Le gouvernement équatorien a annoncé jeudi 14 mai 2026 l’arrestation d’Eduardo Gomez, alias « Gordo Paul », considéré comme le principal chef du gang Los Lobos. Selon Le Figaro, cette opération s’inscrit dans une stratégie renforcée contre les bandes armées liées à des cartels internationaux de la drogue, alors que plusieurs régions du pays restent placées sous état d’exception.

Des dizaines de policiers d’unités d’élite ont appréhendé Eduardo Gomez dans le sud de la capitale, Quito, aux côtés de sa compagne. Le ministre de l’Intérieur équatorien, John Reimberg, a qualifié le détenu de « délinquant le plus dangereux de la capitale ». Los Lobos, dont Gomez serait le leader, est accusé de trafic de drogue, d’extorsion, d’enlèvements et d’orpaillage illégal.

Ce qu'il faut retenir

  • Arrêtation d’Eduardo Gomez, alias « Gordo Paul », chef présumé du gang Los Lobos, dans le sud de Quito
  • Sa compagne, également arrêtée, aurait assuré la logistique du groupe criminel
  • Los Lobos est lié au cartel mexicain Jalisco Nueva Generación et compte des milliers de membres
  • 22 perquisitions et 15 arrestations au total, dans le cadre de cette opération
  • L’Équateur enregistre un taux d’homicide de 51 pour 100 000 habitants en 2025, le plus élevé d’Amérique latine
  • Les États-Unis soutiennent Quito dans sa lutte contre les bandes armées

Un gang aux ramifications internationales

Los Lobos, dont le symbole est un lion, est né d’une scission avec un autre gang majeur, Los Choneros. Depuis, les deux entités s’affrontent dans une guerre sans merci pour le contrôle du crime organisé en Équateur. Selon InSight Crime, cité par Le Figaro, le groupe compterait des milliers de membres et entretiendrait des liens étroits avec le cartel mexicain Jalisco Nueva Generación, l’un des plus puissants du Mexique.

Lors de son arrestation, Eduardo Gomez a été présenté menotté, torse nu et couvert de tatouages, dont celui du lion symbolisant son appartenance au gang. Sa compagne, également arrêtée, était selon les autorités chargée de la logistique du groupe, notamment dans le cadre des activités illégales comme le trafic de drogue et l’extorsion.

Un contexte sécuritaire explosif

L’Équateur traverse une crise sécuritaire sans précédent. En 2025, le pays a enregistré un taux d’homicide de 51 pour 100 000 habitants, le plus élevé d’Amérique latine, selon les données d’InSight Crime. Cette violence est en grande partie attribuée à la guerre entre gangs et à leur affiliation avec des cartels internationaux. 70 % de la cocaïne produite en Colombie et au Pérou, les deux premiers producteurs mondiaux, transiterait par l’Équateur avant d’être expédiée vers les États-Unis et l’Europe, d’après les estimations citées par Le Figaro.

Face à cette escalade, le gouvernement équatorien a instauré des états d’exception dans plusieurs régions, imposant notamment des couvre-feux nocturnes. Ces mesures s’accompagnent d’une collaboration accrue avec les États-Unis, qui soutiennent Quito dans sa lutte contre le crime organisé.

Une opération aux répercussions multiples

L’arrestation d’Eduardo Gomez s’inscrit dans une série d’opérations ciblées menées par les forces de l’ordre. Au total, 22 perquisitions ont été menées, aboutissant à l’arrestation de 15 personnes, dont des membres présumés du gang. Cette action illustre la volonté des autorités de démanteler les structures criminelles qui gangrènent le pays.

Pour autant, le défi reste de taille. Los Lobos et ses rivaux, comme Los Choneros, conservent une emprise forte sur certaines zones du pays. Leur capacité à recruter, à corrompre et à infiltrer les institutions locales rend leur éradication complexe. Les autorités ont rappelé que cette arrestation ne marquait qu’une étape dans un combat plus large contre le crime organisé.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de cette arrestation. Si elle affaiblit Los Lobos, elle pourrait aussi déclencher des représailles de la part d’autres gangs ou des cartels alliés. Le gouvernement équatorien, soutenu par Washington, devrait maintenir la pression avec des opérations similaires dans les semaines à venir.

Reste à voir si cette arrestation permettra de réduire la violence endémique qui frappe le pays. Pour l’heure, les autorités se veulent prudentes et appellent à la vigilance, craignant que cette opération ne soit qu’une victoire temporaire dans une guerre bien plus longue.

Cette arrestation survient alors que l’Équateur cherche à stabiliser un pays sous tension. La lutte contre les gangs et les cartels reste un enjeu central pour les autorités, qui doivent aussi composer avec les attentes de la population et les pressions internationales.

Eduardo Gomez, alias « Gordo Paul », était présenté par les autorités comme le chef du gang Los Lobos. Il était notamment impliqué dans le trafic de drogue, l’extorsion, les enlèvements et l’orpaillage illégal. Sa compagne, arrêtée en même temps que lui, aurait géré la logistique du groupe.

L’état d’exception permet aux autorités d’imposer des couvre-feux nocturnes dans plusieurs régions du pays. Cette mesure vise à limiter les activités des gangs et à renforcer la sécurité, mais elle s’accompagne de restrictions des libertés civiles. Le gouvernement l’a justifiée par la nécessité de rétablir l’ordre face à la montée de la violence.