Le marché de la construction neuve en France affiche une instabilité persistante. Selon BFM Immo, le nombre de permis de construire accordés pour des logements a enregistré un recul de 4,8 % en juin 2026, après un rebond marqué le mois précédent. Les données, provisoires et corrigées des variations saisonnières, mettent en lumière une dynamique contrastée au premier semestre de l’année.
Ce qu'il faut retenir
- En juin 2026, 30 906 logements ont été autorisés à la construction, soit un recul de 4,8 % par rapport à mai.
- Les maisons individuelles (-6,1 % sur un mois) et les logements collectifs (-3,9 % sur un mois) ont tous deux contribué à cette baisse.
- Sur les six premiers mois de 2026, 192 100 logements ont été autorisés, en hausse de 4,2 % par rapport à la même période en 2025.
- Les ouvertures de chantiers ont bondi de près de 30 % au premier semestre, avec 157 191 logements mis en chantier.
- Le gouvernement a adopté un projet de loi visant à construire 400 000 logements neufs par an, via des mesures de simplification et des incitations fiscales.
Un recul après un rebond exceptionnel en mai
Le mois de juin marque un infléchissement après une progression spectaculaire en mai. Selon les données du Service des données et études statistiques (SDES), le nombre de permis accordés a chuté de 4,8 % en juin, après une hausse de 17 % le mois précédent. Ce recul intervient dans un contexte de fortes variations depuis le début de l’année : +30 % en mars et -29,5 % en avril, deux mois qui se compensaient presque intégralement.
Cette instabilité reflète les difficultés structurelles du secteur. Le SDES explique cette baisse par un recul des autorisations pour les logements collectifs comme pour les maisons individuelles. En juin, 30 906 logements ont été autorisés, dont 11 765 maisons individuelles (-6,1 % sur un mois) et 19 141 logements collectifs (-3,9 % sur un mois).
Les ouvertures de chantiers résistent malgré tout
Malgré la baisse des permis, les mises en chantier restent dynamiques. En juin, 25 666 habitations ont été mises en chantier, un niveau quasi stable (-0,1 %) par rapport à mai. Sur les six premiers mois de 2026, 157 191 logements ont été lancés, soit une progression de près de 30 % par rapport au premier semestre 2025. Un rebond significatif, qui contraste avec la morosité des années précédentes.
Ces chiffres restent néanmoins provisoires, comme le précise le SDES. Le taux de collecte des données est partiel, et certaines statistiques ont déjà été révisées. Par exemple, le nombre de logements mis en chantier en mai a été revu à la baisse, passant de 25 700 à 25 666, ce qui ramène la variation par rapport à avril à -2,8 %.
Un secteur sous tension depuis trois ans
La construction neuve traverse une crise sans précédent depuis 2023. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : l’envolée des coûts de construction, la hausse des taux d’intérêt qui a gelé de nombreux projets d’achat immobilier, et surtout la fin des dispositifs de soutien à l’investissement locatif. Ces mesures, qui avaient permis de maintenir un certain niveau d’activité, ne sont plus en vigueur, aggravant les difficultés des promoteurs et des ménages.
Face à cette situation, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à relancer la construction. Adopté en juin par le Sénat, il prévoit notamment la construction de 400 000 logements neufs par an. Pour y parvenir, il mise sur des mesures de simplification administrative et des incitations fiscales à l’investissement locatif. Un objectif ambitieux, alors que le cumul des autorisations de juillet 2025 à juin 2026 s’élève à 376 241 logements, soit 8 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes.
En attendant, les professionnels du secteur appellent à une stabilisation des règles pour redonner de la visibilité aux acteurs. Le rebond des mises en chantier au premier semestre 2026 pourrait en effet n’être qu’un sursaut temporaire, et non le signe d’un retournement durable.
Ces variations s’expliquent principalement par des effets de rattrapage ou de report des projets, ainsi que par des ajustements saisonniers. Les mois de mars et avril 2026 ont ainsi connu des hausses et des baisses brutales, qui se compensaient presque intégralement. Les données sont également ajustées pour tenir compte des jours ouvrables, ce qui peut accentuer les écarts d’un mois sur l’autre.