Une femme marche sur une plage de l’Atlantique, à proximité d’Abidjan en Côte d’Ivoire, le 30 mai 2026. Cette image symbolise à elle seule les défis auxquels sont confrontés les océans, alors que l’Organisation des Nations unies (ONU) publie le 8 juin, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, sa troisième « Évaluation mondiale des océans ». Selon Courrier International, ce rapport de 1 600 pages, fruit de cinq années de travail et de l’implication de 550 scientifiques issus de 86 pays, dresse un bilan contrasté de la santé des écosystèmes marins.

Ce qu'il faut retenir

  • Un rapport de 1 600 pages, fruit de cinq années de recherche impliquant 550 scientifiques de 86 pays, a été publié par l’ONU le 8 juin 2026.
  • La population mondiale est passée de 7,7 milliards en 2017 à 8,2 milliards fin 2024, augmentant la pression sur les ressources marines.
  • Le rythme d’élévation du niveau de la mer a doublé, passant de 1,9 mm/an avant 2015 à 4,3 mm/an en 2023.
  • Les océans se réchauffent : 16 % de l’augmentation totale de leur température depuis 1955 est survenue après 2018.
  • 52,1 millions de tonnes de plastique sont rejetées chaque année dans les océans, affectant plus de 4 000 espèces marines.
  • Un traité historique sur la protection de la haute mer, entré en vigueur en 2026, couvre les deux tiers des océans.

Le document, publié en amont de la Journée mondiale des océans, met en lumière des pressions multiples pesant sur les milieux marins. Parmi elles figurent l’accroissement démographique, l’intensification des activités humaines en mer — telles que le déploiement de parcs éoliens, d’infrastructures pétrolières en eaux profondes ou encore de câbles et pipelines sous-marins — ainsi que le dérèglement climatique et les diverses formes de pollution. « Les océans subissent des pressions sans précédent », a souligné un expert cité par le quotidien britannique Le Guardian, partenaire de la publication.

Parmi les avancées notables, le rapport souligne des progrès significatifs en matière de protection des océans. « Des progrès significatifs ont été réalisés grâce au traité historique sur la haute mer », explique Le Guardian. Entré en vigueur en 2026, ce texte établit des règles de protection pour les eaux internationales, hors de toute juridiction nationale. Ces zones, qui représentent les deux tiers des océans, bénéficient désormais d’un cadre légal inédit pour préserver leur biodiversité.

Le réchauffement des océans s’accélère, avec des conséquences dramatiques

Les données compilées dans le rapport sont alarmantes. Le rythme d’élévation du niveau de la mer a plus que doublé, passant d’un maximum de 1,9 millimètre par an avant 2015 à 4,3 millimètres par an en 2023. Cette accélération, particulièrement marquée dans certaines régions, s’accompagne d’un réchauffement accru des océans. « 16 % de l’augmentation totale de la température des océans enregistrée depuis 1955 s’est produite après 2018 », précise Le Guardian. Les effets sont encore plus prononcés en Arctique, où les températures augmentent quatre fois plus vite que la moyenne mondiale, un phénomène déjà documenté par les scientifiques.

Ces bouleversements ont des répercussions directes sur les écosystèmes marins. L’acidification des eaux, la modification des courants et l’augmentation de la température menacent de nombreuses espèces, des coraux aux mammifères marins. Les pêcheurs et les communautés côtières, dont les moyens de subsistance dépendent directement de la santé des océans, sont les premières victimes de ces changements.

La pollution plastique, un fléau persistant malgré les alertes

Le rapport de l’ONU consacre une large place à la pollution plastique, qui reste l’un des principaux fléaux des océans. Chaque année, 52,1 millions de tonnes de plastique sont rejetées dans les mers et les océans. Ce chiffre colossal contribue à la présence de 24,4 milliards de particules de microplastique dans les eaux marines, selon les estimations. Ces particules affectent plus de 4 000 espèces marines, qui ingèrent ou s’emmêlent dans ces déchets, avec des conséquences souvent mortelles.

Les microplastiques, issus de la fragmentation des déchets plus grands, sont particulièrement préoccupants. Ils pénètrent les chaînes alimentaires et finissent par contaminer les poissons et autres organismes marins destinés à la consommation humaine. Les scientifiques alertent depuis des années sur les risques sanitaires liés à cette pollution invisible, mais les mesures de réduction des plastiques peinent à suivre l’ampleur du problème. Les politiques publiques et les initiatives locales restent insuffisantes pour inverser la tendance.

Un traité historique pour protéger les eaux internationales

Face à l’urgence, la communauté internationale a franchi une étape majeure avec l’entrée en vigueur, en 2026, du traité sur la haute mer. Ce texte, négocié sous l’égide de l’ONU, établit enfin un cadre juridique pour la protection des deux tiers des océans, situés hors des zones économiques exclusives des États. Jusqu’à présent, ces eaux internationales échappaient à toute régulation, laissant libre cours à l’exploitation intensive et à la dégradation des écosystèmes.

Le traité prévoit notamment la création d’aires marines protégées, la gestion durable des ressources halieutiques et la réduction des pollutions transfrontalières. « C’est une avancée majeure, mais son efficacité dépendra de la volonté des États à le mettre en œuvre », a rappelé Le Guardian, citant des experts. La mise en place de ce cadre juridique ouvre la voie à une gestion plus cohérente des océans, mais les défis restent immenses, notamment en termes de financement et de coopération internationale.

Et maintenant ?

L’entrée en vigueur du traité sur la haute mer marque un tournant, mais son application concrète pourrait prendre plusieurs années. Les prochaines échéances incluent la désignation des premières aires marines protégées d’ici 2027, ainsi que l’adoption de plans nationaux pour réduire les pollutions plastiques. Par ailleurs, les négociations sur la protection des fonds marins et la régulation des activités minières en eaux profondes devraient s’intensifier dans les mois à venir. Reste à voir si les engagements pris par les États seront suivis d’effets concrets.

Alors que les océans continuent de subir des pressions croissantes, ce rapport de l’ONU rappelle l’urgence d’agir. Si des avancées juridiques et scientifiques sont à saluer, leur impact réel dépendra de la capacité des États et des acteurs privés à transformer ces bonnes intentions en actions tangibles. La Journée mondiale des océans 2026 servira-t-elle de déclic pour une mobilisation accrue ?

Le traité sur la haute mer, entré en vigueur en 2026, est le premier accord international à établir un cadre juridique pour la protection des deux tiers des océans, situés hors des juridictions nationales. Il permet notamment de créer des aires marines protégées et de réguler les activités humaines dans ces zones, jusqu’ici peu encadrées.

Les principales menaces incluent le réchauffement climatique (avec une élévation accélérée du niveau de la mer et une augmentation des températures), la pollution plastique (52,1 millions de tonnes rejetées chaque année), l’exploitation intensive des ressources marines et la dégradation des écosystèmes côtiers.