Le gouvernement malgache a officiellement acté la revalorisation des grilles salariales dans le secteur privé non agricole, selon RFI. Par décret publié fin juin 2026, l’exécutif fixe un nouveau salaire minimum à l’embauche à 300 000 ariary, soit une somme équivalente à environ 60 euros. Cette mesure, appliquée de manière rétroactive depuis le 1er mars 2026, impose aux employeurs de régulariser les quatre mois de salaires impayés pour leurs salariés concernés.

Ce qu'il faut retenir

  • Le nouveau salaire minimum à l’embauche atteint 300 000 ariary (environ 60 euros) dans le secteur non agricole.
  • La mesure est effective depuis le 1er mars 2026 et inclut le versement de quatre mois d’arriérés.
  • Les syndicats attendaient cette revalorisation depuis plusieurs mois.
  • Certains acteurs sociaux jugent déjà l’augmentation insuffisante pour répondre à la hausse du coût de la vie.

Une hausse salariale saluée par les syndicats, mais jugée insuffisante

Depuis des mois, les organisations syndicales de Madagascar réclamaient une revalorisation urgente du salaire minimum. Selon RFI, cette augmentation est perçue comme une avancée significative par une partie des salariés, qui peinent à couvrir leurs besoins essentiels. « Cette mesure est un premier pas vers une reconnaissance de la valeur du travail, mais elle reste en deçà des attentes », a déclaré un représentant d’une confédération syndicale, cité par RFI. La hausse de 300 000 ariary est effectivement loin de compenser l’inflation qui frappe l’île ces dernières années.

Un décret appliqué avec effet rétroactif

Le texte publié par le gouvernement malgache s’applique à compter du 1er mars 2026, mais avec un effet rétroactif. Les employeurs sont ainsi tenus de verser aux salariés concernés les salaires non versés sur les quatre derniers mois. Cette décision vise à limiter l’impact négatif sur le pouvoir d’achat des travailleurs, déjà fragilisé par la crise économique persistante. « Les employeurs ont l’obligation légale de se conformer à cette nouvelle grille salariale, sous peine de sanctions », a rappelé un responsable du ministère du Travail, interrogé par RFI.

Un contexte économique toujours tendu

Madagascar traverse une période économique difficile, marquée par une inflation élevée et une dépréciation de l’ariary face aux principales devises étrangères. Malgré les efforts des autorités pour stabiliser le pouvoir d’achat, les ménages restent sous pression. « Cette revalorisation est nécessaire, mais elle ne suffira pas à elle seule à résoudre les défis structurels du pays », a souligné un économiste malgache. La mesure intervient alors que le gouvernement tente de concilier relance économique et justice sociale.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’application effective de cette mesure. Les syndicats pourraient intensifier leurs revendications si les employeurs tardent à régulariser les arriérés. Par ailleurs, une nouvelle révision des grilles salariales pourrait être envisagée d’ici la fin de l’année, en fonction de l’évolution du contexte économique. Les observateurs attendent notamment des annonces sur les mesures d’accompagnement pour les petites et moyennes entreprises, souvent en difficulté face à ces nouvelles obligations.

Reste à voir si cette augmentation, bien que modeste, permettra d’améliorer durablement les conditions de vie des travailleurs malgaches.

Le nouveau salaire minimum de 300 000 ariary s’applique uniquement au secteur privé non agricole. Les autres secteurs, comme l’agriculture ou l’administration, disposent de leurs propres grilles salariales, qui n’ont pas été modifiées par ce décret.