Des responsables du Pentagone menacent le Royaume-Uni de revoir leur soutien à la souveraineté britannique sur les îles Malouines si le gouvernement d’Andy Burnham ne renforce pas ses dépenses militaires, rapportent nos confrères du Figaro, citant The Telegraph.
Selon le quotidien britannique, l’administration Trump exigerait désormais que Londres, ainsi que les autres membres de l’OTAN, consacrent 5 % de leur PIB aux budgets de défense. Une exigence formulée pour inciter les alliés à honorer leurs engagements, alors que Donald Trump reproche à plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, un manque d’implication dans les conflits récents, comme la guerre en Iran.
Ce qu'il faut retenir
- Le Pentagone conditionne son soutien aux Malouines à une augmentation des dépenses de défense britanniques, selon The Telegraph et Le Figaro.
- Washington exige désormais que le Royaume-Uni alloue 5 % de son PIB à la défense, contre un objectif historique de 2 % au sein de l’OTAN.
- Les îles Malouines pourraient devenir un levier de pression dans les négociations entre les États-Unis et Londres.
- Une note interne du Pentagone, divulguée en avril 2026, évoquait déjà une révision de la position américaine sur l’archipel.
- Le président argentin Javier Milei, proche de Trump, a salué cette perspective, réaffirmant ses revendications sur les Malouines.
Un chantage géopolitique autour des dépenses militaires
Le Royaume-Uni est désormais « l’objet d’une attention particulière » de la part de Washington, en raison de « son immense potentiel » militaire et stratégique, a déclaré un haut responsable américain au Telegraph. « Nous poursuivrons nos efforts pour inciter et permettre au Royaume-Uni de s’impliquer davantage », a-t-il précisé, sans exclure aucune option pour obtenir ce changement de posture.
Les discussions entre les deux alliés seraient « franches », selon la même source, qui ajoute que « aucune option n’est exclue pour encourager le partage des responsabilités que nous recherchons ». Une formulation qui laisse planer la menace d’un retrait du soutien américain à la souveraineté britannique sur l’archipel, situé dans l’Atlantique Sud.
Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et certains de leurs alliés européens, accusés de sous-investir dans leur défense. Donald Trump, qui a fait de la hausse des budgets militaires un pilier de sa politique étrangère, multiplie les pressions sur les membres de l’OTAN pour qu’ils atteignent l’objectif des 5 % du PIB, un seuil bien supérieur aux 2 % fixés jusqu’ici.
Les Malouines, otage d’une querelle transatlantique
Les îles Malouines, dont la souveraineté est disputée entre le Royaume-Uni et l’Argentine depuis des décennies, pourraient bien se retrouver au cœur de ce bras de fer. En avril 2026, une note interne du Pentagone, révélée par la presse britannique, suggérait déjà que Washington pourrait revoir sa position sur l’archipel pour faire pression sur Londres. Une hypothèse saluée par le président argentin Javier Milei, qui a évoqué dans une interview radiophonique « des progrès sans précédent » vers une récupération des Malouines par l’Argentine.
« Nous faisons tout ce qui est humainement possible pour que les Malouines argentines (...) reviennent entre les mains de l’Argentine », avait-il déclaré, confirmant son alignement avec la politique de Donald Trump. Depuis son élection, Milei a multiplié les gestes en faveur des États-Unis, notamment en matière de commerce et de défense, ce qui a renforcé sa position dans le dossier des Malouines.
Côté britannique, la réaction reste prudente. Le gouvernement de Andy Burnham n’a pas encore officiellement réagi aux menaces américaines, mais Londres a toujours défendu sa souveraineté sur l’archipel, où une garnison militaire est stationnée depuis la guerre de 1982 contre l’Argentine. Le Premier ministre pourrait se retrouver face à un dilemme : augmenter les dépenses de défense pour satisfaire Washington, ou risquer une remise en cause de son soutien sur la question des Malouines.
L’OTAN au cœur des tensions transatlantiques
Cette affaire illustre les fractures croissantes au sein de l’OTAN, où les États-Unis exigent désormais un effort financier bien supérieur à celui prévu par les traités. Donald Trump, dont le mandat s’achève en 2028, a fait de la hausse des dépenses militaires une priorité, quitte à menacer les pays jugés trop timorés.
Le Royaume-Uni, qui consacre actuellement environ 2,1 % de son PIB à la défense, devra donc arbitrer entre ses obligations envers l’OTAN et ses engagements budgétaires nationaux. Une augmentation à 5 % représenterait un bond de plus de 100 milliards de livres sterling par an, un scénario difficilement envisageable dans un contexte de crise économique et de tensions sociales.
Bref, autant dire que la question des Malouines n’est qu’un symptôme d’un malaise plus large : celui d’une alliance atlantique tiraillée entre les exigences américaines et les réalités budgétaires européennes.
Quoi qu’il en soit, l’affaire des Malouines rappelle une fois de plus que les enjeux de défense ne se limitent plus aux frontières européennes, mais s’étendent désormais à des territoires aussi symboliques que lointains.
Les îles Malouines, situées dans l’Atlantique Sud, revêtent une importance stratégique pour les États-Unis en raison de leur position géographique. Elles pourraient servir de base avancée pour contrôler les routes maritimes entre l’Atlantique et le Pacifique, notamment dans un contexte de tensions croissantes avec la Chine et la Russie. De plus, Washington utilise ce dossier pour inciter ses alliés, dont le Royaume-Uni, à augmenter leurs dépenses militaires, conformément aux exigences de Donald Trump.
Un retrait du soutien américain à la souveraineté britannique sur les Malouines affaiblirait considérablement la position de Londres. Sans le parapluie de Washington, le Royaume-Uni pourrait se retrouver isolé face à l’Argentine, qui pourrait relancer ses revendications territoriales avec plus d’assurance. Cela pourrait aussi encourager d’autres pays à contester les sphères d’influence traditionnelles, comme la France avec ses territoires d’outre-mer ou l’Australie en mer de Chine.