Deux semaines après la découverte du corps de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée sans vie dans un silo désaffecté à Puycasquier (Gers), les premières analyses médico-légales apportent de nouveaux éléments au dossier, selon Franceinfo – Faits divers. Les examens confirment notamment que la fillette a été violée, tandis que la présence de l'ADN de Jérôme Barella, principal suspect dans cette affaire, a été identifiée sur son corps.

Ce qu'il faut retenir

  • Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte le 4 juin 2026 dans un silo à Puycasquier (Gers).
  • Les analyses médico-légales révèlent des hématomes, une violation et la présence de l'ADN de Jérôme Barella sur son corps.
  • Des traces de contention et un bâillonnement ont également été constatés.
  • Les causes exactes du décès restent encore indéterminées, en attente du rapport définitif d'autopsie.
  • Les expertises complémentaires, notamment toxicologiques et anatomopathologiques, pourraient prendre jusqu'à deux mois.

Des violences caractérisées et un ADN concordant

Les premiers résultats des analyses médico-légales, rendus publics vendredi 19 juin 2026, confirment que Lyhanna a subi des violences avant son décès. Selon les informations recueillies par Franceinfo – Faits divers, des hématomes ont été relevés sur son corps, tandis que des traces de contention ont été identifiées. Une source proche du dossier a précisé à France Télévisions que la collégienne avait été bâillonnée et entravée au niveau des mains.

Le procureur d'Agen, Olivier Naboulet, a confirmé dans un communiqué publié vendredi soir la présence de l'ADN de Jérôme Barella sur le corps de Lyhanna. « À la suite des diverses informations diffusées dans les médias, il est possible à cette heure de confirmer que l’expertise biologique réalisée a révélé la présence de l'ADN de Jérôme Barella sur le corps de Lyhanna », a-t-il déclaré. Il a toutefois rappelé que « le rapport définitif d'autopsie n'a pas encore été déposé auprès des magistrats instructeurs », invitant à la prudence quant aux conclusions définitives.

Les causes du décès toujours inconnues

Le 5 juin 2026, soit la veille de la découverte du corps, le procureur d'Agen avait indiqué que l'autopsie avait été pratiquée au sein de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise (Val-d'Oise). Les premiers résultats avaient permis de confirmer, « au moyen d'une comparaison d'ADN », que le corps retrouvé était bien celui de Lyhanna. En revanche, les médecins légistes n'ont pas encore pu déterminer les causes exactes de sa mort.

« Les médecins légistes, en l'état de leurs investigations, ne sont pas aujourd'hui en mesure d'indiquer quelles sont les causes de la mort ; dès lors, des examens et expertises complémentaires ont été ordonnés et vont être diligentés », avait souligné le procureur d'Agen dans un communiqué du 5 juin. Il avait précisé que ces résultats définitifs étaient « attendus dans le courant de la semaine prochaine », avant d'être reportés à une date ultérieure. Vendredi 19 juin, le parquet a indiqué qu'une communication serait organisée « lorsque les conclusions définitives du rapport d'autopsie seront connues ».

Des analyses complémentaires en cours

La gendarmerie a confirmé vendredi que d'autres examens étaient encore en cours. Une fois l'acte d'autopsie réalisé, deux types d'expertises complémentaires sont systématiquement ordonnés, a expliqué à Franceinfo un expert en criminalistique. Les premières concernent les analyses toxicologiques, visant à déterminer si la victime a été droguée. Ces tests prennent au minimum quinze jours, mais peuvent s'étendre jusqu'à deux mois dans les cas les plus complexes. « Les conclusions de l'autopsie arrivent tard, ce n'est pas exceptionnel. C'est normal car les analyses complémentaires sont nécessaires. Cela montre que la justice met tous les moyens qu'elle a à sa disposition », a commenté un autre expert.

Les expertises anatomopathologiques constituent le second volet des analyses. Elles permettent d'étudier les tissus du corps, de caractériser les lésions, de les dater et de déterminer si la victime a subi une agonie. Ces examens, qui impliquent une « fixation au formol » des prélèvements, nécessitent également un délai de quinze jours à trois semaines, voire deux mois dans les cas les plus complexes. Le rapport final, couvert par le secret, est transmis au juge d'instruction et n'est consultable que par les parties prenantes.

« Face au pire pouvant arriver à une enfant et à des parents, leur colère n'a d'égal que leur dégoût. La famille demande à ce que son intimité et sa vie privée soient respectées. Aucun autre commentaire ne sera fait. »
François Roujou de Boubée, avocat de la famille de Lyhanna

Un suspect au profil inquiétant

Jérôme Barella, 45 ans, est le principal suspect dans cette affaire. Selon les éléments recueillis par Franceinfo – Faits divers, plusieurs sources décrivent un homme qui « donnait l'impression de rechercher des filles plus jeunes ». Ces éléments ont contribué à faire de lui le suspect numéro un, avant même la confirmation de la présence de son ADN sur le corps de Lyhanna. Son profil, déjà connu des services de police, a été évoqué dans plusieurs médias ces dernières semaines, renforçant l'hypothèse d'un acte prémédité.

Le procureur d'Agen a tenu à rappeler que, malgré ces éléments, les investigations se poursuivent. « Il convient toutefois de demeurer prudent sur les conclusions à tirer de cette constatation, dans la mesure où le rapport définitif d'autopsie n'a pas encore été déposé auprès des magistrats instructeurs », a-t-il insisté. Ces propos soulignent l'importance de ne pas tirer de conclusions hâtives, alors que les causes exactes du décès restent à établir.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats des expertises en cours. Le rapport définitif d'autopsie, attendu « dans le courant de la semaine prochaine » selon les premières annonces, devrait apporter des éclairages supplémentaires sur les causes du décès. Une communication officielle sera organisée dès que ces conclusions seront disponibles. Par ailleurs, les investigations menées par la gendarmerie se poursuivront pour tenter de reconstituer les derniers moments de Lyhanna et déterminer les circonstances exactes de sa mort. Les proches de la victime, soutenus par leur avocat, ont d'ores et déjà exprimé leur volonté de voir la justice suivre son cours.

L'affaire, qui a suscité une vive émotion dans le Gers et au-delà, rappelle l'importance des procédures judiciaires dans l'établissement des responsabilités. Alors que les analyses se poursuivent, une question se pose : dans combien de temps les causes exactes du décès pourront-elles être connues ? Les familles et les autorités attendent avec impatience ces conclusions.