Chaque année, des milliers de tonnes de vêtements sont jetés en France, souvent issus de modèles de consommation toujours plus rapides. Pourtant, l’ultra-fast-fashion ne serait pas le principal responsable du gaspillage dans le secteur textile. C’est ce que révèle une étude publiée ce mardi 14 avril par la coalition Stop fast-fashion et le Réseau national des ressourceries et recycleries, selon Reporterre.

Les deux structures ont mené une enquête en analysant les déchets textiles collectés dans 33 structures volontaires réparties sur l’ensemble du territoire. L’objectif ? Évaluer la part des vêtements issus de l’ultra-fast-fashion, comme Shein, Temu ou Boohoo, par rapport à ceux produits par des enseignes de fast-fashion traditionnelle. Et les résultats sont surprenants : la fast-fashion classique représenterait une part bien plus importante des déchets que les marques de l’ultra-fast-fashion, pourtant les plus pointées du doigt pour leur modèle économique.

Ce qu'il faut retenir

  • 33 structures ont participé à l’étude sur le tri des déchets textiles en France.
  • L’enquête a été menée par la coalition Stop fast-fashion et le Réseau national des ressourceries et recycleries.
  • Les marques comme Shein, Temu et Boohoo sont souvent associées à l’ultra-fast-fashion.
  • L’étude a été publiée le 14 avril 2026.
  • La fast-fashion classique génère plus de déchets textiles que l’ultra-fast-fashion, selon les résultats.

Une enquête pour évaluer l’impact réel des marques sur les déchets

Pour mener cette étude, les organisateurs ont mis en place des actions de tri dans des structures volontaires, réparties dans différentes régions de France. Ces opérations visaient à identifier la provenance des vêtements jetés, qu’ils proviennent de l’ultra-fast-fashion ou de la fast-fashion traditionnelle. Les marques comme Shein, Temu ou Boohoo, souvent critiquées pour leurs pratiques commerciales et leur impact environnemental, ne représentent finalement qu’une partie minoritaire des déchets textiles collectés.

À l’inverse, les enseignes de fast-fashion classique, comme Zara ou H&M, apparaissent comme les principales contributrices aux montagnes de vêtements jetés chaque année. Un constat qui remet en cause l’idée selon laquelle l’ultra-fast-fashion serait le seul et unique problème du secteur.

Un modèle économique toujours plus critiqué

L’ultra-fast-fashion, avec ses collections renouvelées en quelques jours et ses prix extrêmement bas, a été largement pointée du doigt ces dernières années. Des associations et des rapports parlementaires ont dénoncé son modèle basé sur la surconsommation et la surproduction, contribuant à une pollution massive des sols et des ressources en eau. Pourtant, selon cette étude, ces marques ne seraient pas les seules responsables de l’ampleur des déchets textiles en France.

La fast-fashion classique, bien que souvent perçue comme moins agressive que l’ultra-fast-fashion, reste un acteur majeur du gaspillage vestimentaire. Elle représente une part significative des vêtements jetés, souvent en raison de la médiocre qualité de ses produits, conçus pour une durée de vie réduite. Un phénomène qui soulève des questions sur l’ensemble du secteur textile et ses pratiques.

« Les résultats de cette étude montrent que le problème du gaspillage textile ne se limite pas aux seules marques de l’ultra-fast-fashion. La fast-fashion traditionnelle joue un rôle tout aussi important dans la crise des déchets vestimentaires », a souligné un porte-parole de la coalition Stop fast-fashion.

Et maintenant ?

Cette étude pourrait relancer le débat sur la régulation du secteur textile en France. Plusieurs propositions sont actuellement à l’étude, notamment au niveau européen, pour imposer des quotas de recyclage ou interdire la destruction des invendus. La prochaine étape consistera à présenter ces résultats aux pouvoirs publics, qui pourraient s’en saisir pour renforcer les mesures existantes. Reste à voir si ces initiatives suffiront à inverser la tendance.

L’enjeu est désormais de sensibiliser davantage les consommateurs à l’impact de leurs achats, tout en poussant les marques à adopter des pratiques plus durables. Une réflexion qui pourrait prendre plusieurs années, tant le modèle actuel de la fast-fashion reste ancré dans les habitudes d’achat.

La fast-fashion désigne un modèle de production rapide et à bas coût, avec des collections renouvelées plusieurs fois par an. L’ultra-fast-fashion pousse ce concept à l’extrême, avec des collections renouvelées en quelques jours, des prix encore plus bas et une qualité souvent très médiocre, comme c’est le cas pour Shein ou Temu.

Plusieurs solutions existent : donner ses vêtements à des associations comme le Secours Populaire ou la Croix-Rouge, les déposer dans des points de collecte dédiés ou les rapporter en magasin pour recyclage. Éviter de les jeter à la poubelle permet de réduire l’impact environnemental.