plafond de dépôt est fixé à 1 600 €.