Selon BFM Bourse, l’action de Meta a chuté de 7,5% en séance post-clôture à la Bourse de New York, mercredi 7 août 2026. Le groupe, maison-mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, mais ses prévisions pour le trimestre en cours et sa hausse des dépenses d’investissement ont déçu les investisseurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Meta a enregistré des revenus de 60,8 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, en hausse de 28% sur un an.
  • Le bénéfice par action s’est établi à 6,18 dollars, contre un consensus des analystes à 7,22 dollars.
  • Les dépenses d’investissement ont bondi de 55% à 42 milliards de dollars, entraînant une marge opérationnelle en repli à 31%.
  • Le flux de trésorerie libre n’a atteint que 784 millions de dollars, le plus bas depuis le troisième trimestre 2022.
  • Meta a relevé ses prévisions de « capex » pour 2026, entre 130 et 145 milliards de dollars contre 125 à 145 milliards auparavant.

Une croissance supérieure aux attentes, mais des prévisions jugées insuffisantes

Meta a annoncé un chiffre d’affaires trimestriel de 60,8 milliards de dollars, en progression de 28% sur un an, dépassant ainsi les attentes des analystes qui tablaient sur 60,17 milliards. Le bénéfice par action s’est établi à 6,18 dollars, contre une estimation moyenne de 7,22 dollars, selon un consensus LSEG cité par CNBC.

Cependant, ces résultats positifs n’ont pas suffi à rassurer les marchés. Les investisseurs se sont surtout focalisés sur les prévisions de Meta pour le troisième trimestre, jugées décevantes. Le groupe table sur des revenus compris entre 61 et 64 milliards de dollars, soit un chiffre inférieur de 1% aux attentes des analystes en milieu de fourchette, selon Citi.

Des dépenses d’investissement en forte hausse, un point de crispation pour les actionnaires

Les dépenses d’investissement de Meta ont explosé, passant de 27 milliards de dollars un an plus tôt à 42 milliards au deuxième trimestre, soit une progression de 55%. Cette hausse s’explique en grande partie par les investissements massifs dans l’intelligence artificielle et les centres de données. Résultat, la marge opérationnelle du groupe a reculé, passant de 43% à 31%, avec un bénéfice opérationnel de 18,8 milliards de dollars.

Le flux de trésorerie libre, qui reflète la capacité de l’entreprise à générer des liquidités après ses investissements, s’est établi à seulement 784 millions de dollars. Un niveau historiquement bas, comparable à celui enregistré lors du troisième trimestre 2022, selon Bloomberg. Cette situation illustre les tensions entre la croissance des revenus et l’augmentation des dépenses.

Meta augmente ses prévisions de « capex » pour 2026, un signal mal perçu par les marchés

Le groupe a revu à la hausse ses prévisions de dépenses d’investissement pour l’année en cours, les portant entre 130 et 145 milliards de dollars, contre une fourchette précédente de 125 à 145 milliards. Cette annonce a contribué à alimenter les craintes des investisseurs, alors que les « hyperscalers » américains comme Amazon, Microsoft ou Alphabet sont régulièrement sanctionnés par les marchés lorsqu’ils augmentent leurs budgets « capex » au-delà des attentes.

La semaine dernière, Alphabet avait subi une chute de 7% à Wall Street après avoir relevé ses prévisions de dépenses d’investissement entre 195 et 205 milliards de dollars. À l’inverse, Microsoft avait vu son action bondir de près de 9% après avoir annoncé des projections de « capex » moins élevées que redouté.

« La forte croissance des revenus de Meta sera encore une fois éclipsée par ses projections de dépenses en capital. »
Minda Smiley, analyste senior chez Emarketer, cité par Bloomberg.

Mark Zuckerberg évoque des opportunités dans le cloud et l’IA

Alors que des rumeurs évoquent un possible virage de Meta vers une activité de cloud computing, à l’image de Microsoft ou d’Amazon, Mark Zuckerberg a apporté quelques précisions. Le PDG du groupe a indiqué que Meta voyait des opportunités pour vendre sa puissance de calcul à des tiers. « Nous recevons un grand nombre d’offres pour la puissance de calcul que nous avons, mais nous avons aussi beaucoup d’utilisations internes que nous pensons être assez précieuses », a-t-il déclaré.

Meta a massivement investi dans ses infrastructures, notamment avec la construction d’un data center géant dans le Mississippi, estimé à 10 milliards de dollars. Ces investissements s’inscrivent dans la stratégie du groupe pour développer ses propres modèles d’IA et monétiser cette technologie. Reality Labs, la division dédiée à la réalité virtuelle et au métavers, a déjà accumulé 80 milliards de dollars de pertes opérationnelles depuis fin 2020, selon CNBC.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour Meta, alors que les investisseurs attendent des clarifications sur la stratégie du groupe en matière d’IA et de cloud. La publication des résultats du troisième trimestre, prévue pour fin octobre 2026, pourrait apporter des éléments supplémentaires sur la capacité de Meta à concilier croissance et maîtrise des dépenses. Les analystes soulignent que la crédibilité du groupe dépendra de sa capacité à démontrer un retour sur investissement dans ces nouveaux domaines, alors que ses dépenses continuent de peser sur sa rentabilité.

La chute de l’action Meta reflète une tendance plus large sur le marché, où les géants de la tech sont scrutés à la loupe sur leurs dépenses d’investissement. Alors que l’IA et les infrastructures cloud restent des leviers de croissance majeurs, les investisseurs exigent désormais des preuves tangibles de rentabilité, sous peine de sanctions immédiates.

Les marchés sanctionnent les entreprises tech qui augmentent leurs budgets « capex » au-delà des attentes, car ces dépenses réduisent la rentabilité à court terme. Meta, déjà critiqué pour ses investissements massifs dans le métavers et la réalité virtuelle, voit ses marges opérationnelles se contracter, ce qui explique la réaction négative des investisseurs face à la hausse de ses prévisions.

Mark Zuckerberg a évoqué des opportunités pour vendre la puissance de calcul de Meta à des tiers, une piste qui pourrait s’apparenter à une activité de cloud. Cependant, le groupe n’a pas confirmé officiellement ce virage stratégique, se contentant d’évoquer des « utilisations internes précieuses » pour ses infrastructures.