Une œuvre numérique innovante mêlant art et intelligence artificielle prend place à la National Portrait Gallery de Londres. Selon Le Figaro, l’artiste britannique Es Devlin a imaginé un « portrait national » collectif, réalisé à partir de selfies soumis par les habitants du Royaume-Uni. Cette exposition, intitulée A National Portrait, est ouverte au public depuis le 14 mai 2026 et sera visible jusqu’au 27 octobre 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Une œuvre collective générée par IA à partir de selfies de Britanniques de plus de 18 ans, exposée à la National Portrait Gallery de Londres.
  • L’artiste Es Devlin collabore avec Google Arts and Culture Lab pour ce projet.
  • L’exposition inclut des portraits de personnalités comme le roi Charles III, la princesse Kate ou la primatologue Jane Goodall.
  • L’œuvre sera visible jusqu’au 27 octobre 2026 et invite à une réflexion sur l’identité nationale.

Es Devlin, connue pour ses portraits à la craie et au fusain, a imaginé ce projet il y a trois ans. Selon ses propos rapportés par Le Figaro, l’idée était de représenter les 55 millions d’adultes britanniques sur une seule image, « quelles que soient leurs origines ou leurs convictions ». « Il y a 55 millions d’adultes au Royaume-Uni. Et si nous pouvions tous figurer sur une seule et même image, quelles que soient nos origines ou nos convictions, et même si nos opinions divergent sur tant de sujets ? », a-t-elle déclaré pour expliquer sa démarche.

Pour réaliser cette œuvre, l’artiste s’est associée à Google Arts and Culture Lab, une entité spécialisée dans la collaboration avec des institutions culturelles à travers le monde. L’intelligence artificielle joue un rôle central : elle a été entraînée pour générer des dessins dans le style d’Es Devlin. Les participants doivent simplement prendre un selfie avec leur téléphone et le publier sur une plateforme dédiée. En quelques secondes, l’IA transforme l’image en un portrait stylisé, comme si elle était tracée à la craie ou au fusain.

À la National Portrait Gallery, l’œuvre animée collective est diffusée sur un écran géant. Les visages des participants défilent en continu, se fondant les uns dans les autres, évoquant une mosaïque humaine. L’installation se trouve dans la même salle que les portraits de figures emblématiques britanniques, parmi lesquelles figurent le roi Charles III, la princesse Kate Middleton, la primatologue Jane Goodall, la directrice de Vogue Anna Wintour, ou encore le footballeur Marcus Rashford. Cette proximité souligne l’ambition du projet : intégrer chaque citoyen dans une représentation collective de la nation.

« Nous sommes tous ensemble dans ce pays, figurons tous sur ce portrait, unis. » — Es Devlin

« Nous espérons que des milliers de personnes à travers le pays vont participer. Cette œuvre va permettre de brosser un véritable portrait de la nation. » — Victoria Siddall, directrice de la National Portrait Gallery

Es Devlin a rappelé que son travail ne se limite pas à une simple exposition numérique. Pour elle, cette initiative « réimagine ce que pourrait être l’identité nationale » à l’ère du numérique. Le projet s’inscrit dans une démarche artistique et politique, invitant les Britanniques à réfléchir à leur unité malgré leurs différences. Victoria Siddall a souligné l’importance de cette œuvre pour « brosser un véritable portrait de la nation », en insistant sur la diversité des participants comme reflet de la société britannique contemporaine.

Une œuvre accessible à tous, ouverte jusqu’en octobre

Pour participer, il suffit d’être âgé de plus de 18 ans et de résider au Royaume-Uni. Les intéressés peuvent télécharger leur selfie sur la plateforme dédiée, disponible en ligne. Le processus est entièrement gratuit et ne nécessite aucune compétence technique. En quelques clics, chaque participant devient à la fois modèle et co-créateur de l’œuvre collective. Selon les organisateurs, cette approche démocratise l’accès à l’art et permet une participation massive, inédite pour une exposition en galerie.

L’exposition A National Portrait s’inscrit dans une tendance croissante de l’art contemporain à intégrer les nouvelles technologies. Les œuvres génératives par IA, comme celle-ci, suscitent à la fois fascination et débats. Certains y voient une avancée majeure pour démocratiser l’art, tandis que d’autres s’interrogent sur la place de la créativité humaine dans un processus entièrement automatisé. Es Devlin a tenu à préciser que cette œuvre reste avant tout un projet collaboratif, où l’humain reste au cœur de la création, même si l’IA en est l’outil principal.

Un projet artistique et social au-delà de l’esthétique

Au-delà de son aspect visuel, l’œuvre d’Es Devlin interroge la notion d’identité collective. En incluant des portraits de personnalités de tous horizons, l’exposition met en lumière la diversité de la société britannique. La présence de figures comme Jane Goodall, symbole de l’engagement scientifique, ou de Marcus Rashford, engagé contre les inégalités sociales, montre que cette identité nationale se construit à travers des parcours variés. Es Devlin a indiqué que son but n’était pas de gommer les différences, mais de les rassembler dans une même image, « comme un tableau qui évolue en temps réel ».

La National Portrait Gallery, institution emblématique de Londres, accueille régulièrement des expositions explorant les multiples facettes de l’identité britannique. Cette initiative s’inscrit dans sa mission de refléter la société à travers le portrait, qu’il soit photographique, pictural ou désormais numérique. Victoria Siddall a d’ailleurs rappelé que cette œuvre s’ajoute à une collection déjà riche, tout en apportant une dimension contemporaine et participative inédite.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’exposition le 27 octobre 2026, les organisateurs espèrent recueillir des milliers de participations. La plateforme dédiée reste accessible jusqu’à cette date, permettant à quiconque de contribuer à cette œuvre collective. Selon les retours initiaux, le projet suscite un vif intérêt, notamment chez les jeunes générations, souvent plus familières avec les outils numériques. Reste à voir si cette expérience inspirera d’autres initiatives similaires à l’étranger, ou si elle restera un cas unique dans le paysage artistique britannique.

Cette exposition pourrait aussi servir de modèle pour d’autres pays souhaitant explorer des formes d’art participatif à l’ère du numérique. En attendant, les visiteurs de la National Portrait Gallery peuvent découvrir cette œuvre jusqu’à l’automne, où elle sera probablement l’un des clous de la saison culturelle londonienne.

Il suffit de prendre un selfie et de le publier sur la plateforme dédiée, accessible aux Britanniques de plus de 18 ans. Le processus est gratuit et l’IA génère un portrait stylisé en quelques secondes.

L’œuvre est exposée à la National Portrait Gallery de Londres jusqu’au 27 octobre 2026.