L’Organisation des Nations unies (ONU) franchit une nouvelle étape dans l’exploration des technologies décentralisées en annonçant le lancement d’un groupe de travail dédié à la blockchain. Selon Cryptoast, cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui a officiellement présenté son Blockchain Advisory Group (BAG) lors de l’événement Proof of Talk 2026, organisé à Paris au début du mois de juin.
Le BAG a tenu sa première réunion le 3 juin 2026, marquant le point de départ d’un cycle de réflexions censées durer deux fois par an. Cette structure, pilotée par l’administrateur associé du PNUD Haoliang Xu, a pour ambition d’analyser comment la blockchain pourrait répondre aux enjeux globaux de développement, notamment en matière de transparence, d’inclusion et de durabilité. Cryptoast souligne que l’objectif n’est pas seulement théorique : il s’agit d’identifier des applications tangibles pour les institutions publiques.
Ce qu'il faut retenir
- Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) lance le Blockchain Advisory Group (BAG) en juin 2026.
- Première réunion le 3 juin 2026 lors du sommet Proof of Talk 2026 à Paris.
- Le groupe se réunira deux fois par an pour explorer cinq thèmes prioritaires, dont la gouvernance numérique et la traçabilité climatique.
- Le BAG rassemble 26 organisations du secteur crypto, dont la Ethereum Foundation et Kraken.
- L’objectif affiché est d’évaluer comment la blockchain peut renforcer les systèmes publics et améliorer le développement des populations.
Un groupe de travail placé sous l’égide du PNUD
L’annonce du BAG intervient dans un contexte où les applications concrètes de la blockchain dépassent désormais le cadre financier traditionnel. Selon Cryptoast, Haoliang Xu, administrateur associé du PNUD et président du BAG, a rappelé que l’enjeu était de comprendre comment ces technologies pouvaient « renforcer les systèmes publics » et « améliorer le développement des populations et de la planète ».
Lors de sa première réunion, le groupe a abordé des sujets comme l’inclusion financière, les contraintes liées à l’identité numérique et l’interopérabilité des infrastructures. Le BAG a également souligné l’importance de préparer les institutions à intégrer ces outils sans perturber les systèmes existants. Cryptoast précise que ces échanges visent à créer un « espace de collaboration pratique » entre acteurs du développement et experts de la blockchain.
Cinq axes de réflexion pour une technologie en quête de légitimité
Les travaux du BAG s’articuleront autour de cinq thématiques principales, définies dès sa création. On y retrouve notamment la confiance publique et la gouvernance numérique, un enjeu central pour des organisations comme l’ONU, souvent critiquées pour leur opacité. Le groupe s’intéressera aussi à la société inclusive et à l’identité juridique, un sujet crucial dans des régions où l’accès aux services de base reste limité.
Deux autres priorités concernent l’inclusion financière — un domaine où les cryptomonnaies et les solutions blockchain pourraient jouer un rôle clé — ainsi que la durabilité et la traçabilité climatique. Enfin, le BAG examinera les perspectives offertes par le travail numérique, un secteur en pleine mutation avec l’émergence de nouvelles formes d’emploi décentralisées. Cryptoast note que ces sujets reflètent les défis contemporains auxquels les États et les organisations internationales doivent faire face.
Un écosystème crypto mobilisé, mais sous surveillance
Le BAG ne fonctionne pas en vase clos : il rassemble des acteurs majeurs de l’écosystème blockchain, parmi lesquels figurent la Ethereum Foundation, Kraken, la Filecoin Foundation, l’Algorand Foundation et l’Arbitrum Foundation. Selon Cryptoast, cette diversité est censée garantir une approche équilibrée, mêlant expertise technique et vision stratégique.
Pourtant, comme le relève Cryptoast, ce type d’initiative suscite parfois des interrogations sur son efficacité réelle. Entre les discours ambitieux et les résultats concrets, le risque de voir ces réunions se transformer en opérations de communication existe. Cryptoast appelle donc à observer de près les prochaines étapes : « Affaire à suivre donc, afin de voir si l’avenir verra ces discours se concrétiser. » Une prudence qui s’impose dans un domaine où les promesses technologiques peinent encore à convaincre les institutions traditionnelles.
Pour l’heure, le BAG incarne une volonté de dialogue entre deux mondes encore souvent perçus comme éloignés : celui des technologies décentralisées et celui des politiques publiques internationales. Si les résultats se font attendre, l’expérience mérite d’être suivie de près, ne serait-ce que pour son ambition même.
Les cinq axes de travail du BAG sont : la confiance publique et la gouvernance numérique, la société inclusive et l’identité juridique, l’inclusion financière et les services financiers numériques, la durabilité et la traçabilité climatique, ainsi que le travail numérique et l’avenir du travail.
Le groupe a prévu de se réunir deux fois par an, selon les informations rapportées par Cryptoast.