Selon Franceinfo - Santé, quelque 73 médicaments d’usage courant, parmi lesquels figurent le paracétamol, l’Efferalgan, le Dafalgan ou encore l’amoxicilline, verront leur durée de conservation prolongée de près de deux ans. Cette mesure, destinée à réduire le gaspillage médicamenteux, s’inscrit dans un contexte où plus de 8 200 tonnes de médicaments sont jetées chaque année en France.
Ce qu'il faut retenir
- 73 médicaments concernés, dont le paracétamol, l’Efferalgan, le Dafalgan et l’amoxicilline.
- Allongement de la durée de conservation de deux à trois ans environ, portant celle-ci à quatre ou cinq ans.
- Objectif : lutter contre le gaspillage, qui représente 8 200 tonnes de médicaments jetés annuellement.
- Chaque année, 517 millions d’euros de médicaments non utilisés sont perdus, selon les dernières estimations.
- Les règles de réévaluation sont fixées par l’Agence nationale du médicament (ANSM) sur proposition des laboratoires pharmaceutiques.
- Une étude conjointe CNAM-ANSM a été menée pour évaluer l’efficacité des médicaments sur le long terme.
Un allongement motivé par la lutte contre le gaspillage
En France, la gestion des médicaments périmés ou non utilisés représente un enjeu majeur. Selon les données de l’Assurance Maladie, quelque 517 millions d’euros de produits médicamenteux sont jetés chaque année. Face à ce constat, les autorités sanitaires ont décidé d’allonger la durée de conservation de 73 médicaments courants. Parmi eux, on trouve notamment des antalgiques comme le paracétamol, des somnifères à base de mélatonine, ainsi que des antibiotiques comme l’amoxicilline. L’objectif est clair : réduire le gaspillage tout en garantissant l’efficacité des traitements.
Pour les patients, cette mesure pourrait faciliter la gestion des stocks de médicaments à domicile. Comme l’explique un client interrogé par Franceinfo - Santé : « Je les surveille, mais après c’est vrai qu’on se retrouve souvent à la maison avec plein de boîtes dont la date de péremption est déjà dépassée. » Une autre personne confie simplement : « Une fois que c’est périmé, je les jette. » Désormais, ces médicaments pourront être utilisés plus longtemps, sous réserve de leur efficacité vérifiée.
Les pharmacies saluent une mesure attendue
Côté officines, cette décision est accueillie avec soulagement. Béatrice Clairaz, pharmacienne à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), explique : « Dans notre officine et dans toutes les pharmacies, il y a forcément à un moment donné des médicaments qu’on a, dont la date de péremption est dépassée. C’est ce qu’on appelle des périmés sur stock. Pour nous, c’est une perte sèche. » Aujourd’hui, la durée de vie moyenne d’un médicament est d’environ deux à trois ans. En rallongeant cette période à quatre ou cinq ans, les pharmacies pourraient ainsi réduire leurs pertes financières et contribuer à une meilleure gestion des stocks.
Cette mesure s’inscrit dans une dynamique plus large visant à optimiser l’utilisation des ressources médicamenteuses. Les études menées par les laboratoires pharmaceutiques et validées par l’ANSM permettent de garantir que les principes actifs conservent leur efficacité malgré l’allongement de la durée de conservation. « Les règles sont fixées par l’autorité sur proposition des laboratoires qui, évidemment, font des études au cas par cas pour chaque molécule, en fonction du dosage et de la formule », précise Olivier Babeau, économiste de la santé.
Une réévaluation encadrée par les autorités sanitaires
L’allongement des durées de conservation ne se fait pas au hasard. Il résulte d’un processus rigoureux piloté par l’Agence nationale du médicament (ANSM) en collaboration avec les laboratoires pharmaceutiques. Ces derniers réalisent des études spécifiques pour chaque molécule, en tenant compte du dosage et de la formulation. L’objectif est de s’assurer que l’efficacité du médicament reste intacte sur une période prolongée.
Cette réévaluation s’appuie également sur les travaux de l’Assurance Maladie et de la Caisse nationale d’Assurance Maladie (CNAM), qui ont mené une étude conjointe sur le gaspillage médicamenteux. Intitulée PERIMED 2025, cette enquête a permis de quantifier l’ampleur du problème et d’identifier des solutions concrètes. « Les règles sont fixées par l’autorité sur proposition des laboratoires », rappelle Olivier Babeau. Ainsi, chaque allongement de durée de conservation est le fruit d’une analyse scientifique approfondie.
Un impact économique et environnemental non négligeable
Le gaspillage médicamenteux représente un coût économique et environnemental important. D’un point de vue financier, les 517 millions d’euros de médicaments jetés chaque année pourraient être réinvestis dans le système de santé. Environnementalement, la fabrication, le transport et l’élimination des médicaments ont un impact carbone significatif. Réduire leur gaspillage permet donc de limiter cette empreinte écologique.
Pour les patients, cette mesure pourrait également simplifier la gestion des traitements au quotidien. Les médicaments concernés, souvent utilisés pour des douleurs courantes ou des troubles du sommeil, sont parmi les plus répandus. Leur conservation prolongée permettra aux ménages de mieux anticiper leurs besoins sans craindre de jeter des produits encore utilisables. Cela pourrait aussi réduire la tentation de conserver des médicaments « au cas où », parfois au-delà de leur date de péremption.
Reste à voir si cette initiative suffira à inverser la tendance du gaspillage médicamenteux. D’autres mesures, comme des campagnes de sensibilisation ou des systèmes de retour des médicaments non utilisés, pourraient être envisagées à l’avenir pour compléter cette démarche.
Selon Franceinfo - Santé, 73 médicaments sont concernés, dont le paracétamol, l’Efferalgan, le Dafalgan et l’amoxicilline. La liste complète est disponible auprès de l’Agence nationale du médicament (ANSM) et des laboratoires pharmaceutiques.