L’Union européenne a enregistré en 2025 des économies record sur sa facture énergétique, grâce à une accélération marquée de ses investissements dans les énergies renouvelables. Selon un rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et rapporté par Euronews FR, la transition vers des sources propres comme l’éolien et le solaire a permis à l’UE d’économiser 60 milliards de dollars, soit 51,4 milliards d’euros, en réduisant ses importations de combustibles fossiles. Une performance qui s’inscrit dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, marqué par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, laquelle perturbe les approvisionnements et fait flamber les prix de l’énergie.

Ce qu'il faut retenir

  • 51,4 milliards d’euros d’économies en 2025 pour l’UE, grâce à la baisse des importations de combustibles fossiles, selon l’AIE.
  • Le solaire a couvert 12,5 % du mix électrique européen en 2025, avec une production de 340 TWh, en hausse de 60 TWh sur un an.
  • Les importations d’énergie de l’UE ont reculé de 11,1 % en valeur et de 0,6 % en masse en 2025 par rapport à 2024.
  • L’UE a investi 90 milliards d’euros dans les renouvelables en 2025, avec un bond historique de la production éolienne et solaire à l’échelle mondiale en avril 2026.
  • En avril 2026, l’éolien et le solaire ont produit 22 % de l’électricité mondiale, dépassant pour la première fois le gaz (20 %).

Cette réduction de la dépendance aux énergies fossiles s’accompagne d’une amélioration de la sécurité énergétique pour l’Europe, un enjeu devenu central depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Euronews FR souligne que les investissements dans les renouvelables ont permis de limiter l’impact des chocs de prix sur les consommateurs et les entreprises. « La transition énergétique de l’Europe porte ses fruits », a déclaré un porte-parole d’Ember à Euronews Earth. « Les 60 milliards de dollars d’économies sur les énergies fossiles réalisés en 2025 seront largement dépassés en 2026, alors que les prix du pétrole, du gaz et du charbon continuent de s’envoler. »

Selon les données compilées par Strategic Perspectives, les importations d’énergie de l’UE ont totalisé 336,7 milliards d’euros en 2025, pour un volume de 723,3 millions de tonnes. Une baisse notable par rapport à 2024, où ces chiffres s’élevaient respectivement à 378,7 milliards d’euros et 727,7 millions de tonnes. « Grâce aux renouvelables, le secteur électrique est celui qui souffre le moins parmi tous les secteurs énergétiques européens », précise le porte-parole d’Ember. « La plupart des importations de combustibles fossiles concernent désormais les usages hors production d’électricité, comme les transports ou le chauffage. »

Le solaire, moteur de la transition énergétique européenne

Parmi les énergies renouvelables, le solaire s’est imposé comme le grand gagnant en 2025. Avec une production totale de 340 TWh, il représente désormais 12,5 % du mix électrique européen, selon Strategic Perspectives. Une progression spectaculaire, puisque la production solaire a augmenté de 60 TWh en un an — une quantité équivalente à la consommation annuelle d’électricité du Portugal. « Ces chiffres montrent à quel point l’Europe a accéléré sa transition vers des sources d’énergie propres », explique Marin Gillot, analyste énergie chez Strategic Perspectives, interrogé par Euronews Earth.

Les investissements massifs consentis par l’UE dans les renouvelables, estimés à 90 milliards d’euros en 2025, s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à électrifier l’économie. L’objectif ? Réduire la consommation de pétrole dans les transports, de gaz dans le chauffage et l’industrie, et ainsi limiter l’exposition aux fluctuations des marchés des énergies fossiles. « L’énergie propre ne se résume plus au climat : c’est aussi une stratégie économique et géopolitique », souligne Marin Gillot. « Plus l’Europe se détournera rapidement des combustibles fossiles, moins les citoyens et les entreprises seront exposés aux chocs de prix et à l’instabilité géopolitique. »

Un basculement historique à l’échelle mondiale en avril 2026

L’année 2026 marque un tournant pour les énergies renouvelables à l’échelle planétaire. Selon les dernières analyses d’Ember, relayées par Euronews FR, l’éolien et le solaire ont, pour la première fois, produit plus d’électricité que le gaz en avril 2026. Ensemble, ces deux sources ont assuré 22 % de la production mondiale d’électricité, contre 20 % pour le gaz. Un seuil symbolique atteint alors que la crise énergétique au Moyen-Orient perturbe les approvisionnements traditionnels.

Ce basculement s’explique en partie par des conditions météorologiques favorables dans l’hémisphère Nord, où se concentrent l’essentiel des capacités solaires mondiales. « Avril était le mois le plus propice à ce changement, combinant des vents soutenus et une production solaire en hausse », indique Ember dans son rapport. La demande d’électricité étant généralement plus faible entre les saisons de chauffage et de climatisation, la production à partir de gaz a été inférieure à celle des autres mois de l’année. À l’échelle mondiale, la production d’énergies renouvelables a progressé de 13 % sur un an, avec des hausses particulièrement marquées en Chine (+14 %), au Royaume-Uni (+35 %) et au Chili (+24 %).

Et maintenant ?

Les projections pour les prochains mois laissent entrevoir une accélération de la transition énergétique en Europe et dans le monde. Les experts s’attendent à ce que la production d’énergies renouvelables atteigne des niveaux records en 2026, notamment grâce à des conditions printanières et estivales idéales. Cependant, Ember rappelle que ce dépassement de l’éolien et du solaire sur le gaz reste pour l’instant ponctuel, et qu’il faudra attendre plusieurs années pour confirmer une tendance durable. La Commission européenne, de son côté, devrait présenter d’ici la fin de l’année de nouvelles mesures pour renforcer l’autonomie énergétique du continent et accélérer la sortie des énergies fossiles.

Pour Marin Gillot, cette dynamique positive doit encore s’accompagner de politiques ambitieuses : « Les investissements dans les renouvelables et l’efficacité énergétique sont indispensables, mais ils doivent s’inscrire dans un cadre réglementaire stable et incitatif. Sans cela, les progrès risquent d’être inégaux selon les pays. » Reste à voir si les États membres parviendront à maintenir cette trajectoire, alors que les tensions géopolitiques et les défis industriels persistent.

Une chose est sûre : l’Europe a désormais les outils pour transformer cette crise en opportunité. Avec des économies de 51 milliards d’euros réalisées en un an et une production solaire en plein essor, le continent semble en passe de devenir un modèle en matière de transition énergétique. Une évolution qui pourrait bien redéfinir l’équilibre des pouvoirs sur la scène internationale.

Les principaux leviers identifiés sont l’électrification des usages (transports, chauffage, industrie), l’efficacité énergétique et le développement massif des énergies renouvelables, en particulier l’éolien et le solaire. Ces secteurs concentrent l’essentiel des 90 milliards d’euros d’investissements consentis par l’UE en 2025.

En avril 2026, l’éolien et le solaire ont produit 22 % de l’électricité mondiale, dépassant pour la première fois le gaz (20 %). Ce seuil a été franchi grâce à des conditions météo favorables (vents soutenus, ensoleillement) et à une demande d’électricité plus faible entre les saisons de chauffage et de climatisation. Un phénomène temporaire, mais symbolique de l’accélération des renouvelables.