Une série de pathologies graves touchant d’anciens et actuels enseignants d’un lycée de Limoges suscite une enquête de la région Nouvelle-Aquitaine. Franceinfo - Santé révèle que des investigations vont débuter dès la semaine prochaine pour tenter d’établir un éventuel lien entre ces cas et l’environnement professionnel des victimes.
Ce qu'il faut retenir
- Un enseignant retraité est décédé d’une leucémie foudroyante après avoir travaillé dans un lycée de Limoges.
- Cinq ou six anciens collègues ayant exercé dans le même établissement souffrent de pathologies similaires ou de cancers.
- L’atelier concerné, dédié aux sciences et technologies industrielles, a été fermé par précaution depuis trois semaines.
- Des experts mandatés par la région Nouvelle-Aquitaine vont analyser les locaux, les produits utilisés et l’air ambiant.
- Tous les personnels actuels et anciens de la filière ont été contactés pour un suivi médical et un accompagnement psychologique.
Un enseignant retraité décédé, d’autres cas inquiétants
Quelques semaines avant le déclenchement des investigations, un enseignant à la retraite est décédé des suites d’une leucémie foudroyante. Selon les informations recueillies par Franceinfo - Santé, cinq ou six de ses anciens collègues, ayant tous travaillé dans le même lycée de Limoges, présentent des pathologies comparables ou des cancers. Ces cas, regroupés dans un même établissement, ont alerté les autorités locales et la région Nouvelle-Aquitaine, chargée de la gestion des lycées.
L’atelier concerné, spécialisé dans les sciences et technologies industrielles, a été fermé par mesure de précaution dès le 22 mai dernier. Cette décision vise à éviter toute exposition supplémentaire en attendant les résultats des analyses. Les épreuves du baccalauréat prévues dans cet espace ont été déplacées dans une autre partie du lycée.
Des investigations pour identifier d’éventuelles causes
La région Nouvelle-Aquitaine a mandaté une société spécialisée pour mener des investigations approfondies. Ces experts auront pour mission d’examiner les locaux, les produits utilisés, ainsi que la qualité de l’air et de l’environnement immédiat. Deux inspecteurs de la santé et de la sécurité au travail de l’Éducation nationale les assisteront pour retracer l’historique des produits et des machines employés dans cet atelier, dont les locaux datent des années 1970.
Le rectorat de l’académie suit également le dossier de près. « À ce stade, aucun lien clair n’a été établi entre ces maladies et l’établissement », a précisé un responsable du rectorat. La chef d’établissement a tout de même décidé de maintenir la fermeture de l’atelier jusqu’à nouvel ordre, par mesure de précaution.
Un suivi médical et psychologique proposé aux personnels concernés
Tous les enseignants actuels et anciens ayant travaillé dans la filière sciences et technologies industrielles ont été contactés par le rectorat. Ceux-ci se sont vu proposer un suivi médical complet, ainsi qu’un accompagnement psychologique. « Nous voulons nous assurer que tous ceux qui ont été exposés puissent bénéficier d’un suivi adapté », a indiqué un porte-parole de la région.
Les autorités espèrent obtenir des réponses avant la rentrée scolaire 2026. Si aucune cause n’a encore été identifiée, l’hypothèse d’une exposition à des substances dangereuses dans l’atelier est privilégiée. Les résultats des analyses devraient permettre d’éclairer cette situation préoccupante.
Si les analyses révèlent une exposition à des substances toxiques, des mesures correctives pourraient être mises en place rapidement. En attendant, la priorité reste la santé des personnels concernés, avec un suivi médical renforcé et un accompagnement psychologique proposé à tous.
Le lycée concerné est le lycée Raoul Dautry, situé à Limoges en Haute-Vienne.
Au moins cinq ou six anciens enseignants, ainsi qu’un enseignant retraité décédé, sont concernés par des pathologies similaires ou des cancers.