L’envoi de migrants vers des centres d’accueil en région pour soulager l’Île-de-France, une solution déjà partiellement appliquée, est considéré comme un « levier efficace » par la Cour des comptes. Pourtant, cette pratique reste encore trop peu exploitée, selon un rapport publié par l’institution et relayé par 20 Minutes - Politique.
Ce qu'il faut retenir
- La Cour des comptes estime que la répartition des migrants en dehors de l’Île-de-France est un outil efficace pour désengorger la région.
- Cette méthode reste cependant insuffisamment utilisée, malgré son potentiel.
- L’Île-de-France concentre une part disproportionnée des demandeurs d’asile et des migrants en situation irrégulière.
- Le rapport souligne que d’autres régions françaises disposent de capacités d’accueil sous-exploitées.
- La Cour des comptes recommande une meilleure coordination entre l’État et les collectivités locales.
Une solution déjà éprouvée, mais limitée par son déploiement
La Cour des comptes, dans son rapport, valide l’idée d’une redistribution des migrants vers des centres d’accueil en région. Selon l’institution, cette approche permet de mieux répartir la charge administrative et logistique entre les territoires. « Le transfert des migrants hors de l’Île-de-France est un levier efficace pour désengorger les structures parisiennes », a expliqué un membre de la Cour, cité par 20 Minutes - Politique. Cependant, le rapport précise que cette méthode est encore trop peu mise en œuvre, faute notamment d’une politique volontariste.
L’Île-de-France, une région saturée face à l’afflux migratoire
L’Île-de-France concentre une part majeure des demandeurs d’asile et des migrants en situation irrégulière en France. Selon les dernières données disponibles, près de 40 % des demandeurs d’asile s’installent dans cette région, malgré des capacités d’accueil déjà saturées. « Les structures d’hébergement en Île-de-France sont sous une pression constante, avec un taux d’occupation souvent proche de 100 % », a souligné un expert interrogé par le média. Face à cette situation, la redistribution vers d’autres régions apparaît comme une piste logique, mais son application reste limitée.
Des régions sous-utilisées, un potentiel inexploité
Le rapport de la Cour des comptes met en lumière un paradoxe : certaines régions françaises disposent de places disponibles dans leurs centres d’accueil, mais celles-ci ne sont pas systématiquement attribuées aux migrants en transit par l’Île-de-France. « Il existe un déséquilibre entre les besoins et les ressources disponibles », a noté un haut fonctionnaire cité par 20 Minutes - Politique. Par exemple, des départements comme la Nouvelle-Aquitaine ou l’Occitanie pourraient accueillir davantage de migrants, mais les transferts restent marginaux.
Des recommandations pour une meilleure gestion
Pour pallier ces lacunes, la Cour des comptes formule plusieurs recommandations. Elle préconise notamment une meilleure coordination entre l’État, les préfets et les collectivités locales afin d’accélérer les transferts. « Il faut une volonté politique forte pour que cette mesure soit appliquée à grande échelle », a indiqué un membre de la Cour. L’institution propose également d’améliorer le suivi des migrants après leur répartition, afin d’éviter les retours clandestins vers l’Île-de-France. Enfin, elle suggère de renforcer les moyens alloués aux services déconcentrés de l’État pour faciliter les démarches administratives.
En attendant, les associations de défense des migrants appellent à une application immédiate de ces solutions. « Chaque jour compte pour éviter que des personnes ne se retrouvent à la rue », a rappelé un porte-parole d’une ONG locale. La balle est désormais dans le camp des décideurs politiques.