Le premier groupe aérien européen, Lufthansa, annonce une restructuration majeure de ses activités, marquée par la fermeture de sa filiale régionale CityLine et une réduction de ses vols long-courriers. Selon Le Figaro, cette décision intervient dans un contexte de hausse des prix du kérosène et de multiples grèves ayant perturbé le trafic aérien en Allemagne depuis le début de l’année.
Ce qu'il faut retenir
- Fermeture immédiate de CityLine, filiale régionale exploitant des vols court-courriers depuis Francfort et Munich, dès ce samedi 18 avril 2026.
- 80 % de la consommation de kérosène de Lufthansa est couverte par des contrats à prix fixes, mais les 20 % restants doivent être achetés aux prix du marché, en forte hausse.
- Plusieurs milliers d’annulations de vols** en Allemagne depuis janvier 2026, en raison de grèves répétées du syndicat des pilotes Vereinigung Cockpit (VC) et du personnel de bord UFO.
- Objectif affiché : reclasser les salariés de CityLine dans d’autres filiales du groupe, sans préciser le nombre de postes concernés.
- Cette restructuration s’inscrit dans le projet de budget 2026, qui prévoit une réduction globale des coûts face à la crise persistante dans le golfe Persique.
Une filiale régionale sacrifiée pour limiter les pertes
Dès samedi 18 avril 2026, Lufthansa mettra un terme définitif aux activités de CityLine, sa filiale régionale dédiée aux vols court-courriers. Cette décision, bien qu’attendue depuis plusieurs mois, a été accélérée par l’aggravation de deux crises majeures : la flambée des prix du kérosène et les perturbations sociales récurrentes dans le secteur aérien allemand.
Le groupe justifie cette fermeture par la nécessité de rationaliser ses coûts, alors que les tensions géopolitiques dans le golfe Persique maintiennent les prix de l’énergie à des niveaux élevés. CityLine, basée à Francfort et Munich, employait jusqu’ici plusieurs centaines de salariés, dont le reclassement est déjà en cours au sein d’autres entités du groupe, comme Lufthansa Regional ou Eurowings.
Le kérosène et les grèves, deux bombes à retardement
Selon les chiffres communiqués par Lufthansa, 80 % de sa consommation de kérosène est couverte par des contrats à prix fixes, un taux supérieur à la moyenne du secteur. Cependant, les 20 % restants, achetés sur le marché spot, ont vu leur coût exploser en raison de l’instabilité géopolitique dans le golfe Persique. Cette hausse pèse lourdement sur la rentabilité du groupe, déjà fragilisée par des mois de grèves à répétition.
Depuis le début de l’année, plusieurs mouvements sociaux ont paralysé le trafic aérien en Allemagne. Les syndicats Vereinigung Cockpit (VC), représentant les pilotes, et UFO, pour le personnel navigant, ont à plusieurs reprises appelé à la grève, entraînant l’annulation de milliers de vols. Ces perturbations ont non seulement affecté la réputation de Lufthansa, mais aussi ses résultats financiers, poussant la direction à revoir en urgence sa stratégie opérationnelle.
« La fermeture de CityLine est un mal nécessaire pour préserver la compétitivité du groupe face à une conjoncture extrêmement difficile. »
— Un porte-parole de Lufthansa, cité par Le Figaro
Des grèves aux conséquences économiques lourdes
Les grèves successives ont coûté cher à Lufthansa, non seulement en termes de pertes directes de revenus, mais aussi en indemnités versées aux passagers affectés. Le groupe a déjà dû faire face à des demandes massives de remboursements et de compensations, alourdissant encore sa situation financière. Dans ce contexte, la fermeture de CityLine, bien que symbolique, s’inscrit dans une logique de réduction drastique des coûts fixes.
Les salariés de CityLine, dont le reclassement est annoncé comme prioritaire, ne seront pas les seuls concernés. Lufthansa n’exclut pas d’autres mesures de restructuration, notamment sur ses activités long-courriers, si la crise devait persister. Pour l’heure, le groupe n’a pas précisé le nombre exact d’emplois menacés, mais les syndicats s’attendent à des annonces plus précises dans les prochains jours.
Cette restructuration intervient alors que le secteur aérien européen tente de se relever des crises successives des dernières années, qu’il s’agisse de la pandémie de Covid-19 ou des tensions géopolitiques actuelles. Pour Lufthansa, déjà fragilisé par des années de difficultés financières, cette nouvelle épreuve pourrait accélérer une recomposition de son modèle économique, avec à la clé des suppressions d’emplois ou des cessions d’actifs. Reste à savoir si cette stratégie permettra au groupe de retrouver une marge de manœuvre suffisante pour affronter les défis à venir.
Bien que 80 % du kérosène soit couvert par des contrats à prix fixes, les 20 % restants doivent être achetés au prix du marché, en forte hausse depuis le début de la crise dans le golfe Persique. Cette flambée des coûts, combinée aux pertes liées aux grèves répétées, a rendu CityLine non rentable. La fermeture vise donc à limiter les pertes globales du groupe.
