Le bureau américain des brevets et des marques (USPTO) a révoqué, le 1er avril 2026, un brevet déposé par Nintendo concernant la mécanique d’invocation d’un compagnon pouvant combattre à la place des joueurs. Selon Numerama, cette décision repose sur l’absence de nouveauté suffisante de l’invention revendiquée, des similarités étant déjà présentes dans des brevets antérieurs, y compris ceux de Nintendo lui-même.

Ce qu'il faut retenir

  • L’USPTO a révoqué le brevet américain de Nintendo sur l’invocation de compagnons, estimant qu’il n’était pas suffisamment innovant
  • La décision s’appuie sur des références antérieures, dont des brevets de Nintendo, Konami et Bandai Namco
  • Nintendo dispose de deux mois pour répondre à cette révocation, une échéance critique pour l’éditeur
  • Ce brevet, déposé en septembre 2025, visait à protéger des mécaniques utilisées notamment dans Pokémon et Pikmin
  • L’USPTO a rejeté les 26 revendications du brevet, une première étape dans une procédure qui pourrait s’étendre

Un brevet controversé depuis son dépôt

En septembre 2025, Nintendo avait obtenu un brevet américain couvrant une mécanique permettant d’invoquer un personnage secondaire, puis de le faire combattre selon deux modes : automatique ou contrôlé par le joueur. Selon Numerama, cette fonctionnalité était notamment destinée à des licences comme Pokémon, où les dresseurs font combattre des créatures à leurs côtés. Pourtant, dès novembre 2025, certains observateurs japonais avaient qualifié la réévaluation de ce brevet d’« extrêmement rare », une procédure exceptionnelle ayant été engagée par l’USPTO.

La décision rendue le 1er avril 2026 marque un tournant. Après réexamen, l’USPTO a conclu que les 26 revendications du brevet n’apportaient pas d’innovation suffisante pour justifier une protection légale. « La mécanique revendiquée n’est pas nouvelle, des solutions similaires existant déjà dans des brevets antérieurs », a précisé un porte-parole de l’Office. Parmi ces références figuraient non seulement des brevets déposés par des concurrents comme Konami ou Bandai Namco, mais aussi des demandes plus anciennes émanant de Nintendo lui-même.

Une stratégie de protection des licences de plus en plus contestée

Cette révocation s’inscrit dans une série de démarches judiciaires et administratives menées par Nintendo pour protéger ses propriétés intellectuelles. L’éditeur japonais avait notamment déposé, en septembre 2025, plusieurs brevets américains visant à couvrir des fonctionnalités de ses jeux phares. Une stratégie qui prend une dimension particulière face à des titres comme Palworld, souvent présenté comme un « Pokémon avec des armes », et accusé par Nintendo de s’inspirer trop librement de ses licences.

Pourtant, cette approche a déjà essuyé des revers. En octobre 2025, le bureau japonais des brevets avait rejeté une autre demande de brevet déposée par Nintendo dans le cadre de ce même conflit, pour des raisons comparables. Ces échecs successifs soulèvent une question : Nintendo va-t-il persister dans cette stratégie de protection agressive, ou ajuster sa méthode face aux refus répétés des offices de brevets ?

Des implications bien au-delà de Pokémon

Le brevet révoqué par l’USPTO concernait une mécanique générique d’invocation de personnages secondaires, applicable à plusieurs franchises de Nintendo. Si Pokémon et Pikmin en étaient les applications les plus évidentes, d’autres jeux pourraient être concernés. Des titres comme Xenoblade Chronicles, où des personnages secondaires accompagnent le héros, ou Fire Emblem, où des unités auxiliaires peuvent combattre, reposent sur des mécanismes similaires.

Cette décision pourrait donc avoir un effet dissuasif sur les autres développeurs souhaitant breveter des mécaniques de jeu jugées trop communes. « L’USPTO envoie un signal clair : les brevets ne peuvent pas couvrir des idées déjà explorées dans l’industrie », a expliqué un expert en propriété intellectuelle interrogé par Numerama. Une clarification qui intervient alors que l’industrie du jeu vidéo voit émerger des titres toujours plus innovants, mais aussi des controverses sur l’originalité des mécaniques employées.

Et maintenant ?

Nintendo dispose de deux mois pour contester la décision de l’USPTO ou apporter des éléments supplémentaires justifiant la nouveauté de son invention. Si l’éditeur ne parvient pas à convaincre l’Office, le brevet sera définitivement révoqué aux États-Unis. Par ailleurs, cette affaire pourrait influencer les décisions des autres offices de brevets, notamment au Japon, où Nintendo a déjà essuyé un échec similaire. L’issue de cette procédure pourrait donc redéfinir la stratégie de protection des licences de Nintendo à l’échelle mondiale.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la propriété intellectuelle dans l’industrie du jeu vidéo. Des titres comme Palworld, qui reprennent des mécaniques et des designs existants tout en y apportant une touche originale, illustrent les défis posés par la protection des créations dans un secteur en constante évolution. Pour Nintendo, l’enjeu est de taille : protéger ses licences sans étouffer l’innovation des autres développeurs.

Enfin, cette décision rappelle l’importance des offices de brevets dans l’équilibre entre protection des innovations et libre concurrence. Leur rôle devient encore plus crucial à l’ère du jeu vidéo indépendant et des expériences hybrides, où les frontières entre inspiration et plagiat sont parfois floues.

L’Office américain des brevets et des marques (USPTO) a estimé que la mécanique d’invocation de compagnons revendiquée par Nintendo n’était pas suffisamment innovante. La décision repose sur des références antérieures, dont des brevets déjà déposés par Nintendo, Konami et Bandai Namco, mettant en évidence des similarités jugées trop importantes.

Nintendo dispose de deux mois pour répondre à la décision de l’USPTO. L’éditeur peut soit contester la révocation en apportant des preuves supplémentaires, soit accepter la décision et adapter sa stratégie de protection des licences. Une issue définitive est donc attendue d’ici juin 2026 au plus tard.