Le président français Emmanuel Macron a reçu ce lundi 9 juillet 2026 au palais de l'Élysée le sultan d'Oman, Haïtham ben Tariq, pour des discussions centrées sur le renforcement des liens économiques et stratégiques entre la France et le sultanat. Une rencontre marquée par l'annonce d'une volonté commune d'établir « un partenariat très spécial », selon les propos tenus par le chef de l'État français.
Ce qu'il faut retenir
- Emmanuel Macron et le sultan d'Oman Haïtham ben Tariq se sont entretenus à l'Élysée le 9 juillet 2026 pour évoquer les relations bilatérales.
- Le président français a insisté sur la volonté de construire « un partenariat très spécial » entre les deux pays, selon BMF - International.
- Cette visite s'inscrit dans le cadre des efforts français pour renforcer son influence au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d'Ormuz.
- Un navire français a récemment traversé le détroit d'Ormuz, illustrant l'engagement naval de Paris dans la région.
Une rencontre diplomatique axée sur l'économie et la stabilité régionale
La rencontre entre Emmanuel Macron et le sultan d'Oman intervient dans un contexte géopolitique marqué par les tensions persistantes autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport mondial de pétrole. Selon BMF - International, les deux dirigeants ont abordé les moyens de renforcer la coopération économique, sécuritaire et énergétique, alors que la France cherche à consolider sa présence dans une zone où elle joue déjà un rôle naval actif.
Le sultan Haïtham ben Tariq, au pouvoir depuis 2020, a succédé à son cousin Qabous ben Said, décédé après un demi-siècle de règne. Sous sa direction, Oman poursuit une politique de neutralité et de médiation dans les conflits régionaux, tout en développant des partenariats avec les puissances internationales. La visite du sultan en France s'inscrit dans cette dynamique, avec l'objectif affiché de diversifier les alliances économiques du sultanat.
Le détroit d'Ormuz, un enjeu majeur pour Paris
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite près d'un tiers du trafic mondial de pétrole, reste un point de tension récurrent au Moyen-Orient. La France, qui dispose d'une base militaire permanente à Djibouti et déploie régulièrement des navires dans la région, a réaffirmé son engagement à garantir la liberté de navigation dans cette zone. Un récent passage d'un navire français, évoqué par BMF - International, illustre cette posture.
Les discussions entre Macron et le sultan d'Oman pourraient donc porter sur des mécanismes de coordination pour sécuriser cette route maritime, notamment face aux risques de blocages ou d'attaques. Oman, qui contrôle l'accès est du détroit, joue un rôle clé dans la stabilité de cette zone, et Paris souhaite renforcer cette collaboration.
« Nous voulons clairement établir avec vous un partenariat très spécial. »
Emmanuel Macron, lors de son entretien avec le sultan d'Oman
Un partenariat économique en construction
Si les questions sécuritaires ont occupé une place centrale, les échanges économiques ont également été au cœur des discussions. La France et Oman entretiennent des relations commerciales modestes mais en croissance, principalement dans les secteurs de l'énergie, des infrastructures et du tourisme. Selon des données du ministère français de l'Économie, les échanges bilatéraux ont atteint 1,2 milliard d'euros en 2025, en hausse de 8 % par rapport à l'année précédente.
Le sultanat, qui mise sur la diversification de son économie pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures, pourrait trouver en la France un partenaire pour développer des projets dans les énergies renouvelables ou les technologies vertes. Paris, de son côté, cherche à étendre son influence dans une région où elle est traditionnellement moins présente que d'autres puissances européennes ou asiatiques.
Un symbole de la stratégie française au Moyen-Orient
Cette visite du sultan d'Oman s'inscrit dans une série de déplacements diplomatiques français visant à renforcer les liens avec les pays du Golfe et du Moyen-Orient. Emmanuel Macron s'est rendu à plusieurs reprises en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar ces dernières années, cherchant à repositionner la France comme un acteur incontournable dans une région où elle a été éclipsée par d'autres puissances ces dernières décennies.
Oman, avec sa politique de non-alignement et son rôle de médiateur dans les conflits régionaux, représente un partenaire idéal pour Paris. La France, qui a déjà signé des accords de coopération militaire avec plusieurs pays du Golfe, pourrait ainsi étendre cette dynamique à Oman, tout en explorant de nouveaux champs de collaboration économique.
Reste à voir si cette volonté affichée de partenariat « très spécial » se traduira par des actes concrets, dans un contexte où les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient restent fragiles. Une chose est sûre : la France compte bien jouer un rôle accru dans une région où chaque acteur cherche à sécuriser ses intérêts.
Selon les informations rapportées par BMF - International, les discussions ont porté sur plusieurs secteurs clés : l'énergie (notamment les énergies renouvelables), les infrastructures, le tourisme et les technologies vertes. Les deux pays envisageraient également des collaborations dans le domaine de la défense, bien que rien ne soit encore officialisé.