Matthieu Pigasse, figure médiatique et banquier d’affaires proche de l’extrême gauche, s’est illustré ces dernières années par ses activités financières dans des pays en situation de crise, notamment au Venezuela. Selon Le Figaro, il aurait tiré profit de la chute du régime de Nicolas Maduro en 2026 pour obtenir un contrat lucratif à Caracas, tout en entretenant des relations anciennes avec les dirigeants vénézuéliens.
Ce qu’il faut retenir
- Un contrat juteux après la chute de Maduro : Pigasse a remporté un accord financier à Caracas peu après l’arrestation de l’ex-président vénézuélien par les forces américaines en janvier 2026.
- Des liens anciens avec le régime vénézuélien : Il connaît Delcy Rodriguez, vice-présidente du Venezuela, depuis plus de quinze ans et a échangé avec elle via WhatsApp lors des événements de janvier.
- Une fortune bâtie sur les restructurations de dettes souveraines : Après Lazard Frères (jusqu’en 2019) puis Centerview Partners (depuis 2020), il a travaillé sur des fusions-acquisitions pour des multinationales et des restructurations de dettes pour des États en difficulté.
- Une ambition politique affichée : Proche de l’extrême gauche et mécène culturel, Pigasse multiplie les prises de position médiatiques et envisage une candidature à l’Élysée.
- Un parcours marqué par la controverse : Ses costumes Dior ont été évoqués dans des articles précédents, mais il a tenu à souligner, lors d’un entretien vidéo, l’aspect plus terre-à-terre de ses activités financières.
Un contrat obtenu dans l’urgence après la chute de Maduro
En janvier 2026, alors que les forces spéciales américaines capturaient Nicolas Maduro pour le livrer à la justice new-yorkaise, Matthieu Pigasse se trouvait déjà à Caracas. Selon ses propres déclarations, rapportées par Le Figaro, il a obtenu un rendez-vous avec Delcy Rodriguez, vice-présidente du Venezuela, alors que l’espace aérien était fermé et que la ville était sous haute tension militaire. « J’ai couru la retrouver alors même que l’espace aérien était fermé et que la ville grouillait de militaires », a-t-il expliqué lors d’un entretien vidéo, précisant que leurs échanges se sont poursuivis par WhatsApp.
Cette rencontre a marqué le début d’un contrat financier que Pigasse a remporté peu après la chute du régime. Le banquier, qui avait déjà conseillé le gouvernement vénézuélien dans le passé, a ainsi pu capitaliser sur les bouleversements politiques pour sécuriser une opération lucrative dans un pays en pleine reconstruction.
Des relations de longue date avec le pouvoir vénézuélien
Les liens entre Matthieu Pigasse et le Venezuela ne datent pas de 2026. Comme le rapporte Le Figaro, il connaît Delcy Rodriguez depuis plus de quinze ans, une proximité qui lui a permis de naviguer dans les cercles du pouvoir vénézuélien malgré les sanctions internationales et l’isolement du pays. Ces relations, entretenues au fil des années, ont été un atout majeur pour négocier un contrat dans un contexte où les acteurs économiques étrangers étaient rares.
Pigasse a également évoqué, lors de son entretien, son parcours dans les banques d’affaires, où il a alterné entre des missions pour des multinationales et des missions de conseil pour des États en crise. Depuis son départ de Lazard Frères en 2019, il travaille pour Centerview Partners, un cabinet spécialisé dans les fusions-acquisitions et les restructurations financières. Ces expériences lui ont permis de développer une expertise dans la gestion de dettes souveraines, un créneau où les opportunités sont nombreuses dans les pays en difficulté.
Un parcours financier marqué par les restructurations de dettes
Avant de se tourner vers le Venezuela, Matthieu Pigasse a bâti une partie de sa réputation sur des opérations financières complexes, notamment dans des pays du tiers-monde en crise. À la tête de la division de restructuration de dette de Lazard Frères, puis chez Centerview Partners, il a travaillé sur des dossiers sensibles, où les enjeux économiques se mêlent souvent à des considérations géopolitiques. Ses clients incluent aussi bien des entreprises multinationales que des États aux finances dégradées.
Cette double casquette – banquier d’affaires et conseiller en restructuration – lui a permis de se positionner comme un intermédiaire clé dans des négociations où les intérêts privés et publics s’entremêlent. Au Venezuela, cette expertise a trouvé un terrain d’application idéal après la chute de Maduro, lorsque le pays a dû faire face à une crise humanitaire et à une reconstruction économique urgente.
Un engagement politique assumé, entre gauche radicale et ambitions présidentielles
Parallèlement à sa carrière financière, Matthieu Pigasse s’est imposé comme une figure médiatique de l’extrême gauche française. Mécène de médias comme Radio Nova ou Les Inrocks, il a utilisé sa fortune et son réseau pour promouvoir ses idées, souvent en opposition avec la droite et le macronisme. Ses prises de parole, parfois provocatrices, visent à asseoir son influence dans le débat public, un terrain qu’il prépare pour une éventuelle candidature à l’Élysée.
Cette ambition politique, qu’il affiche sans détour (« Je serai président »), contraste avec les activités financières qui l’ont enrichi. Pour ses détracteurs, ces deux facettes de sa personnalité – banquier profitant des crises et militant de gauche – pourraient apparaître contradictoires. Pigasse, lui, semble considérer que son parcours atypique est une force, lui permettant de naviguer entre les mondes de la finance et de la politique avec une certaine liberté.
Si Pigasse parvient à concilier sa carrière d’homme d’affaires et ses aspirations politiques, il pourrait devenir une figure centrale du paysage français dans les années à venir. Reste à savoir si le public et les électeurs lui accorderont une crédibilité suffisante pour franchir le pas de la candidature à la présidence.
Selon Le Figaro, Matthieu Pigasse a conseillé le gouvernement vénézuélien dans le cadre de restructurations financières et de négociations avec des créanciers internationaux. Ses interventions portaient notamment sur la gestion de la dette souveraine du pays, un dossier complexe en raison des sanctions américaines et de la crise économique qui frappait le Venezuela depuis plusieurs années.
Lors d’un entretien vidéo rapporté par Le Figaro, Pigasse a tenu à préciser qu’il portait des chaussures trop grandes pour lui à son arrivée à Caracas, qu’il avait comblées avec du papier toilette. Cette anecdote, qu’il a jugée plus pertinente que les mentions de ses costumes Dior dans des articles précédents, illustre selon lui le côté moins glamour de ses activités financières dans des zones de conflit ou de crise.