Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé, ce mercredi 9 août 2026, la liquidation judiciaire de l’usine Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône), mettant fin à toute perspective de redressement pour cette unité de production de pâte à papier. Selon BFM Business, la décision intervient alors que la situation financière de la SAS Fibre Excellence Provence, filiale du groupe, était « irrémédiablement compromise » avec un passif avoisinant les 105 millions d’euros. Cette annonce concerne directement les 270 salariés de l’établissement, dont le devenir reste incertain en l’absence de repreneur identifié à ce stade.

Ce qu'il faut retenir

  • L’usine Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône) a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse le 9 août 2026.
  • La décision fait suite à l’absence de « perspectives de redressement » et à un passif estimé à 105 millions d’euros.
  • L’établissement employait 270 salariés, dont le sort dépend désormais des mesures de reclassement ou de licenciement.
  • La seconde usine du groupe, située à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), n’est pas concernée par cette décision pour l’instant.

La liquidation judiciaire, actée par le tribunal toulousain, intervient après plusieurs mois de tensions financières pour Fibre Excellence Provence. La société, spécialisée dans la production de pâte à papier, n’a pu présenter de plan viable permettant d’envisager une reprise ou une restructuration. « La situation est irrémédiablement compromise, sans perspective de redressement », a souligné le tribunal dans son communiqué, confirmant ainsi l’échec des négociations avec d’éventuels investisseurs ou repreneurs. Selon BFM Business, aucun calendrier précis n’a été communiqué concernant la fermeture effective des activités ou les modalités de licenciement des salariés.

Côté Saint-Gaudens, où se trouve la seconde usine du groupe, aucune décision n’a encore été rendue par la justice. Cette incertitude pèse sur les 270 emplois directs de Tarascon, mais aussi sur les sous-traitants et les acteurs économiques locaux dépendants de l’activité du site. Fibre Excellence Provence, filiale d’un groupe plus large spécialisé dans la pâte à papier, n’a pas été en mesure de dégager des marges suffisantes pour couvrir ses dettes, malgré les efforts engagés pour rationaliser ses coûts ou diversifier ses débouchés. « Nous avons livré les objectifs figurant dans la feuille de route », avait pourtant défendu récemment le patron de l’entreprise, mis en cause pour sa gestion.

Un secteur en crise et des perspectives floues

Cette liquidation s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés pour l’industrie papetière en Europe, confrontée à la concurrence internationale et à la baisse des volumes de consommation. Les usines françaises, en particulier, subissent la hausse des coûts énergétiques et la pression des importations à bas prix. À Tarascon, la fermeture du site pourrait avoir des répercussions sur l’emploi local, déjà fragilisé dans la région. Aucun repreneur n’a pour l’heure manifesté son intention de reprendre l’activité, malgré les annonces répétées de relances industrielles dans certains secteurs.

Pour les salariés, la procédure de liquidation judiciaire ouvre une période d’incertitude. En France, les licenciements économiques sont encadrés par le Code du travail, mais leur mise en œuvre dépendra des actifs disponibles et des éventuelles offres de reprise partielles. Les représentants du personnel et les syndicats devraient être associés aux négociations avec l’administrateur judiciaire, chargé de superviser la liquidation. Selon les règles en vigueur, les créanciers seront également consultés pour valider le plan de répartition des fonds issus de la vente des actifs résiduels.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour connaître le sort réservé aux 270 salariés de l’usine. Un administrateur judiciaire devrait être désigné rapidement pour organiser la liquidation des actifs et, le cas échéant, proposer un plan de cession partielle. La décision concernant l’usine de Saint-Gaudens, attendue dans les prochains mois, pourrait elle aussi influencer la stratégie globale du groupe. D’ici là, les autorités locales et les services de l’État pourraient être amenés à proposer des mesures d’accompagnement pour les travailleurs concernés, notamment via des dispositifs de formation ou de reconversion.

Cette affaire rappelle les défis auxquels font face les industries traditionnelles face à la transition économique. Sans reprise rapide ou soutien public, la liquidation pourrait sceller la fin d’une activité historique dans la région, laissant derrière elle un vide industriel difficile à combler. Les syndicats et les élus locaux devraient multiplier les pressions pour tenter d’obtenir des garanties, tandis que le groupe Fibre Excellence devra, lui, solder une dette devenue ingérable.

Reste à savoir si d’autres acteurs du secteur papetier, confrontés à des difficultés similaires, suivront le même chemin dans les mois à venir. Pour l’heure, la liquidation de Tarascon marque un tournant, mais son impact réel dépendra de la rapidité avec laquelle les solutions alternatives seront proposées.

Le tribunal de commerce de Toulouse n’a pas encore statué sur le sort de l’usine de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Aucune date n’a été fixée pour une audience concernant ce site, qui emploie également des salariés du groupe Fibre Excellence. La décision pourrait intervenir dans les prochains mois, selon les informations transmises par BFM Business.

En cas de liquidation judiciaire, les salariés bénéficient de protections spécifiques, notamment en matière de licenciement économique. Ils ont droit à des indemnités de licenciement, à un accompagnement personnalisé via Pôle Emploi ou des dispositifs de reclassement, et à une priorité de réembauche si un repreneur se manifeste dans les six mois suivant la liquidation. Les créances salariales sont généralement couvertes par l’AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés).