Le président français Emmanuel Macron a qualifié, dimanche 24 mai 2026, l’utilisation par la Russie du missile balistique Orechnik lors de frappes contre l’Ukraine d’une « forme de fuite en avant » de Moscou. Une nouvelle salve de tirs, lancée dans la nuit de samedi à dimanche, a visé selon Paris « des objectifs civils en Ukraine », une accusation rejetée par le ministère russe de la Défense, qui affirme n’avoir ciblé que des installations militaires.
Ce qu'il faut retenir
- Le missile Orechnik, d’une portée intermédiaire et capable de transporter une ogive nucléaire, a été tiré lors de frappes russes contre l’Ukraine dans la nuit du 23 au 24 mai 2026.
- Emmanuel Macron a dénoncé sur X une « fuite en avant » de la Russie, qualifiant ces frappes d’illustration de « l’impasse de sa guerre d’agression ».
- Le Kremlin affirme avoir visé uniquement des cibles militaires, tandis que Kiev et Paris dénoncent des attaques contre des infrastructures civiles.
- Ce missile, dont l’usage a été confirmé par plusieurs observateurs, relance les tensions autour du risque nucléaire dans le conflit ukrainien.
Un missile aux capacités stratégiques
Le missile Orechnik représente une menace majeure en raison de sa double capacité : il est à la fois un projectile de portée intermédiaire, susceptible d’atteindre des objectifs à plusieurs centaines de kilomètres, et un vecteur potentiel d’ogive nucléaire. Selon les informations recueillies par Le Figaro, son utilisation dans le cadre des frappes russes en Ukraine marque une escalade significative dans la guerre, tant sur le plan militaire que symbolique. Ce système d’arme, encore peu documenté avant son déploiement, avait été présenté par Moscou comme une avancée technologique majeure dans son arsenal.
Les frappes de la nuit dernière ont touché plusieurs régions ukrainiennes, provoquant des dégâts matériels et des victimes civiles selon les autorités de Kiev. Le ministère ukrainien de la Défense a évoqué des « attaques délibérées contre des zones résidentielles », une version contestée par Moscou, qui parle de « frappes de précision contre des dépôts d’armement ». Les images diffusées par les médias locaux montrent des bâtiments endommagés et des incendies dans plusieurs villes, dont Kiev, où la fumée des explosions a été visible pendant plusieurs heures.
La réaction française : une condamnation sans ambiguïté
Dans un message publié sur la plateforme X (ex-Twitter), Emmanuel Macron a vivement réagi à l’utilisation de ce missile, soulignant que Moscou « s’enfonce dans une logique d’escalade » et que « l’impasse de sa guerre d’agression » n’a d’autre issue que la défaite stratégique. Le chef de l’État a rappelé, sans détour, que ces tirs illustrent une « fuite en avant » dangereuse pour la stabilité régionale. « La Russie assume pleinement ses responsabilités dans l’aggravation de ce conflit », a-t-il ajouté, sans préciser de mesures concrètes à ce stade.
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de la ligne française, qui soutient fermement Kiev depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Paris a régulièrement condamné les frappes russes contre des civils, notamment lors des vagues de missiles balistiques et de drones qui ont frappé l’Ukraine ces derniers mois. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour sa part, a qualifié les tirs du missile Orechnik de « preuve que Moscou est prête à tout, y compris à utiliser des armes de destruction massive » — une rhétorique qui reflète l’angoisse croissante des autorités ukrainiennes face à l’escalade militaire.
Des versions contradictoires sur les cibles visées
Les divergences entre Moscou et Kiev — relayées par les capitales occidentales — portent moins sur l’utilisation du missile lui-même que sur la nature des cibles attaquées. Selon le ministère russe de la Défense, les frappes de la nuit dernière ont « neutralisé des postes de commandement, des entrepôts de munitions et des infrastructures logistiques » de l’armée ukrainienne. Ces affirmations, difficiles à vérifier de manière indépendante, contrastent avec les rapports des ONG et des médias locaux, qui documentent des dégâts dans des zones civiles.
Un responsable occidental, cité par Le Figaro, a indiqué sous couvert d’anonymat que « plusieurs rapports préliminaires » suggéraient que des missiles Orechnik avaient été tirés en direction de zones résidentielles à Dnipro et Zaporijjia. « Les services de renseignement occidentaux suivent de près l’évolution de ces frappes, car l’emploi de ce type d’arme pourrait indiquer une volonté de Moscou de tester les réactions de l’OTAN », a-t-il précisé. Pour l’instant, l’Alliance atlantique n’a pas réagi officiellement à ces événements, se contentant de réaffirmer son « soutien indéfectible à l’Ukraine ».
Sur le terrain, les observateurs s’attendent à de nouvelles frappes dans les prochains jours, alors que les forces russes tentent de progresser dans la région de Donetsk. L’enjeu, désormais, est double : éviter une escalade nucléaire tout en maintenant une pression militaire suffisante pour contraindre Moscou à négocier — un équilibre que même les capitales occidentales peinent à définir clairement.
Le missile Orechnik est un projectile de portée intermédiaire, estimée entre 500 et 1 000 kilomètres selon les sources. Il est conçu pour emporter une ogive conventionnelle ou nucléaire, ce qui en fait une arme à double usage. Son déploiement en Ukraine marque une escalade technologique dans le conflit, car il dépasse les capacités des missiles déjà utilisés par Moscou jusqu’ici.