Le nouveau chef du gouvernement irakien, Ali al-Zaidi, a annoncé jeudi 14 mai 2026 vouloir rétablir le monopole de l’État sur les armes en Irak. Cette déclaration s’inscrit dans le cadre d’un programme gouvernemental présenté au Parlement, qui a accordé sa confiance au Premier ministre le même jour, selon Le Figaro.

Dans ce cadre, le programme de M. al-Zaidi prévoit notamment « une réforme des forces de sécurité en limitant le contrôle des armes à l’État et en renforçant les capacités des forces de sécurité », a précisé l’agence officielle irakienne INA, citée par le service de presse du Parlement. Cette initiative vise à consolider l’autorité centrale face à des groupes armés, notamment les milices pro-iraniennes, dont la présence reste un sujet de tension dans le pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Ali al-Zaidi, nouveau Premier ministre irakien, a annoncé le 14 mai 2026 vouloir instaurer le monopole de l’État sur les armes en Irak.
  • Son programme gouvernemental inclut une réforme des forces de sécurité, avec un contrôle exclusif des armements par l’État.
  • Les États-Unis exercent une pression croissante sur Bagdad pour le désarmement des milices pro-iraniennes, qualifiées de groupes terroristes par Washington.
  • Le Parlement irakien a accordé sa confiance au gouvernement al-Zaidi lors d’un vote organisé jeudi.

Une réforme des forces de sécurité au cœur du programme

La réforme des forces de sécurité présentée par Ali al-Zaidi s’articule autour de deux axes principaux : la centralisation du contrôle des armes au profit de l’État et le renforcement des capacités opérationnelles des institutions sécuritaires. Selon les informations relayées par l’INA et le service de presse du Parlement, cette démarche s’inspire des recommandations formulées par les partenaires internationaux de l’Irak, en particulier les États-Unis.

Ces derniers, qui conservent une influence notable sur la politique irakienne, multiplient les pressions pour obtenir le désarmement des milices pro-iraniennes. Washington a désigné à plusieurs reprises ces groupes comme des organisations terroristes, et exige leur dissolution ou leur intégration sous contrôle étatique. La question du désarmement des factions armées non étatiques constitue depuis des mois un point de friction entre Bagdad et ses alliés occidentaux.

Washington pousse Bagdad à agir contre les milices pro-iraniennes

Les États-Unis maintiennent une présence politique et militaire significative en Irak, héritage de l’intervention de 2003 et des décennies de tensions régionales. Leur demande d’un désarmement des milices pro-iraniennes s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire l’influence de Téhéran dans le pays. Ces groupes, souvent regroupés sous la bannière des Hachd al-Chaabi, jouent un rôle sécuritaire et politique majeur en Irak depuis leur création pour combattre l’État islamique.

Cependant, leur intégration progressive dans les structures étatiques n’a pas suffi à apaiser les tensions avec Washington. Les États-Unis estiment que ces milices conservent des liens étroits avec l’Iran et poursuivent des objectifs indépendants de ceux du gouvernement irakien. La pression américaine s’est intensifiée ces derniers mois, sous forme de sanctions ciblées et de déclarations diplomatiques répétées.

Un gouvernement sous haute surveillance internationale

Le gouvernement de Ali al-Zaidi, investi par le Parlement irakien jeudi, devra désormais mettre en œuvre ce programme ambitieux dans un contexte sécuritaire et politique complexe. La question du désarmement des milices pro-iraniennes reste particulièrement sensible, car elle touche à l’équilibre des forces en Irak et aux relations avec Téhéran.

Selon plusieurs observateurs, la réussite de cette réforme dépendra en grande partie de la capacité du gouvernement à concilier les exigences américaines avec les réalités politiques locales. Certaines milices, bien qu’intégrées dans les institutions, conservent une autonomie de décision et un ancrage populaire dans certaines régions. Leur désarmement total pourrait donc s’avérer difficile sans risque de fragmentation supplémentaire du paysage sécuritaire.

Et maintenant ?

Le gouvernement al-Zaidi devra présenter des mesures concrètes pour appliquer sa réforme, notamment sous forme de décrets ou de projets de loi. Une étape clé pourrait intervenir d’ici l’été 2026, lorsque les autorités irakiennes devraient finaliser les négociations avec les milices pour leur intégration progressive ou leur dissolution. Dans le même temps, Washington pourrait durcir ses positions si les progrès sont jugés insuffisants.

La question du désarmement des groupes armés restera donc au cœur des débats politiques en Irak, avec des répercussions possibles sur la stabilité régionale et les relations entre Bagdad, Téhéran et Washington.

Parmi les principaux groupes pro-iraniens figurent les Brigades du Hezbollah irakien, Kataeb Hezbollah, Asaïb Ahl al-Haq et le mouvement Badr. Ces milices, regroupées en partie sous la bannière des Hachd al-Chaabi, ont joué un rôle clé dans la lutte contre l’État islamique avant de s’intégrer progressivement aux forces de sécurité irakiennes.

Washington accuse ces milices de servir les intérêts de l’Iran en Irak et de déstabiliser la région. Les États-Unis les considèrent comme des proxys de Téhéran, capables de menacer la souveraineté irakienne et les intérêts américains dans le pays. Leur désarmement figure donc parmi les conditions posées par les États-Unis pour un soutien continu à Bagdad.