Entre février et avril 2026, la fréquence d’apparition des boules de feu, ou bolides, dans l’atmosphère terrestre a connu une hausse significative. Selon Futura Sciences, qui publie une enquête approfondie ce 16 avril, plus de 8 000 signalements de bolides ont été enregistrés à l’échelle mondiale au mois de mars seul, soit plus du double des moyennes historiques pour cette période.
Ce qu'il faut retenir
- 8 000 signalements de bolides en mars 2026, contre environ 2 500 en février et une moyenne habituelle de 4 000 par trimestre.
- Douze de ces bolides ont été observés par plus de 100 personnes chacun, un niveau exceptionnel.
- Un bolide a traversé le ciel de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Belgique et de la France le 8 mars, laissant un cratère de la taille d’un ballon de foot dans le toit d’une maison allemande.
- Un autre, observé en Ohio (États-Unis) le 17 mars, a libéré une énergie équivalente à 250 tonnes de TNT.
- Deux trajectoires distinctes ont été identifiées : certains bolides provenaient de la zone opposée au Soleil, d’autres du plan de l’écliptique, un phénomène rare.
- La Nasa indique que la période de février à avril correspond à une augmentation naturelle de 10 à 30 % de ces phénomènes, sans cause clairement identifiée.
- Trois météorites ont été retrouvées au sol en moins de dix jours, un rythme inhabituel.
- Aucun risque accru pour la Terre n’est actuellement identifié, selon les agences spatiales.
Une hausse spectaculaire des observations de bolides
En mars 2026, les astronomes et les observatoires du monde entier ont été confrontés à une situation inhabituelle. Selon les données compilées par l’American Meteor Society (AMS), plus de 8 000 signalements de bolides ont été recueillis, dont douze observés par plus de 100 témoins chacun. Ces chiffres contrastent fortement avec les moyennes habituelles : en février 2026, seulement 2 500 signalements avaient été enregistrés, et trois bolides marquants seulement avaient été recensés.
Mike Hankey, responsable du système de signalement des bolides de l’AMS depuis près de quinze ans, a confirmé à Futura Sciences que « la proportion de gros bolides parmi toutes les observations rapportées a explosé ». Cette augmentation brutale a débuté début mars pour cesser aussi rapidement début avril, excluant l’hypothèse d’un simple effet lié à l’intelligence artificielle ou à la multiplication des outils de détection.
Des bolides visibles de jour comme de nuit, avec des impacts au sol
Parmi les événements les plus marquants de ce mois de mars, un bolide a traversé le ciel de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Belgique et de la France le 8 mars vers 19 heures. Ce phénomène a laissé une trace visible sur plus de 300 kilomètres et a même creusé un cratère dans le toit d’une maison en Allemagne. Un autre bolide, observé en plein jour dans l’Ohio (États-Unis) le 17 mars, a produit une explosion équivalente à 250 tonnes de TNT, selon la Nasa. Des signalements similaires sont venus du Texas, de la Californie, du Michigan, de la Géorgie, du Canada et même des îles Caraïbes.
Ces observations ne se limitent pas à de simples traînées lumineuses. Plusieurs témoins ont rapporté avoir entendu des explosions, signe de l’onde de choc générée par ces objets pénétrant l’atmosphère à haute vitesse. Dans 80 % des cas de bolides signalés, des bangs soniques ont été rapportés, un phénomène qui ne se produit que pour les objets les plus massifs ou denses.
Des fragments retrouvés, mais une origine toujours mystérieuse
Autre élément troublant : la récupération de trois météorites en moins de dix jours. D’ordinaire, une dizaine de fragments sont retrouvés chaque année dans le monde. Ces récupérations, combinées à l’analyse des trajectoires, ont permis aux scientifiques d’écarter l’hypothèse d’une origine interstellaire. Les météorites analysées proviennent bien de notre Système solaire.
Mike Hankey a également révélé une découverte inattendue : « Il y avait non pas une, mais deux sources pour ces bolides signalés en mars 2026. Certains provenaient de la zone opposée au Soleil, d’autres tombaient sur la Terre depuis le plan de l’écliptique ». Cette diversité des origines suggère un phénomène complexe, encore mal compris. Aucune pluie d’étoiles filantes majeure n’est attendue à cette période de l’année, ce qui rend l’explication encore plus difficile.
La Nasa minimise le phénomène, mais les scientifiques restent prudents
Face à cette situation, la Nasa a rappelé que la période de février à avril correspond à une augmentation naturelle de 10 à 30 % de la fréquence des bolides, « surtout aux alentours de l’équinoxe de mars ». Cette hausse s’expliquerait par une augmentation du nombre de gros débris croisant l’orbite terrestre, sans qu’aucune pluie d’étoiles filantes majeure ne soit enregistrée.
Pourtant, cette explication ne convainc pas tous les experts. « Quelque chose d’inhabituel s’est donc bien produit », a souligné Mike Hankey. Les données recueillies montrent une augmentation rapide début mars, suivie d’un retour à la normale début avril, un schéma qui ne cadre pas avec une simple variation saisonnière. « L’hypothèse d’un effet lié à l’IA ou à la multiplication des caméras de surveillance ne tient pas, car l’augmentation a été brutale puis s’est arrêtée aussi vite », a-t-il ajouté.
Un lien possible avec un astéroïde encore inconnu ?
Les astronomes explorent plusieurs pistes pour expliquer ce phénomène. L’une d’elles concerne une activité méconnue liée à la désintégration d’un astéroïde caché, dont l’orbite plonge jusqu’à cinq fois plus près du Soleil que la Terre. Cette hypothèse, récemment mise en lumière par des observations de millions de météores, pourrait expliquer l’augmentation des bolides observés en mars 2026. Une autre piste évoque une variabilité naturelle encore non identifiée ou un regroupement temporaire de débris dans l’environnement proche de la Terre.
Pour l’Agence spatiale européenne (ESA), aucun objet connu ne justifie actuellement d’inquiétude. Les calculs de trajectoire et les surveillances réalisées en juin 2024 n’ont révélé aucune menace imminente. Pourtant, la question d’un possible lien avec un objet encore non détecté reste posée.
Pour l’instant, le mystère reste entier. Les bolides observés en mars 2026 ne présentent aucun danger immédiat pour la Terre, mais leur origine et leur lien éventuel avec des objets encore non détectés continuent de susciter des interrogations. Les prochaines observations, notamment lors des équinoxes à venir, pourraient apporter des réponses.
Oui. Une étoile filante est généralement causée par une petite particule de poussière ou de glace qui se consume entièrement dans l’atmosphère. Un bolide, en revanche, est provoqué par un fragment d’astéroïde plus gros, suffisamment massif pour traverser une partie de l’atmosphère et laisser une traînée lumineuse spectaculaire, parfois accompagnée d’un bang sonique.
À ce jour, aucun risque accru n’a été identifié. Les bolides observés en mars 2026 n’ont causé que des dégâts matériels mineurs, comme un trou dans un toit en Allemagne. Les agences spatiales, comme l’ESA ou la Nasa, surveillent en permanence les objets géocroiseurs et n’ont détecté aucune menace imminente.
