Emmanuel Macron et Giorgia Meloni se retrouvent aujourd’hui et demain à Antibes, dans les Alpes-Maritimes, pour le premier sommet bilatéral franco-italien depuis 2020. Cette rencontre intervient près de six ans après la signature, en novembre 2021, d’un traité de coopération renforcée entre les deux pays, rappelle France 24. Pourtant, malgré ce cadre formel, les échanges au plus haut niveau s’étaient progressivement espacés, faute de format dédié et d’une actualité géopolitique suffisamment pressante pour justifier une réunion d’envergure.
Ce qu'il faut retenir
- Premier sommet franco-italien depuis 2020, alors qu’un traité de coopération avait été signé en 2021.
- Les discussions porteront sur la défense, l’énergie et les grands enjeux européens.
- Les deux pays sont dirigés par des gouvernements aux sensibilités politiques opposées.
- Cette rencontre vise à « remettre à plat » les relations bilatérales après plusieurs années de dialogue en demi-teinte.
- Une série de discussions approfondies est prévue dans les mois à venir.
L’organisation de ce sommet à Antibes, ville symbolique des échanges méditerranéens, n’est pas anodine. Les deux dirigeants devraient évoquer les défis communs liés à la sécurité en Méditerranée, notamment après les tensions récentes en mer Égée, explique France 24. La question migratoire, récurrente dans les relations entre Rome et Paris, sera également au cœur des échanges, alors que l’Italie continue de subir une pression migratoire importante en provenance d’Afrique du Nord.
Côté énergie, les deux pays pourraient aborder la question de la transition vers les énergies renouvelables, mais aussi la dépendance aux approvisionnements russes, un dossier sensible depuis l’invasion de l’Ukraine. L’Italie, très dépendante du gaz russe avant la guerre, a depuis diversifié ses sources, tandis que la France mise davantage sur le nucléaire. Cette divergence stratégique pourrait donner lieu à des discussions serrées, selon les observateurs.
« Cette rencontre est l’occasion de clarifier les positions respectives et de trouver des terrains d’entente, notamment sur les questions énergétiques où les intérêts divergent parfois. »
— Ali Laïdi, spécialiste en intelligence économique, cité par France 24
Les relations franco-italiennes, traditionnellement marquées par des tensions récurrentes, se sont récemment apaisées sous l’effet des pressions géopolitiques. En 2023, les deux pays avaient coopéré dans le cadre de l’initiative européenne pour l’énergie, mais les divergences politiques — avec un gouvernement français de centre et un exécutif italien d’extrême droite — avaient parfois freiné les avancées. Ce sommet pourrait donc servir de catalyseur pour relancer une dynamique bilatérale jugée essentielle dans un contexte européen et international instable.
Pour l’heure, les attentes sont mesurées. Ni Paris ni Rome n’ont évoqué d’avancées spectaculaires, mais l’enjeu est surtout de rétablir un dialogue de confiance. Les observateurs s’interrogent notamment sur la capacité des deux dirigeants à transcender leurs différences idéologiques — un défi d’autant plus complexe que Meloni et Macron incarnent des visions opposées de l’Europe, entre souveraineté nationale et fédéralisme.
Une chose est sûre : ce sommet intervient à un moment où l’Union européenne cherche à retrouver une cohésion perdue, alors que les divisions entre États membres s’accentuent sur des sujets comme la défense, le climat ou la dette. La France et l’Italie, deux puissances majeures du Sud de l’Europe, pourraient jouer un rôle clé dans cette recherche de compromis.
Les deux pays ont signé en novembre 2021 un « traité de coopération renforcée », visant à approfondir leur collaboration dans des domaines comme la défense, l’énergie, les transports et la recherche. Ce texte prévoyait notamment la création d’un « Conseil franco-italien de coopération » pour suivre sa mise en œuvre.