L’escrimeuse française Manon Apithy, triple médaillée olympique et championne olympique au sabre lors des Jeux de Paris en 2024, publie ces jours-ci un ouvrage intitulé « L’or de la vie : Dépasser mes peurs et mes limites » aux éditions Robert Laffont. Selon Franceinfo - Sport, cet ouvrage ne retrace pas uniquement son parcours vers l’or olympique, mais met en lumière les défis psychologiques, les doutes et les remises en question qui ont jalonné sa carrière. Le livre, paru le 13 mai 2026, s’adresse autant aux sportifs de haut niveau qu’au grand public, en insistant sur l’importance de la santé mentale et de l’acceptation des fragilités humaines.
Ce qu’il faut retenir
- Manon Apithy devient championne olympique au sabre le 29 juillet 2024, une première pour la France dans cette discipline.
- Son livre, publié le 13 mai 2026, aborde des thèmes comme la santé mentale, les échecs et la résilience, loin des récits traditionnels de victoire.
- Elle souligne l’importance de normaliser les discussions autour des faiblesses, citant des athlètes comme Teddy Riner, qui ont partagé leur travail sur le mental.
- Apithy évoque son enfance à Rillieux-la-Pape, sa timidité surmontée grâce au masque de l’escrime, et son parcours féministe pour l’égalité dans le sport.
- Mère depuis 2025, elle défend l’idée qu’être sportive de haut niveau et parent n’est pas incompatible.
Un parcours jalonné de défis et de victoires
Manon Apithy a marqué l’histoire de l’escrime française en remportant l’or olympique au sabre le 29 juillet 2024, une première pour la France dans cette discipline. Championne du monde par équipe, championne d’Europe et ancienne numéro un mondiale, elle incarne l’excellence sportive. Pourtant, derrière cette médaille se cachent des années de blessures, de doutes et de choix difficiles, comme le révèle son livre « L’or de la vie ». Selon Franceinfo - Sport, l’ouvrage publié le 13 mai 2026 ne se limite pas à célébrer une victoire, mais explore ce que signifie « transformer ses faiblesses en forces ». Elle y décrit notamment comment elle a surmonté ses blessures et ses échecs pour atteindre son objectif.
Ce qui distingue son récit, c’est l’accent mis sur la santé mentale, un sujet longtemps tabou dans le sport de haut niveau. « Avant, c’était un sujet tabou », explique-t-elle dans les colonnes de Franceinfo. Apithy précise que le mental est ce qui lui a permis de continuer à s’entraîner et à concourir, malgré les pressions et les échecs. Elle insiste sur l’importance d’accepter ses fragilités : « À partir du moment où on comprend qu’on n’est pas infaillible, on comprend qu’on peut avoir des moments où ça ne va pas et qu’on est prêt à se faire aider. »
La santé mentale, un enjeu clé du sport moderne
Manon Apithy milite pour une meilleure reconnaissance de la santé mentale dans le sport, un domaine où les tabous persistent encore. « Je voulais vraiment dire que tout le monde est humain », déclare-t-elle. Elle cite en exemple des athlètes comme Teddy Riner, qui a osé parler de son travail avec une psychologue depuis l’âge de 14 ans. « Quand on a un monstre comme lui, qui dit à tout le monde qu’il travaille avec une psychologue, ça montre à tous les Français qu’on est humain et qu’on a des failles. » Pour Apithy, reconnaître ses limites n’est pas un aveu de faiblesse, mais une étape nécessaire pour progresser. Elle encourage chacun à « apprendre à se connaître » et à faire des choix pour son bien-être, même si cela implique de « rater » avant de réussir.
Son message s’adresse aussi bien aux jeunes sportifs qu’aux adultes. « Ce n’est pas parce que vous voyez un Teddy Riner, qui arrive sur un tatami, qui a l’air invincible, qu’il n’est pas tombé. Au contraire », rappelle-t-elle. Elle ajoute que le stress et le doute font partie du parcours de tout athlète, et que les accepter permet de mieux rebondir. « Faites vos choix pour vous, pour être heureux et allez au bout, parce que, même si on rate, on apprend tellement de choses que ça fait du bien. »
Une enfance et une carrière façonnées par l’escrime
Née à Rillieux-la-Pape, en banlieue lyonnaise, Manon Apithy a découvert l’escrime à l’âge de 8 ans, après avoir pratiqué plusieurs sports. Comme elle l’explique à Franceinfo, le masque et la tenue blanche lui ont offert une forme de protection : « J’étais très timide et le fait de pouvoir mettre un masque, d’être un peu déguisée avec cette tenue blanche, je me suis sentie un petit peu protégée. » Derrière ce déguisement, elle a trouvé la liberté d’être elle-même. « Je me suis dit qu’avec ça, je pouvais être un super-héros, je pouvais être qui je voulais. » Cette discipline est devenue bien plus qu’un sport : un outil pour se construire.
Son parcours est aussi marqué par une sensibilité féministe. Petite, elle a été confrontée aux inégalités entre filles et garçons dans le sport. « J’ai détesté, quand j’étais petite, qu’à la fin des compétitions, les filles aient une plus petite coupe que les garçons », raconte-t-elle. Une fois, lors d’une compétition régionale, elle a été écartée des tableaux principaux alors qu’elle figurait parmi les meilleures, simplement parce qu’elle était une fille. Cette expérience l’a poussée à toujours s’entraîner avec des garçons, une habitude qu’elle a conservée jusqu’à la préparation des Jeux olympiques de Paris, où elle s’entraînait notamment avec son mari et d’autres escrimeurs masculins. « J’aime ça, ça me stimule beaucoup », confie-t-elle.
Maternité et haut niveau : un équilibre possible
En 2025, Manon Apithy est devenue mère, une étape qui a renforcé sa détermination à montrer qu’être sportive de haut niveau et parent n’est pas incompatible. Elle explique que voir des escrimeuses devenir mères et revenir au plus haut niveau l’a aidée à envisager cette possibilité pour elle-même. « Le fait d’avoir vu des escrimeuses devenir maman, revenir gagner, je me suis juste dit que je pouvais aussi le faire et j’avais envie de le faire », déclare-t-elle. Dans son livre, elle aborde cette période charnière de sa vie, soulignant que la maternité n’a pas ralenti sa carrière, mais l’a au contraire motivée davantage.
Elle partage aussi une anecdote marquante : lorsque son fils lira un jour « L’or de la vie », elle espère qu’il en retirera une leçon simple et universelle. « Va où tu veux aller, sois toi et fais ce que tu as envie de faire », confie-t-elle. Cette phrase résume sa philosophie : poursuivre ses rêves sans se laisser enfermer par les attentes ou les normes sociales. Pour elle, la réussite ne se mesure pas seulement aux médailles, mais à la capacité à rester fidèle à soi-même.
Avec « L’or de la vie », Manon Apithy offre bien plus qu’un récit sportif. Elle propose une réflexion sur ce que signifie être humain, au-delà des performances. Son parcours, jalonné de doutes et de victoires, rappelle que derrière chaque champion se cache une personne, avec ses failles et ses espoirs. Un message qui dépasse le cadre de l’escrime pour toucher quiconque a déjà rêvé de dépasser ses limites.
Elle explique que le sujet était tabou dans le sport de haut niveau et qu’elle a souhaité montrer que les athlètes, malgré leur excellence, sont aussi confrontés à des doutes et à des échecs. En partageant son expérience, elle espère normaliser ces discussions et encourager les sportifs à chercher de l’aide sans crainte.