En 2025, l’Union européenne a accordé plus de 620 000 visas aux ressortissants russes, selon les données révélées par le site d’informations Euractiv et relayées par RFI. Ce chiffre marque une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente, alors que le conflit en Ukraine entre dans sa quatrième année.

La France, l’Italie et l’Espagne figurent parmi les pays les plus sollicités par les demandeurs russes. Pourtant, cette libéralité des États membres contraste avec le maintien des sanctions européennes contre Moscou, notamment pour son rôle dans la guerre. Les tensions persistent au sein de l’UE, où certains pays estiment que la délivrance de visas pourrait envoyer un message contradictoire.

Ce qu’il faut retenir

  • En 2025, 620 000 visas ont été délivrés aux Russes par l’UE, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2024.
  • La France a accordé le plus grand nombre de visas, suivie par l’Italie et l’Espagne.
  • Cette tendance intervient malgré le maintien des sanctions contre la Russie pour son invasion de l’Ukraine.

Une hausse des demandes malgré le contexte géopolitique

Les chiffres communiqués par Euractiv révèlent une progression constante du nombre de visas accordés aux Russes depuis 2022. 620 000 visas en 2025 représentent un bond significatif, alors que l’UE cherche à concilier fermeté politique et ouverture économique. Les voyages touristiques ou professionnels restent une porte d’entrée pour de nombreux citoyens russes, malgré les restrictions imposées dans d’autres domaines.

Les données ne précisent pas la répartition exacte entre visas touristiques, étudiants ou professionnels. Cependant, les trois pays les plus généreux – la France, l’Italie et l’Espagne – attirent particulièrement les demandeurs, en raison de leur attractivité touristique et de leurs liens historiques avec la Russie.

Des divisions au sein de l’Union européenne

Cette situation suscite des débats au sein des institutions européennes. Certains États, comme les pays baltes ou la Pologne, plaident pour un durcissement des conditions d’accès à l’UE pour les Russes. D’autres, à l’instar de la France ou de l’Allemagne, estiment qu’une distinction doit être faite entre le régime russe et la population civile.

« La politique des visas doit être mesurée, a expliqué un diplomate sous couvert d’anonymat. On ne peut pas sanctionner l’ensemble des Russes pour les agissements de leur gouvernement. » Pourtant, cette approche divise, d’autant que les flux migratoires en provenance de Russie restent élevés, avec des demandes qui dépassent désormais celles de 2021, avant l’invasion de l’Ukraine.

Quels sont les pays les plus concernés par ces demandes ?

Parmi les États membres de l’UE, la France arrive en tête avec plus de 150 000 visas délivrés en 2025, selon les estimations d’Euractiv. L’Italie et l’Espagne suivent, avec des chiffres proches de 120 000 chacun. Ces trois pays concentrent à eux seuls près des deux tiers des visas accordés aux Russes au sein de l’Union.

D’autres destinations, comme l’Allemagne ou les pays nordiques, enregistrent également une hausse, bien que moins marquée. Les motifs de ces déplacements varient : tourisme, études, affaires ou même regroupement familial. Les consulats européens font face à une charge administrative accrue, dans un contexte où les relations diplomatiques avec Moscou restent gelées.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient apporter des éclaircissements sur l’évolution de cette politique. La Commission européenne doit présenter, d’ici la fin du printemps 2026, un rapport sur l’impact des visas russes dans le cadre des sanctions globales. Par ailleurs, certains États pourraient durcir leurs critères, notamment en exigeant des justificatifs financiers ou des garanties de retour plus strictes.

Reste à voir si cette tendance à la hausse se poursuivra, ou si les pressions politiques en provenance des pays les plus critiques envers Moscou conduiront à un infléchissement des pratiques. Une chose est sûre : le débat sur l’équilibre entre fermeté géopolitique et ouverture humaine ne fait que commencer.

Cette divergence s’explique par des approches différentes de la politique étrangère. Certains États, comme la France ou l’Italie, privilégient une distinction entre le régime russe et la population civile, tandis que d’autres, comme la Pologne ou les pays baltes, prônent un durcissement généralisé. Les premiers estiment qu’une fermeture totale des frontières risquerait d’isoler davantage les Russes, sans nécessairement affaiblir le Kremlin.