Une vague d’attaques simultanées a visé, samedi 4 juillet 2026, plusieurs positions stratégiques de l’armée malienne. Selon Libération, les insurgés ont lancé des assauts coordonnés contre des bases situées dans le centre et le nord du pays, plongeant le Mali dans une nouvelle spirale de violences. Quarante-huit heures après ces attaques, la base militaire d’Anéfis, dans la région de Mopti, reste encerclée et sous le feu nourri des assaillants.
Ce qu'il faut retenir
- Des attaques simultanées menées samedi 4 juillet 2026 contre plusieurs bases militaires maliennes
- La base d’Anéfis, toujours assiégée et bombardée deux jours après les combats
- Des groupes jihadistes et indépendantistes évoqués comme auteurs des offensives
- Un regain de tensions dans un contexte sécuritaire déjà dégradé au Mali
Une offensive coordonnée contre les forces armées
Les attaques ont ciblé des installations militaires à travers plusieurs régions du Mali, selon des informations rapportées par Libération. Les assaillants ont utilisé des tactiques de guérilla, combinant embuscades, tirs d’artillerie et attaques au sol. Parmi les sites touchés figurent des garnisons secondaires, des postes avancés et des axes logistiques clés. Les autorités maliennes n’ont pas encore communiqué de bilan humain ou matériel précis, mais les combats se poursuivent dans plusieurs zones, notamment autour de la base d’Anéfis.
Cette offensive survient alors que le Mali fait face à une insécurité persistante depuis plusieurs années, alimentée par des groupes armés jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique, ainsi que par des mouvements indépendantistes touaregs. Les tensions se concentrent particulièrement dans les régions du centre, du nord et de l’est, où l’État peine à maintenir son contrôle territorial.
Anéfis, épicentre des combats en cours
Deux jours après l’assaut initial, la base d’Anéfis, située dans la région de Mopti, reste sous le feu des insurgés. Les assaillants, dont les effectifs et l’armement ne sont pas précisés, maintiennent un blocus autour du site, empêchant toute sortie ou ravitaillement des troupes maliennes. Selon des sources militaires locales citées par Libération, des combats intenses ont eu lieu dans la journée de dimanche, avec des tirs d’artillerie et des échanges de coups de feu à proximité immédiate des bâtiments.
Les autorités n’ont pas confirmé si des renforts ont été envoyés sur place, mais des mouvements de troupes sont signalés dans la zone. La situation humanitaire, déjà fragile dans la région, pourrait se dégrader rapidement si le siège se prolonge. Les habitants d’Anéfis, coupés du reste du pays, sont privés d’accès à l’eau, aux soins et à la nourriture, selon des témoignages recueillis par des ONG locales.
L’implication des groupes armés sous le feu des questions
Bien que les autorités maliennes n’aient pas officiellement attribué les attaques à un groupe précis, plusieurs observateurs évoquent la participation de factions jihadistes liées à l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) ou à l’Alliance pour le salut au Sahel (ASS). Ces organisations, actives dans la région depuis des années, ont multiplié les offensives contre les forces de sécurité ces derniers mois. Des sources sécuritaires locales, contactées par Libération, indiquent également la présence de combattants indépendantistes touaregs parmi les assaillants, bien que leur rôle exact reste à préciser.
« Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à déstabiliser davantage le Mali et à affaiblir les forces de défense et de sécurité », a déclaré un analyste politique spécialisé dans la région, sous couvert d’anonymat. Cette offensive coïncide avec le retrait progressif des forces françaises de Barkhane et la montée en puissance des groupes armés, profitant des faiblesses structurelles de l’État malien.
Pour l’heure, les autorités maliennes appellent à la retenue et promettent une riposte « proportionnée ». Reste à savoir si cette réponse suffira à contenir la menace, dans un pays où l’insécurité s’est généralisée ces dernières années.