Selon Franceinfo - Politique, le député du Loiret et porte-parole du groupe Rassemblement National (RN) à l’Assemblée nationale, Thomas Ménagé, a réitéré le 30 juin 2026, lors de son passage dans l’émission « Les 4 V » sur France 2, son opposition à MaPrimeRénov’ et son souhait de la remplacer par un système de prêts à taux zéro pour financer les rénovations énergétiques. Il a également défendu un plan de climatisation massif des bâtiments publics, estimant que la gestion de la canicule historique ayant frappé la France en juin 2026 avait reposé principalement sur les soignants et non sur l’État.

Ce qu’il faut retenir

  • 350 000 rénovations globales seulement ont été réalisées via MaPrimeRénov’ depuis son lancement, selon les chiffres cités par Thomas Ménagé.
  • Le RN propose de supprimer MaPrimeRénov’, jugée inefficace, et de la remplacer par un système de prêts à taux zéro pour les particuliers, remboursables via les économies d’énergie générées.
  • Un plan de climatisation des bâtiments publics est proposé, avec un budget de 10 milliards d’euros par an pendant cinq ans, entièrement financé par l’État.
  • Thomas Ménagé a critiqué la RE 2020, accusée d’empêcher la climatisation des nouveaux bâtiments publics et privés.
  • Le RN estime que 150 milliards d’euros sont nécessaires pour rénover l’ensemble des bâtiments en France, un montant jugé inaccessible sans un changement de méthode.

Une canicule historique révélatrice des failles de l’État

Lors de son intervention, Thomas Ménagé a souligné que la France avait traversé une canicule d’une intensité « historique », entraînant plus de 1 000 morts supplémentaires, selon un bilan provisoire. Pour lui, la gestion de cet épisode climatique a révélé une impréparation globale de l’État, malgré l’engagement des soignants et des agents publics. « Globalement, on pourrait s’attendre à pire. Mais malgré tout, c’est grâce aux personnels soignants, pas grâce à l’État », a-t-il déclaré. Il a cité des exemples concrets comme la fermeture d’écoles ou l’absence de climatisation dans de nombreux hôpitaux, soulignant que ces situations avaient été « compensées par le système D et la débrouille ».

Interrogé sur la responsabilité du gouvernement dans les décès liés à la canicule, Thomas Ménagé a pointé du doigt ceux qui n’avaient pas mis en œuvre les moyens nécessaires pour climatiser les lieux accueillant des personnes vulnérables. Il a également critiqué l’ancienne réglementation RE 2020, mise en place sous Édouard Philippe, qu’il accuse d’avoir empêché la climatisation des nouveaux bâtiments en raison de ses modes de calcul.

Un plan de climatisation des bâtiments publics chiffré à 10 milliards d’euros par an

Pour remédier à cette situation, Thomas Ménagé a présenté un plan de climatisation des bâtiments publics, incluant EHPAD, crèches, écoles et hôpitaux. Ce projet, dont le détail devait être précisé l’après-midi même par Jean-Philippe Tanguy, prévoit un investissement de 2 milliards d’euros par an pendant cinq ans, soit un total de 10 milliards d’euros. Contrairement à une idée reçue, ces fonds ne seraient pas des prêts mais des subventions directes de l’État, évitant ainsi de surcharger les collectivités locales.

« L’État régale », a-t-il lancé, en rappelant que les pertes économiques liées à la canicule, notamment dans le secteur agricole, avaient dépassé de loin l’investissement nécessaire. « 2 milliards d’euros, c’est un investissement » face aux coûts engendrés par l’arrêt de la productivité et des récoltes, a-t-il argumenté. Dans un second temps, un budget similaire serait alloué pour climatiser l’ensemble des autres bâtiments publics.

MaPrimeRénov’ dans le viseur : vers un remplacement par des prêts à taux zéro

Thomas Ménagé a également réaffirmé son opposition à MaPrimeRénov’, qualifiant cette aide de « rénovation merdique » et dénonçant son manque d’efficacité. Selon lui, seulement 350 000 rénovations globales ont été réalisées via ce dispositif, un chiffre bien en deçà des objectifs initiaux. Pour pallier ce constat, le RN propose de supprimer cette subvention et de la remplacer par un système de prêts à taux zéro, baptisé « 100 % Rénov’ ».

Ce nouveau dispositif permettrait aux particuliers de financer leurs travaux de rénovation thermique sans avance de frais, le remboursement s’effectuant via les économies d’énergie générées. « La moitié des économies dans votre poche, l’autre moitié pour rembourser ce prêt à taux zéro », a-t-il expliqué. Il a justifié cette mesure par le manque de moyens de l’État, évoquant le rapport Pisani-Ferry qui estime à 150 milliards d’euros les besoins pour rénover l’ensemble du parc immobilier français. « On n’a pas les moyens » de maintenir le système actuel, a-t-il conclu.

Une proposition qui s’inscrit dans une logique de responsabilité budgétaire

Thomas Ménagé a insisté sur la nécessité de changer de paradigme en matière de financement des rénovations énergétiques. Selon lui, les Français « comprennent que les caisses sont vides » et acceptent l’idée que les économies réalisées sur leurs factures d’énergie servent à rembourser les prêts contractés. « Ce que nous disons aux Français, c’est : la moitié des économies dans votre poche, l’autre moitié pour rembourser ce prêt à taux zéro, qui va vous apporter du confort, du progrès et une meilleure qualité de vie », a-t-il résumé.

Cette proposition s’accompagne d’une critique acerbe de l’action gouvernementale, perçue comme inefficace et désorganisée. Pour le député RN, la canicule de juin 2026 a révélé les limites d’un système où l’État compte sur l’adaptation spontanée des acteurs locaux plutôt que sur une planification centralisée et ambitieuse.

Et maintenant ?

Le RN devrait préciser dans les prochains jours le détail de son plan de climatisation des bâtiments publics, avec un chiffrage euro par euro prévu lors d’une conférence de presse animée par Jean-Philippe Tanguy. Concernant la rénovation énergétique des logements, la suppression de MaPrimeRénov’ et son remplacement par « 100 % Rénov’ » devront être portés au Parlement si le groupe souhaite les faire adopter. Aucune date n’a encore été avancée pour une éventuelle proposition de loi, mais le débat sur l’efficacité des aides à la rénovation énergétique devrait s’intensifier dans les mois à venir.

Face à l’ampleur des besoins, la question du financement restera au cœur des discussions, alors que les effets du changement climatique s’accentuent et que les épisodes de canicule se multiplient. Le gouvernement actuel, déjà sous pression pour ses choix budgétaires, pourrait être contraint de réagir, ne serait-ce que pour répondre aux critiques sur sa gestion des crises sanitaires et environnementales.

MaPrimeRénov’ est une aide publique visant à financer les travaux de rénovation énergétique des logements. Le RN estime qu’elle n’a permis que 350 000 rénovations globales depuis son lancement, un chiffre jugé insuffisant. Le parti propose donc de la remplacer par des prêts à taux zéro, remboursables via les économies d’énergie, jugés plus efficaces et moins coûteux pour l’État.

Le RN propose un investissement de 10 milliards d’euros par an pendant cinq ans, entièrement financé par l’État. Ce plan ciblerait en priorité les EHPAD, crèches, écoles et hôpitaux, avant d’être étendu à l’ensemble des bâtiments publics.