Selon Futura Sciences, une vaste étude américaine révèle que la marche, bien que plébiscitée comme activité physique par les Américains, ne garantit pas à elle seule une condition physique optimale. Réalisée auprès de 396 261 adultes en 2019 et publiée dans la revue PLOS One en avril 2026, cette enquête met en lumière les limites de cette pratique lorsqu’elle est pratiquée sans renforcement musculaire complémentaire.
Ce qu'il faut retenir
- Seul un marcheur américain sur quatre respecte les recommandations en matière d’activité physique, combinant marche et renforcement musculaire.
- Les habitants des zones rurales sont globalement moins actifs que les citadins, en partie à cause d’un accès limité aux infrastructures sportives.
- La marche représente 44,1 % des activités de loisir préférées des adultes américains, qu’ils vivent en ville ou à la campagne.
- Les préférences sportives varient fortement entre zones rurales (jardinage, chasse) et urbaines (course à pied, musculation, vélo).
- Les données de l’étude datent de 2019 et ne reflètent pas les changements de comportement post-pandémie de Covid-19.
Une activité physique populaire, mais insuffisante
Aux États-Unis, la marche s’impose comme l’activité de loisir favorite des adultes, avec 44,1 % de pratiquants réguliers. Ce chiffre, issu d’une analyse de données téléphoniques portant sur 75 types d’exercices possibles, montre que cette pratique transcende les différences géographiques. Pourtant, malgré son accessibilité, la marche ne suffit pas à répondre aux recommandations sanitaires en vigueur. Christiaan Abildso, chercheur à l’université de Virginie-Occidentale et coauteur de l’étude, souligne que « seuls 25 % des marcheurs atteignent simultanément les seuils recommandés pour l’activité aérobique et le renforcement musculaire ».
Les critères à respecter pour être en bonne santé incluent au moins 150 minutes d’exercice modéré par semaine et deux séances de renforcement musculaire. Or, parmi les marcheurs, 22 % ne remplissent aucune de ces conditions. Autant dire que la marche seule ne peut garantir une condition physique complète, même si elle reste un premier pas vers une vie plus active.
Des disparités géographiques marquées
Les habitudes sportives des Américains varient considérablement selon qu’ils vivent en milieu urbain ou rural. Dans les zones rurales, les activités privilégiées sont le jardinage, la chasse, la pêche ou les travaux agricoles. À l’inverse, les citadins optent davantage pour la course à pied, la musculation, le vélo ou la danse. Ces choix reflètent l’influence de l’environnement et des infrastructures disponibles sur les comportements. Les habitants des campagnes affichent en outre des taux d’inactivité globale plus élevés, un phénomène que les auteurs de l’étude attribuent en partie à un accès restreint aux salles de sport, aux pistes cyclables ou aux programmes sportifs organisés.
Cette disparité soulève une question : les recommandations générales en matière d’activité physique tiennent-elles suffisamment compte des réalités locales ? Pour les auteurs, la réponse est clairement non. Ils appellent à une adaptation des politiques de santé publique en fonction des spécificités territoriales, notamment pour promouvoir le renforcement musculaire dans les zones moins équipées.
Pourquoi le renforcement musculaire est indispensable
Si la marche apporte des bénéfices indéniables pour le système cardiovasculaire et la santé mentale, elle ne sollicite pas suffisamment les muscles pour prévenir la perte de masse musculaire, un enjeu crucial avec l’âge. Les chercheurs insistent sur l’importance de combiner endurance et renforcement musculaire, quelle que soit la localisation géographique. En milieu rural, par exemple, intégrer des exercices de musculation à des activités quotidiennes comme le jardinage ou les travaux manuels pourrait constituer une solution pragmatique.
Cette approche hybride permettrait de répondre aux contraintes locales tout en respectant les besoins physiologiques. « Bouger ne suffit pas : encore faut-il bouger de la bonne manière », résume l’équipe de recherche. Une nuance importante alors que les campagnes de santé publique se concentrent souvent sur l’augmentation globale de l’activité physique.
« Les recommandations générales ne tiennent pas assez compte des réalités locales. Encourager la marche demeure pertinent, mais devrait s’accompagner de stratégies complémentaires, en particulier pour le renforcement musculaire. »
Vers des programmes sportifs adaptés à chaque territoire
Cette étude ouvre la voie à des politiques de santé publique plus ciblées. Plutôt que d’imposer des directives uniformes, les institutions pourraient concevoir des programmes adaptés aux spécificités locales. En zone rurale, par exemple, des partenariats avec des agriculteurs ou des associations de jardinage pourraient permettre d’intégrer des exercices de renforcement musculaire à des activités déjà ancrées dans le quotidien.
En milieu urbain, l’accent pourrait être mis sur l’accès à des infrastructures sportives accessibles et abordables. Les auteurs rappellent que l’objectif n’est pas de remplacer la marche, mais de la compléter. Cette approche nuancée pourrait aider à réduire les inégalités en matière de santé et de condition physique entre les territoires.
Reste à voir si les autorités sanitaires américaines, et au-delà, s’empareront de ces recommandations pour repenser leurs campagnes de prévention. Une chose est sûre : l’équation entre activité physique et santé ne se résume pas à un simple comptage de pas.
Selon les directives sanitaires internationales, il est recommandé de pratiquer au moins 150 minutes d’activité aérobique modérée par semaine, combinées à deux séances de renforcement musculaire ciblant l’ensemble des groupes musculaires.
La marche rapide apporte des bénéfices cardiovasculaires, mais elle ne suffit pas à elle seule pour maintenir une condition physique complète. Elle doit être complétée par des exercices de renforcement musculaire pour éviter la perte de masse musculaire et améliorer la posture.