L’Assemblée nationale a enterré jeudi 7 juillet 2026, après près de douze heures de débats, la proposition de loi portée par le groupe UDR d’Éric Ciotti visant à restreindre les mariages entre étrangers en situation irrégulière et des ressortissants français. Selon Le Figaro - Politique, le texte, déjà adopté au Sénat sous l’impulsion du centriste Stéphane Demilly, a été balayé par une stratégie d’obstruction systématique de la gauche, empêchant son examen dans les délais réglementaires. À minuit, les députés UDR se sont regroupés autour de leur président pour dénoncer une « obstruction violente » et une « complicité » du gouvernement avec La France Insoumise.
Ce qu'il faut retenir
- La proposition de loi, déjà votée au Sénat, visait à interdire les mariages d’étrangers en situation irrégulière, un texte porté initialement par le sénateur centriste Stéphane Demilly.
- Le groupe UDR d’Éric Ciotti a tenté pour la deuxième fois de faire adopter ce texte à l’Assemblée nationale.
- La gauche a usé de procédés d’obstruction pendant plus de onze heures, jusqu’à minuit, empêchant l’examen du texte.
- Les députés UDR ont dénoncé la « lâcheté du gouvernement », accusé d’avoir « comploté » avec La France Insoumise.
- Les débats ont été marqués par des lectures de témoignages et des interventions symboliques, qualifiées de « concours d’éloquence » par Le Figaro.
Un texte déjà adopté au Sénat, mais bloqué à l’Assemblée
Initiée par le sénateur centriste Stéphane Demilly, la proposition de loi avait été adoptée en première lecture par la chambre haute le 12 mars 2026. Elle prévoyait notamment d’interdire la célébration de mariages entre une personne en situation irrégulière et un ressortissant français. Le texte s’inscrivait dans un contexte de tensions accrues autour des questions migratoires, alors que plusieurs communes, comme celle de Chessy en Seine-et-Marne, avaient récemment été confrontées à des situations similaires.
De retour à l’Assemblée nationale pour une deuxième lecture, le projet a été présenté par l’UDR, le groupe présidé par Éric Ciotti. Dès le début de la séance, les députés de gauche ont engagé une stratégie d’obstruction, multipliant les prises de parole et les amendements, jusqu’à rendre impossible l’examen du texte avant minuit, heure limite fixée par le règlement.
Des débats marquées par des interventions symboliques et des tensions
Selon Le Figaro - Politique, les députés de gauche ont mis en scène leur opposition en lisant des poèmes, des courriers de personnes concernées ou en citant des prénoms de fiancés étrangers, dans un hémicycle où la climatisation défaillante a ajouté à l’atmosphère tendue. Ces méthodes, qualifiées de « pathétique concours d’éloquence » par le quotidien, ont contribué à prolonger les débats bien au-delà des horaires initialement prévus.
À l’issue de la séance, Éric Ciotti a vivement réagi. « Ce qui est encore plus scandaleux, c’est la passivité, la lâcheté du gouvernement, qui s’est porté complice, toute cette journée, de La France Insoumise », a-t-il déclaré. « Par là même, il a trahi les maires de France », a-t-il ajouté, évoquant les maires confrontés à des situations où des étrangers sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) demandaient à se marier.
« Les saboteurs de la République ont une fois de plus démontré leur mépris pour les institutions et les préoccupations des Français. »
— Éric Ciotti, président du groupe UDR
Un gouvernement accusé de complicité
Le groupe UDR n’a pas seulement critiqué l’opposition de gauche. Il a également pointé du doigt l’attitude du gouvernement, accusé de ne pas avoir joué son rôle pour faire adopter le texte. « La lâcheté du gouvernement est patente », a affirmé Ciotti, soulignant que l’exécutif n’avait pas utilisé les moyens à sa disposition pour contrer l’obstruction parlementaire.
Cette accusation s’inscrit dans un contexte politique déjà tendu, alors que les relations entre la majorité présidentielle et la droite conservatrice restent marquées par des désaccords profonds sur les questions migratoires. Le Rassemblement National, par exemple, a récemment dénoncé à plusieurs reprises l’obligation faite aux maires de célébrer des mariages d’étrangers sous OQTF, comme ce fut le cas à Chessy.
Contexte politique : une gauche unie contre une droite divisée
Cette obstruction parlementaire survient alors que la gauche, malgré ses divisions internes, semble avoir trouvé un terrain d’entente pour s’opposer aux propositions de la droite sur les questions migratoires. Selon les derniers sondages publiés en juin 2026, Jean-Luc Mélenchon progresse dans les intentions de vote, ce qui pourrait renforcer la cohésion des groupes de gauche à l’Assemblée. À l’inverse, la droite, bien que menée par une opposition déterminée, peine à proposer une alternative unifiée sur ces sujets sensibles.
Les prochaines échéances électorales, notamment les municipales de 2026 et les législatives anticipées si elles devaient être convoquées, pourraient rebattre les cartes. En attendant, le débat sur les mariages d’étrangers en situation irrégulière reste un marqueur des tensions persistantes entre les camps politiques.
La proposition de loi a été bloquée par une stratégie d’obstruction systématique menée par les députés de gauche, qui ont multiplié les prises de parole et les amendements pour empêcher son examen avant minuit, heure limite fixée par le règlement de l’Assemblée nationale.
Le texte, porté initialement par le sénateur centriste Stéphane Demilly, visait à interdire la célébration de mariages entre une personne en situation irrégulière et un ressortissant français, déjà adopté au Sénat en mars 2026.